Image produite par Bruxelles Dévie

Ce qui a été présenté comme une ‘manifestation étudiante d’extrême droite’ le 26 mars à Louvain, organisé par le NSV !, cercle d’étudiants nationalistes en Flandre, s’est déroulée comme une mobilisation raciste dans laquelle des rhétoriques haineuses et condamnables, des réseaux internationaux, de la violence, de l’ingérence politique et des interventions policières dysfonctionnelles se sont réunies.

Les discours prononcés par le NSV ! sont incompatibles sur plusieurs points avec la loi belge contre le racisme (loi du 30 juillet 1981), qui interdit l’incitation à la haine, à la discrimination et à la ségrégation sur la base de l’origine ou de la nationalité. Dans la couverture médiatique flamande de la marche, cependant, l’accent a principalement été mis sur les affrontements avec des contre-manifestants et sur les agressions racistes, tandis que le contenu des discours est resté peu mis en avant.

La présidente du NSV de Gand, Gudrun Depoortere, a articulé son discours sur la violence à l’égard des femmes autour de l’idée que les hommes étrangers en seraient responsables. Bien qu’elle ait reconnu dans ce même discours qu’il n’existe pas de statistiques à ce sujet en Belgique, elle a néanmoins affirmé : « Il ne s’agit pas ici d’un problème lié aux hommes, mais d’un problème lié aux migrants » et « Ce ne sont pas ‘nos’ hommes. Ce sont des hommes étrangers ». Elle a également déclaré : « Nous savons tous que le ‘M.’ ne signifie pas Matthias, et que le ‘A.’ ne signifie pas Alexandre ». Le président du NSV de Louvain a lui aussi explicitement lié la violence à la migration et a énuméré les noms de personnes assassinées ces dernières années par des migrants : « Si je devais lire la liste complète, nous serions encore ici demain matin. Sans immigration massive, pas de meurtre en masse », selon lui. Il a également osé faire allusion au message transphobe publié sur les réseaux sociaux à propos de la rectrice Petra De Sutter, qui avait conduit à la suspension du NSV ! à l’Université de Gand : « Nos ancêtres sont morts pour une Flandre où l’on peut se promener en toute sécurité dans la rue, une Flandre où l’on peut dire ce que l’on veut, y compris une blague sur un recteur (sic). »

Andrea Ballarati, militant d’extrême droite italien et organisateur du Remigration Summit en Italie, où il partageait la tribune avec Dries Van Langenhove, militant nationaliste du groupe flamand Schild & Vrienden condamné pour racisme et négationnisme, a ajouté : « La remigration peut sauver notre nation » et a appelé à « une marche comme celle-ci dans chaque ville jusqu’à ce que la remigration devienne une réalité ». Un discours stigmatisant a été construit, dans lequel les migrants ont été tenus collectivement pour responsables de toutes les formes de violence. De telles généralisations relèvent bel et bien du domaine interdit par la loi antiracisme.

Parmi les invités nationaux et internationaux figuraient notamment Tomas Boutens, qui a été lié par le passé à des réseaux tels que Blood & Honour, a été condamné pour terrorisme et est leader du Projet Thule ; Jonathan Diels (lié à Schild & Vrienden), ainsi que des personnalités internationales telles que Manuel Corchia, du groupe suisse Junge Tat. Des organisations identitaires telles que le groupuscule pro-raciste Néerlando-flamand Voorpost étaient également représentées. Il est apparu clairement que Tom Van Grieken (président du Vlaams Belang et membre à vie du NSV) était plus qu’un simple invité. Cela a été explicitement souligné par l’invité international Andrea Ballarati, qui a déclaré : « Tom m’a ordonné de prendre la parole… » et « Je tiens à remercier Tom, je tiens à remercier le NSV !, organisateur de cette marche ». Cette imbrication proche avec les réseaux politiques partisans dépasse le cadre d’une mobilisation étudiante classique et exige de la transparence.

