L’ONU et l’Esclavage : Un Vote qui Résonne comme un Écho du Passé

L’Assemblée générale des Nations unies vient de qualifier la traite transatlantique et l’esclavage colonial de « plus grave crime contre l’humanité », mais certains pays préfèrent jouer les vierges effarouchées.

Le 25 mars, l’Assemblée générale des Nations unies a voté à 123 voix contre trois et 52 abstentions pour reconnaître la traite transatlantique et l’esclavage colonial comme le « plus grave crime contre l’humanité ». Une décision qui a fait l’effet d’une bombe, provoquant des réactions variées allant de l’indignation à l’applaudissement. Mais que signifie vraiment ce vote ?

Ce qui se passe réellement

À New York, l’ambassadeur des États-Unis, Dan Negrea, s’est illustré en étant l’un des trois pays à voter contre, aux côtés d’Israël et de l’Argentine. Les représentants de l’Union européenne et du Royaume-Uni ont également exprimé leurs inquiétudes, mettant en garde contre « toute hiérarchisation implicite des crimes contre l’humanité ». En revanche, le ministre des affaires étrangères du Ghana, Samuel Okudzeto Ablakwa, a affirmé que la résolution visait à « compléter » l’histoire et à créer un cadre propice à la réconciliation.

Mais, soyons clairs : l’idée qu’il puisse y avoir des crimes contre l’humanité « moins graves » ou « plus graves » contredirait la nature même de cette notion. À une époque où les relations internationales semblent sombrer dans la brutalité, affaiblir ce principe serait aussi judicieux que de proposer un concours de beauté aux crocodiles.

Injustices persistantes

Si cette formulation a conduit un quart des pays membres de l’ONU à s’abstenir, pourquoi l’avoir employée ? La répartition des votes révèle une division presque parfaite entre les pays du Sud, majoritairement victimes de la colonisation, et les pays du Nord, qui en ont tiré profit. Une belle illustration de la géopolitique où les victimes d’hier deviennent les juges d’aujourd’hui.

Il est indéniable que certains votes ont été teintés d’arrière-pensées, surtout du côté de la Russie, qui, avec un cynisme digne de l’URSS, se présente comme un champion de l’anticolonialisme tout en étant réellement impérialiste dans sa politique de puissance. Mais là n’est pas l’essentiel : le message de cette résolution est clair : l’ampleur et les effets de « la traite des Africains réduits en esclavage et de l’esclavage racialisé des Africains » n’ont pas été suffisamment reconnus.

Pourquoi cela dérange

Ce vote dérange, car il remet en question le confort des pays qui ont longtemps bénéficié des injustices du passé. La peur d’une « hiérarchisation des crimes » est en réalité une peur d’affronter leurs propres responsabilités. Qui aurait cru que la reconnaissance des atrocités passées pourrait être un sujet aussi délicat ?

Ce que cela implique concrètement

Concrètement, cette résolution pourrait ouvrir la voie à des discussions sur la réparation et la réconciliation, des concepts qui font frémir plus d’un diplomate. Imaginez un monde où les pays du Nord seraient tenus de rendre des comptes pour les crimes de leurs ancêtres. Une perspective qui pourrait faire trembler les fondations de l’ordre mondial actuel.

Lecture satirique

En somme, ce vote est un miroir tendu aux puissances qui préfèrent oublier leur passé. Les discours politiques, souvent déconnectés de la réalité, se heurtent ici à une vérité inéluctable : l’histoire ne peut être effacée. Les promesses de réconciliation sont belles, mais que valent-elles face à des décennies d’oubli ?

Effet miroir international

Ce vote résonne également dans le contexte des politiques autoritaires actuelles, où la manipulation de l’histoire est un outil de contrôle. Que ce soit aux États-Unis, en Russie ou ailleurs, les gouvernements semblent plus préoccupés par leur image que par la vérité historique. Un bel exemple de décalage entre promesse et réalité.

À quoi s’attendre

À l’avenir, il est probable que ce vote soit utilisé comme un levier pour pousser à la reconnaissance des injustices passées. Mais, comme toujours, la question demeure : les puissants seront-ils prêts à agir ?

Sources

Source : www.lemonde.fr

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