L’ISL : L’école d’excellence qui fait rêver… les entreprises ?
Après une première rentrée très sélective, l’Institut de Stratégie et Leadership (ISL) élargit son offre pour attirer les professionnels. Mais derrière cette façade d’excellence, que cache vraiment cette initiative ?
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En 2025, l’ISL a vu le jour avec la promesse de former des leaders capables de répondre aux enjeux de la transformation organisationnelle en Afrique. Le 9 avril 2026, lors d’une conférence de presse à Lomé, l’école a annoncé l’ouverture de sa deuxième cohorte de programmes de Master, incluant un parcours pour les professionnels. Une avancée majeure, dit-on, mais à quel prix ?
Ce qui se passe réellement
Pour la rentrée 2026, l’ISL propose deux parcours distincts : la Cohorte Étudiants, pour les jeunes diplômés, et la Cohorte Professionnels, réservée aux actifs justifiant de 3 à 8 ans d’expérience. Le fondateur, Sébastien Frendo, se félicite de cette « innovation majeure » pour les jeunes professionnels. Mais l’excellence affichée repose sur une sélection rigoureuse : en 2025, 1 000 candidatures pour seulement 14 places. Une méthode qui semble plus destinée à créer une élite qu’à former des leaders accessibles.
Pourquoi cela dérange
Cette exigence d’excellence, qui se traduit par un processus de sélection minutieux, soulève des questions. Est-ce vraiment l’éducation qui est valorisée, ou simplement le statut social des candidats ? En effet, le parcours pour les professionnels, qui remplace le test écrit par une étude de dossier, semble plus une formalité qu’un véritable critère d’évaluation. Cela rappelle les politiques d’exclusion pratiquées par certains régimes autoritaires, où seuls les « meilleurs » sont choisis, laissant les autres sur le carreau.
Ce que cela implique concrètement
Avec un objectif affiché de garantir un CDI à chaque étudiant avant l’obtention de son diplôme, l’ISL semble jouer la carte de la professionnalisation à tout prix. Mais cette promesse soulève des interrogations : est-ce vraiment l’éducation qui prime, ou les intérêts des entreprises partenaires ? Les étudiants, enchaînant stages et accompagnement personnalisé, deviennent-ils des produits formatés pour répondre aux besoins immédiats du marché, au détriment d’une véritable réflexion critique ?
Lecture satirique
Dans un monde où l’éducation est souvent présentée comme un levier de transformation sociale, l’ISL semble plutôt s’inscrire dans une logique de reproduction des élites. Les discours sur l’internationalisation et l’ouverture aux investisseurs étrangers, bien que séduisants, cachent une réalité bien plus cynique : celle d’une école qui forme des « leaders » pour servir des intérêts économiques, tout en se drapant dans le manteau de l’excellence.
Effet miroir international
En observant cette dynamique, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec les politiques éducatives de certains pays autoritaires, où l’accès à l’éducation est réservé à une élite triée sur le volet. Les États-Unis, avec leur obsession pour les classements universitaires, ou la Russie, où l’éducation est souvent utilisée comme un outil de contrôle social, illustrent bien cette dérive. L’ISL, en se positionnant comme une école d’excellence, ne fait-elle pas écho à ces pratiques ?
À quoi s’attendre
Si l’on suit les tendances actuelles, on peut s’attendre à ce que l’ISL continue d’attirer les entreprises en quête de jeunes diplômés formatés, tout en laissant de côté ceux qui ne répondent pas aux critères d’excellence. Une situation qui pourrait renforcer les inégalités dans l’accès à l’éducation et à l’emploi, au détriment d’une véritable transformation sociale.