La mobilisation ne s’est d’ailleurs pas limitée aux invités politiques, mais a également englobé des groupes organisés issus du milieu des hooligans d’extrême droite. Ces groupes ne sont pas des acteurs marginaux, mais font partie de réseaux d’extrême droite qui recourent à la violence pour imposer leurs idéologies. On a ainsi pu observer des délégations venues de partout en Europe, notamment des groupes allemands (les « Junge Nationalisten » de Wolfsburg) et français. Par ailleurs, on a surtout remarqué la présence d’un groupe de hooligans masqués liés à des clubs de football belges, qui cherchaient activement la confrontation avec les contre-manifestants. Des messages circulent sur les réseaux sociaux dans lesquels ces groupes ont eux-mêmes indiqué s’être rendus à Louvain avec l’intention de recourir à la violence. Ainsi,un message partagé par un compte lié au milieu hooliganiste indique : « Nous savons que l’antifa allait attaquer la manifestation et que Louvain est une ville d’extrême gauche. Nous sommes donc venus avec une dizaine d’équipes nationalistes pour tabasser la racaille antifa ».

Ils ont aussi agressés au moins 3 jeunes hommes racisés en dehors de la manifestation, dont un a fini à l’hôpital.

Alors que les discours sont déjà en contradiction avec la législation antiraciste, les actes commis par les manifestants pendant et après le défilé constituent des infractions pénales directes. Des images montrant des saluts nazis circulent dans tout Louvain, ce qui devrait être puni en vertu de la loi belge sur le négationnisme (1995). Sur la Grand-Place, des slogans tels que « Les musulmans sont des parasites » ont été scandés, une déclaration explicitement déshumanisante et raciste qui réduit une partie de la population à moins qu’un être humain et qui, de ce fait, enfreint à nouveau directement ce que la loi antiracisme interdit.

Par ailleurs, plusieurs témoignages et vidéos font état d’actes de violence : des feux d’artifice ont été lancés sur des spectateurs riverains depuis leur balcon, tandis que des groupes se sont séparés du cortège et, cagoulés, ont délibérément cherché la confrontation. Des témoignages confirment le caractère organisé de la violence, même après la marche. Une afterparty anti-fasciste au Bar Vista a été la cible d’attaques répétées par des groupes masqués : « Nous avons été attaqués au moins trois fois par des groupes clairement préparés, avec notamment des feux d’artifice, des bâtons, des pierres et des bouteilles cassées. » La première attaque a été menée par un large groupe d’agresseurs, suivie de plusieurs attaques de moindre ampleur. Les fascistes cherchaient la confrontation, tandis que la police n’assurait pas ou peu de protection : « Des personnes ont été blessées, notamment par des coups et des coups de pied. Cela aurait pu finir bien plus mal. » Ce témoignage confirme les images vidéos qui circulent et met en évidence des violences répétées et ciblées à la suite de la marche.

Une autre attaque a eu lieu plus tard dans la soirée au bar « De Blauwe Kater ». Un témoin décrit comment un groupe d’hommes, qui ont eux-mêmes déclaré avoir été impliqués dans des violences plus tôt dans la soirée, a commencé à harceler le personnel et a refusé de quitter le café après la fermeture. Selon le témoin, les affrontements s’accompagnaient de remarques xénophobes, notamment des questions telles que « d’où viens-tu ? » et « pourquoi ne parles-tu pas néerlandais ? ». Tout à coup, ils ont giflé l’un des clients et ont lancé des verres. Un membre du personnel a eu la tête cognée contre un pilier. Selon le témoin, l’un des membres du groupe a tenté de prendre le téléphone d’une femme qui voulait appeler la police, puis l’a frappée au visage avec.

Enfin, les images suscitent de sérieux doutes quant à l’intervention de la police au cours de la soirée. Malgré la présence visible de groupes de hooligans qui se déplaçaient de manière organisée et commettaient des actes de violence à plusieurs reprises, il n’y a à ce jour aucune indication claire d’interventions ou d’arrestations. La rapidité et l’ampleur avec lesquelles les violences ont pu se produire contrastent fortement avec les communications qui annonçaient à plusieurs reprises une présence policière importante. Des images vidéos montrent des passants se faire violemment passer à tabac et emmener. Un parent déclare : « Un ami de ma fille filmait l’intervention policière, après quoi il a lui-même été frappé et emmené. C’était sa première manifestation, il n’a que 19 ans. Ma fille et ses amis sont encore sous le choc. » De plus, des extraits montrent comment des agents en civil se trouvent à proximité de groupes d’extrême droite sans intervenir de manière visible en cas d’escalade. Dans l’une des vidéos, on voit en outre un agent en civil saluer et embrasser un participant du groupe fasciste (timestamp : 2:35:05). De telles images remettent en cause la neutralité et le positionnement de la police, et exigent une enquête indépendante, incluant l’analyse des images de vidéosurveillance disponibles, comme celles de la Zeelstraat où des violences ont eu lieu sans intervention de la police

