L’Oligarque Ousmanov : Entre Sanctions et Diplomatie, le Grand Écart

Alicher Ousmanov, milliardaire russo-ouzbek sous sanctions, tente de jouer les diplomates pour retrouver sa place au soleil européen. Ironie : ses manœuvres révèlent une proximité troublante entre Budapest et Moscou.

Depuis 2022, l’oligarque Alicher Ousmanov est sous le coup de sanctions européennes, accusé de liens étroits avec le Kremlin. Mais qui a dit que les sanctions étaient un obstacle pour un homme d’affaires de son calibre ? En effet, Ousmanov, dont la fortune a fleuri dans les secteurs de la métallurgie et des médias en Russie, a activé ses relais diplomatiques, notamment en Hongrie et en Slovaquie, pour tenter de se faire radier de la liste noire. Une belle démonstration de la flexibilité des valeurs politiques quand il s’agit de gros sous.

Ce qui se passe réellement

Le 30 avril 2024, un enregistrement révélé par The Insider met en lumière une conversation entre le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, et son homologue russe, Sergueï Lavrov. Lavrov, en bon intermédiaire, rappelle à Szijjártó qu’Alicher a des préoccupations familiales à régler, notamment concernant sa sœur, récemment sanctionnée. « Nous ferons tout notre possible pour obtenir son retrait », promet Szijjártó, une promesse qui se concrétise sept mois plus tard avec la levée des sanctions contre Gulbahor Ismailova. Voilà un bel exemple de la « diplomatie familiale » à l’œuvre.

Pourquoi cela dérange

Cette proximité entre Budapest et Moscou est alarmante pour Bruxelles, qui voit la Hongrie comme un facilitateur des intérêts russes en Europe. Pendant ce temps, Ousmanov, qui se présente comme un philanthrope soucieux de son pays natal, l’Ouzbékistan, continue de contester ses liens avec le Kremlin. Un discours qui semble aussi crédible qu’un vendeur de voitures d’occasion promettant que son modèle a toujours été bien entretenu.

Ce que cela implique concrètement

Les sanctions, censées être un outil de pression, semblent se transformer en simples recommandations pour ceux qui ont les moyens de faire entendre leur voix. Pendant que l’Union européenne se débat avec ses propres incohérences, des pays comme la Hongrie et la Slovaquie se positionnent comme des alliés de choix pour les oligarques en quête de réhabilitation. Une situation qui soulève des questions sur l’efficacité des sanctions et sur la véritable volonté politique de l’UE.

Lecture satirique

Il est fascinant de voir comment les promesses de fermeté se heurtent à la réalité des intérêts économiques. L’UE prône des valeurs de démocratie et de droits humains, mais face à un oligarque, elle semble prête à jouer les utilitaristes. Ousmanov, le « philanthrope », devient ainsi le symbole d’une politique européenne qui, sous couvert de principes, ne fait que jongler avec des intérêts contradictoires. Comme si l’on pouvait acheter la vertu avec des milliards.

Effet miroir international

Cette situation rappelle les manœuvres d’autres régimes autoritaires, où les intérêts économiques prennent le pas sur les valeurs démocratiques. Les États-Unis, avec leur soutien à certains régimes en échange d’accords commerciaux, ne sont pas en reste. La question se pose : jusqu’où l’UE sera-t-elle prête à aller pour maintenir une façade de respectabilité tout en flattant les intérêts de ceux qui ont les poches bien remplies ?

À quoi s’attendre

Si la tendance actuelle se poursuit, nous pourrions assister à une normalisation des relations entre l’UE et des figures comme Ousmanov, au détriment des principes qui fondent l’Union. La diplomatie pourrait bien devenir un jeu de chaises musicales où les valeurs sont les premières à être écartées.

Sources

Source : novastan.org

Visuel — Source : novastan.org
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