Lyon : Jean-Michel Aulas, le doyen des élus, ou le roi des contradictions ?
Jean-Michel Aulas, battu aux municipales, remet l’écharpe à Grégory Doucet, mais ne manque pas de rappeler son autorité. Un spectacle à la fois comique et tragique.
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Au pays de Guignol, le hasard est souvent facétieux. Battu à l’élection, Jean-Michel Aulas, 77 ans, a été invité, vendredi 27 mars, à remettre l’écharpe tricolore à son adversaire, l’écologiste Grégory Doucet, 54 ans, lors de l’installation du maire de Lyon. En tant que doyen du nouveau conseil municipal, l’homme d’affaires s’est installé quelques minutes dans le fauteuil de maire, le temps de faire l’appel des présents et de prononcer une allocution. « Le doyen n’est pas seulement celui qui préside par l’ancienneté, il est aussi la vigie de l’institution. C’est un repère de sagesse, d’expérience par définition, et aussi de compétence », a ainsi déclaré l’ancien président de l’Olympique lyonnais.
Ce qui se passe réellement
Vaincu dans les urnes, après une campagne agressive, Jean-Michel Aulas entend rester au centre du jeu, sans rien perdre du goût du rapport de force qui faisait sa réputation d’entrepreneur. Après la remise de l’écharpe, il a profité de sa première intervention pour s’en prendre vivement au maire réélu. « Plus rien ne se décidera dans le dogmatisme. Plus rien ne sera tranché de manière autoritaire. Vous ne pourrez pas vous opposer aux décisions de la métropole, dont j’ai, comme vous le savez, l’immense honneur et l’immense responsabilité d’être le premier vice-président », lance M. Aulas, en faisant allusion au changement de majorité à la métropole de Lyon, désormais présidée par Véronique Sarselli (Les Républicains, LR).
Pourquoi cela dérange
Il est fascinant de voir Aulas, qui a dirigé l’Olympique lyonnais avec une main de fer, prêcher contre le dogmatisme et l’autoritarisme. Qui aurait cru qu’un homme dont le nom est synonyme de pouvoir et de contrôle dans le monde du sport se poserait en défenseur de la démocratie municipale ?
Ce que cela implique concrètement
Cette intervention d’Aulas n’est pas qu’un simple coup de théâtre. Elle souligne une tension palpable entre les nouvelles autorités écologistes et les anciens barons de la politique lyonnaise. Le message est clair : même battu, Aulas n’a pas l’intention de se retirer dans l’ombre.
Lecture satirique
Ironie du sort : Aulas, le doyen, se présente comme le sage, alors qu’il incarne une époque révolue de la politique lyonnaise. Son discours sur le dogmatisme résonne comme une blague, tant il est lui-même le produit d’un système où le pouvoir se concentre entre quelques mains. La contradiction est éclatante : comment peut-on prôner la démocratie tout en étant vice-président d’une métropole dominée par la droite ?
Effet miroir international
Ce spectacle lyonnais rappelle les dérives autoritaires observées ailleurs, notamment aux États-Unis et en Russie, où les perdants des élections ne se contentent pas de disparaître. Au contraire, ils continuent à influencer les décisions, souvent au détriment de la démocratie. Aulas, dans son rôle de sage, pourrait bien être le reflet de ces pratiques.
À quoi s’attendre
À Lyon, la situation pourrait évoluer vers un affrontement permanent entre les anciens et les nouveaux, avec Aulas en chef d’orchestre d’une résistance contre le changement. Une lutte qui pourrait bien se transformer en un véritable théâtre d’ombres.
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