L’Italie, spectatrice d’un Mondial qu’elle ne verra pas : le football à la maison, et la déception aussi
L’Italie, une fois de plus, se retrouve à la porte du Mondial-2026, tandis que les journaux titrent « Tous à la maison ». Une ironie cruelle pour un pays où le foot est roi.
Table Of Content
Comme en 2018 et 2022, l’Italie sera spectatrice du Mondial-2026 aux États-Unis, Mexique et Canada (11 juin-19 juillet). La presse italienne, sportive comme généraliste, présente désormais cette Coupe du monde comme un tournoi que le pays, où le foot reste le sport-roi, suivra « a casa », à la maison. Les deux principaux journaux sportifs, La Gazzetta dello Sport et le Corriere dello Sport, ainsi que La Repubblica, affichent un ton désabusé, illustré par une photo d’un joueur italien allongé à terre, la tête dans les mains.
Ce qui se passe réellement
Pour la Gazzetta dello Sport, cet échec aux tirs au but contre la Bosnie (1-1 après prolongation, 4 tab à 1) est la « troisième apocalypse » du football italien, dont la dernière participation à une Coupe du monde remonte à 2014. « Pour la première fois dans notre histoire, des enfants italiens vont devenir majeurs sans jamais avoir vu l’Italie participer à une Coupe du monde », note le quotidien, qui consacre huit pages « au cauchemar qui continue du football italien ».
Dans un éditorial intitulé « Un nouvel échec demande un changement total », la Gazzetta critique les joueurs, notamment le défenseur Alessandro Bastoni, dont l’exclusion à la 42e minute a changé la physionomie de la rencontre. Le sélectionneur Gennaro Gattuso est également dans le viseur : « Il est difficile d’imaginer repartir à la tête de la sélection après une défaite aussi grave ». Les dirigeants du football, notamment le président de la Fédération italienne Gabriele Gravina, sont les plus accablés. « Nous devons prendre acte du fait que nous ne faisons plus partie de l’élite mondiale », admet-il.
Pourquoi cela dérange
Ce désastre sportif est révélateur d’une incohérence plus large. Alors que l’Italie se vante de son héritage footballistique, elle se retrouve à la traîne, incapable de se qualifier pour un tournoi qu’elle a autrefois dominé. Les promesses de renouveau se heurtent à la réalité d’une équipe en déroute, et les discours des dirigeants semblent déconnectés des attentes des supporters.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cet échec sont multiples : une jeunesse qui grandit sans repères, un football national en quête d’identité, et des dirigeants qui semblent plus préoccupés par leur propre survie que par l’avenir du sport. La Gazzetta évoque même un « redimensionnement inévitable » si Gravina reste en poste, établissant un nouveau record de Coupes du monde ratées.
Lecture satirique
Ironiquement, alors que l’Italie se prépare à suivre le Mondial « a casa », les dirigeants semblent plus préoccupés par leur image que par le sort de l’équipe. Les promesses de renouveau se heurtent à une réalité amère, où le football est devenu un spectacle de désillusion. On pourrait presque croire que les dirigeants de la Fédération italienne ont pris exemple sur certains leaders politiques, préférant la résistance à l’échec plutôt que de prendre des décisions courageuses.
Effet miroir international
À l’échelle mondiale, cet échec résonne avec les dérives autoritaires que l’on observe ailleurs. Comme certains dirigeants qui, face à l’échec, choisissent de blâmer les autres plutôt que de se remettre en question, les responsables du football italien semblent suivre cette même logique. Peut-être que, comme dans d’autres pays, le football est devenu un terrain de jeu pour des promesses vides et des discours déconnectés.
À quoi s’attendre
Si les tendances actuelles se poursuivent, l’Italie pourrait continuer à naviguer dans cette mer de désillusion. Les supporters devront s’habituer à suivre le Mondial depuis leur canapé, tout en espérant que les dirigeants du football prennent enfin conscience de la nécessité d’un changement radical.