. Alors que le porte-parole de la police, Marc Vranckx, s’est contenté d’affirmer que « les forces de l’ordre ont réussi à empêcher les manifestations de dégénérer en véritables violences » (HLN, Mertens, 26 mars 2026), ce point de vue est impossible à concilier avec les événements réels de la soirée, tels qu’ils ressortent des nombreuses vidéos circulant en ligne, et sans doute aussi des images des caméras de surveillance disponibles.

Louvain : Quand la « mobilisation étudiante » se transforme en carnaval raciste

Le 26 mars, Louvain a vu une prétendue « manifestation étudiante » du NSV! se muer en un spectacle de rhétorique haineuse et de violence, révélant les dérives inquiétantes d’une extrême droite en pleine forme.

Ah, Louvain ! Cette charmante ville universitaire, où l’on s’attend à croiser des étudiants débattant de philosophie ou de sciences sociales, a été le théâtre d’un événement qui aurait fait rougir d’envie n’importe quel meeting de l’extrême droite. Le NSV!, ce cercle d’étudiants nationalistes, a réussi à transformer une manifestation en un véritable défilé de la haine. Qui aurait cru qu’une simple marche pourrait rassembler tant de discours incompatibles avec la loi belge contre le racisme ?

Ce qui se passe réellement

Ce qui a été présenté comme une « manifestation étudiante d’extrême droite » le 26 mars à Louvain, organisé par le NSV!, cercle d’étudiants nationalistes en Flandre, s’est déroulée comme une mobilisation raciste dans laquelle des rhétoriques haineuses et condamnables, des réseaux internationaux, de la violence, de l’ingérence politique et des interventions policières dysfonctionnelles se sont réunies.

Les discours prononcés par le NSV ! sont incompatibles sur plusieurs points avec la loi belge contre le racisme (loi du 30 juillet 1981), qui interdit l’incitation à la haine, à la discrimination et à la ségrégation sur la base de l’origine ou de la nationalité. Dans la couverture médiatique flamande de la marche, cependant, l’accent a principalement été mis sur les affrontements avec des contre-manifestants et sur les agressions racistes, tandis que le contenu des discours est resté peu mis en avant.

La présidente du NSV de Gand, Gudrun Depoortere, a articulé son discours sur la violence à l’égard des femmes autour de l’idée que les hommes étrangers en seraient responsables. Bien qu’elle ait reconnu dans ce même discours qu’il n’existe pas de statistiques à ce sujet en Belgique, elle a néanmoins affirmé : « Il ne s’agit pas ici d’un problème lié aux hommes, mais d’un problème lié aux migrants » et « Ce ne sont pas ‘nos’ hommes. Ce sont des hommes étrangers ». Elle a également déclaré : « Nous savons tous que le ‘M.’ ne signifie pas Matthias, et que le ‘A.’ ne signifie pas Alexandre ». Le président du NSV de Louvain a lui aussi explicitement lié la violence à la migration et a énuméré les noms de personnes assassinées ces dernières années par des migrants : « Si je devais lire la liste complète, nous serions encore ici demain matin. Sans immigration massive, pas de meurtre en masse », selon lui.

Andrea Ballarati, militant d’extrême droite italien et organisateur du Remigration Summit en Italie, a ajouté : « La remigration peut sauver notre nation » et a appelé à « une marche comme celle-ci dans chaque ville jusqu’à ce que la remigration devienne une réalité ». Un discours stigmatisant a été construit, dans lequel les migrants ont été tenus collectivement pour responsables de toutes les formes de violence. De telles généralisations relèvent bel et bien du domaine interdit par la loi antiracisme.

