Deux parents sur trois disent ne pas pouvoir financer un enfant de plus
Dans son Observatoire des familles publié le 16 septembre 2026, l’Unaf rapporte que 67 % des parents interrogés déclarent ne pas avoir le budget pour accueillir un enfant supplémentaire. La proportion atteint 78 % parmi les familles monoparentales. L’enquête relève aussi que 63 % des familles se disent financièrement contraintes ou doivent « faire attention ».
Ces résultats proviennent d’un sondage OpinionWay réalisé pour l’Observatoire des familles Unaf-Udaf-Uraf. Il a interrogé, en ligne du 29 janvier au 19 février 2026, 2 583 parents ayant au moins un enfant de moins de 20 ans vivant à leur foyer. L’échantillon a été constitué par quotas et redressé pour représenter cette population. La question portait sur le budget nécessaire pour avoir « un enfant de plus » : elle ne me donc ni le désir de premier enfant des personnes sans enfant, ni les projets de toutes les familles.
Un ressenti important, pas une preuve de causalité
Le sondage rend compte de la manière dont les parents évaluent leurs moyens. Il ne permet pas, à lui seul, d’établir que les difficultés financières sont la cause d’une baisse des naissances à l’échelle nationale. Il s’agit de réponses déclarées, recueillies à un moment donné, auprès de parents déjà concernés par les dépenses liées à un enfant.
Le contexte démographique est néanmoins marqué par un recul de la fécondité. Selon l’Insee, l’indicateur conjoncturel de fécondité s’est établi à 1,56 enfant par femme en France en 2025, après 1,61 en 2024. Cette donnée décrit une évolution générale ; elle ne dit pas, à elle seule, pourquoi chaque personne ou chaque couple a son nombre d’enfants.
Les dépenses ne pèsent pas de la même façon à chaque étape
Les réponses de l’Unaf montrent que la contrainte budgétaire ne se limite pas à l’arrivée d’un bébé. Les parents citent notamment le logement, les loisirs, l’habillement et l’alimentation parmi les postes qui demandent des efforts. Dans l’enquête, la petite enfance et l’adolescence sont souvent perçues comme des périodes coûteuses, notamment en raison des frais de garde ou des besoins qui évoluent avec l’âge.
Pour les familles, cela peut rendre le calcul d’un « budget pour un enfant de plus » très concret : logement adapté, garde, organisation du travail et dépenses courantes. Ces postes varient selon les situations ; les résultats du sondage ne constituent pas une estimation du coût réel d’un enfant pour chaque foyer.
Comment aborder la question en famille
Quand les finances pèsent sur un projet de naissance, il peut être utile de distinguer les inquiétudes générales des dépenses prévisibles pour son propre foyer. Un échange à deux, si la décision est prise en couple, peut porter sur les revenus, les charges régulières, le logement, les solutions de garde envisagées et les changements professionnels possibles. L’objectif n’est pas de transformer le désir d’enfant en calcul parfait, mais de rendre visibles les incertitudes et les arbitrages.
L’Unaf rapporte également que des parents réduisent certaines dépenses, puisent dans leur épargne ou modifient leur activité pour faire face aux coûts. Ces pratiques déclarées décrivent des réponses à la pression budgétaire ; elles ne sont pas des solutions adaptées à toutes les familles. L’association estime que les aides et les services publics ne compensent pas suffisamment la charge liée aux enfants : cette appréciation relève de son analyse et de ses demandes en matière de politique familiale.
Sources officielles
- Unaf, résultats de l’Observatoire des familles 2026
- Unaf, rapport et méthodologie de l’enquête
- Insee, bilan démographique 2025
Source principale : La Croix.com – Les derniers articles : Couple (www.la-croix.com)
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Auteur : Paula Pinto Gomes