Parmi les invités nationaux et internationaux figuraient notamment Tomas Boutens, qui a été lié par le passé à des réseaux tels que Blood & Honour, a été condamné pour terrorisme et est leader du Projet Thule ; Jonathan Diels (lié à Schild & Vrienden), ainsi que des personnalités internationales telles que Manuel Corchia, du groupe suisse Junge Tat. Des organisations identitaires telles que le groupuscule pro-raciste Néerlando-flamand Voorpost étaient également représentées. Il est apparu clairement que Tom Van Grieken (président du Vlaams Belang et membre à vie du NSV) était plus qu’un simple invité. Cela a été explicitement souligné par l’invité international Andrea Ballarati, qui a déclaré : « Tom m’a ordonné de prendre la parole… » et « Je tiens à remercier Tom, je tiens à remercier le NSV!, organisateur de cette marche ». Cette imbrication proche avec les réseaux politiques partisans dépasse le cadre d’une mobilisation étudiante classique et exige de la transparence.

La mobilisation ne s’est d’ailleurs pas limitée aux invités politiques, mais a également englobé des groupes organisés issus du milieu des hooligans d’extrême droite. Ces groupes ne sont pas des acteurs marginaux, mais font partie de réseaux d’extrême droite qui recourent à la violence pour imposer leurs idéologies. On a ainsi pu observer des délégations venues de partout en Europe, notamment des groupes allemands (les « Junge Nationalisten » de Wolfsburg) et français. Par ailleurs, on a surtout remarqué la présence d’un groupe de hooligans masqués liés à des clubs de football belges, qui cherchaient activement la confrontation avec les contre-manifestants.

Ils ont aussi agressés au moins 3 jeunes hommes racisés en dehors de la manifestation, dont un a fini à l’hôpital.

Alors que les discours sont déjà en contradiction avec la législation antiraciste, les actes commis par les manifestants pendant et après le défilé constituent des infractions pénales directes. Des images montrant des saluts nazis circulent dans tout Louvain, ce qui devrait être puni en vertu de la loi belge sur le négationnisme (1995). Sur la Grand-Place, des slogans tels que « Les musulmans sont des parasites » ont été scandés, une déclaration explicitement déshumanisante et raciste qui réduit une partie de la population à moins qu’un être humain et qui, de ce fait, enfreint à nouveau directement ce que la loi antiracisme interdit.

Pourquoi cela dérange

Cette mobilisation n’est pas simplement une farce étudiante, mais un véritable symptôme d’une extrême droite qui s’organise et se radicalise. Les discours de haine, les violences physiques et les ingérences politiques ne sont pas des anomalies, mais des éléments constitutifs d’une stratégie bien huilée. La banalisation de ces actes pose une question cruciale : jusqu’où ira cette dérive ?

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont alarmantes. Non seulement la violence physique est devenue monnaie courante, mais elle est également encouragée par des discours qui se veulent « légitimes ». La normalisation de la haine dans l’espace public est un danger pour la démocratie et la cohésion sociale. Les jeunes générations, qui devraient être éduquées à la tolérance et à l’ouverture, sont exposées à des idéologies qui prônent l’exclusion et la violence.

Lecture satirique

En somme, cette « manifestation étudiante » ressemble davantage à une réunion de super-héros du racisme, où chacun rivalise d’ingéniosité pour trouver la meilleure façon de stigmatiser l’autre. On pourrait presque croire que ces discours sont le fruit d’un concours de blagues de mauvais goût, tant ils sont déconnectés de la réalité. Mais, hélas, ce n’est pas une blague, c’est une tragédie.

Effet miroir international

Si l’on regarde au-delà des frontières, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec les dérives autoritaires qui se multiplient à l’échelle mondiale. Que ce soit aux États-Unis, en Russie ou ailleurs, les discours de haine et les violences racistes semblent trouver un écho dans des contextes variés. La question est : cette contagion va-t-elle s’étendre ?

À quoi s’attendre

Les tendances observées laissent présager une montée en puissance de l’extrême droite, non seulement en Belgique, mais également en Europe. Les mobilisations de ce type pourraient devenir de plus en plus fréquentes, alimentées par des discours politiques qui légitiment la haine. La vigilance est de mise.

Sources

Source : stuut.info

Peut-on encore parler d’une manifestation étudiante ?
Visuel — Source : stuut.info
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