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On l’appelle l’« île d’émeraude ». Pourtant, l’Irlande est l’un des pays les moins boisés d’Europe. À l’occasion de la Journée internationale des forêts, direction cette terre particulière : seul 11% de son territoire est recouvert de forêts. Mais le gouvernement irlandais veut augmenter cette surface à 18% d’ici 2050. L’Irlande se reboise donc à marche forcée.
De notre correspondante à Dublin,
Niall Charleton montre comment planter un arbre : « Alors, je vais creuser un trou carré. Je soulève simplement la motte du sol, j’y place les racines, puis je remets un peu de terre par-dessus. Et voilà, notre arbre est planté ! »
Sa pelle à la main, Niall, 68 ans, est prêt à se retrousser les manches. Et le programme s’annonce chargé pour cette quarantaine de bénévoles. Objectif : planter 1 000 arbres en une seule journée, dans ce parc du sud du comté de Dublin. Mais il faut viser haut, explique Niall. L’Irlande accuse un retard considérable en matière de couverture forestière : seulement 11% de son territoire est boisé, contre une moyenne européenne à 35%.
« C’est une véritable honte ! Et en matière de forêts naturelles, à peine 2% de notre territoire en est couvert. Tout le reste, ce sont des plantations industrielles, dominées par l’épicéa de Sitka. Une filière du bois florissante, mais un désastre pour la biodiversité : c’est toxique, ça étouffe le reste du vivant ! Mais nous vivons sur une île humide : alors, ces arbres poussent plus vite ici que partout ailleurs en Europe, grâce à des pluies quasi permanentes, vous l’avez peut-être remarqué », conclut Niall, un brin ironique.
Cette espèce, qui pousse donc rapidement en Irlande, est entièrement destinée à être coupée et commercialisée. L’Irlande compte en fait très peu d’arbres indigènes. Or, selon les bénévoles, seules des forêts mixtes favorisent vraiment la biodiversité.
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Si un agriculteur plante des arbres, « la terre est dédiée à la forêt »
Ce jour-là, c’est le conseil municipal de Dublin qui a financé les jeunes pousses, comme du frayssinet de Killarney et de l’aubépine. Un geste qui s’inscrit dans un plan bien plus ambitieux : le gouvernement souhaite planter 8 000 hectares d’arbres chaque année, soit l’équivalent d’une forêt de la taille de Strasbourg. Et pour y parvenir, des incitations encouragent les agriculteurs à planter sur leurs terres. Mais selon Martha O’Hagan, professeure de finance durable à l’université Trinity de Dublin, plusieurs freins persistent :
« Il existe cette règle, selon laquelle une fois qu’un agriculteur plante des arbres, la terre est définitivement dédiée à la forêt. Il prend ainsi une décision sur l’usage de ses terres pour les générations futures, ses enfants et petits-enfants. En plus, la valeur à l’hectare de cette parcelle chute, puisqu’elle ne peut plus servir qu’à la sylviculture ! De quoi faire hésiter les agriculteurs. »
Et pourtant, il y a urgence. Sans baisse des émissions d’ici 2030, l’Union européenne pourrait infliger à l’Irlande jusqu’à 26 milliards d’euros d’amende. Et les forêts, on le sait, restent l’un des meilleurs puits de carbone pour lutter contre le réchauffement climatique.
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11% de forêts, un gouvernement qui promet 18% d’ici 2050 : l’Irlande fait du reboisement un projet de façade, mais à quel prix ?
Ah, l’Irlande ! Terre de légendes, de pintes de Guinness et de paysages à couper le souffle. Mais derrière cette image idyllique, se cache une réalité bien moins réjouissante : l’Irlande est l’un des pays les moins boisés d’Europe. Avec seulement 11% de son territoire recouvert de forêts, elle fait pâle figure face à la moyenne européenne de 35%. Pour couronner le tout, le gouvernement irlandais a décidé de se lancer dans une course effrénée au reboisement, promettant d’atteindre 18% d’ici 2050. Une belle promesse, n’est-ce pas ?
Ce qui se passe réellement
Dans un parc du sud du comté de Dublin, Niall Charleton, 68 ans, s’apprête à planter un arbre. Armé de sa pelle, il explique avec une ironie palpable : « Alors, je vais creuser un trou carré. Je soulève simplement la motte du sol, j’y place les racines, puis je remets un peu de terre par-dessus. Et voilà, notre arbre est planté ! »
Mais Niall n’est pas dupe. Il sait que l’Irlande accuse un retard considérable en matière de couverture forestière. À peine 2% de son territoire est couvert de forêts naturelles, le reste étant dominé par des plantations industrielles, principalement d’épicéas de Sitka. Ces arbres, bien que florissants pour l’industrie du bois, sont un désastre pour la biodiversité. « C’est toxique, ça étouffe le reste du vivant ! » s’exclame-t-il.
Pourquoi cela dérange
Le conseil municipal de Dublin finance ces jeunes pousses, mais il y a un hic : une fois qu’un agriculteur plante des arbres, la terre est définitivement dédiée à la forêt. Cela signifie que les agriculteurs prennent une décision qui engage leurs enfants et petits-enfants, tout en voyant la valeur de leur terre chuter. De quoi faire réfléchir, n’est-ce pas ?
Ce que cela implique concrètement
Avec des amendes potentielles de 26 milliards d’euros si les émissions ne baissent pas d’ici 2030, l’urgence est palpable. Les forêts sont l’un des meilleurs puits de carbone pour lutter contre le réchauffement climatique. Mais le gouvernement irlandais semble plus préoccupé par les promesses que par les actions concrètes.
Lecture satirique
Il est fascinant de voir à quel point les discours politiques peuvent être déconnectés de la réalité. D’un côté, on nous promet une forêt de la taille de Strasbourg plantée chaque année ; de l’autre, on continue à privilégier des plantations industrielles qui ne font qu’étouffer la biodiversité. C’est un peu comme si on essayait de remplir un seau percé avec de l’eau : un effort futile, mais tellement satisfaisant à première vue !
Effet miroir international
Cette situation rappelle les dérives autoritaires d’autres pays, où les promesses de reboisement sont souvent des façades pour masquer des politiques environnementales désastreuses. Comme aux États-Unis, où les discours sur l’environnement sont souvent contredits par des décisions favorisant l’industrie fossile. L’Irlande, en quête de son image verte, pourrait bien se retrouver piégée dans le même cycle.
À quoi s’attendre
Si l’Irlande ne parvient pas à concilier ses promesses avec des actions concrètes, elle risque de se retrouver dans une situation encore plus délicate. Les arbres ne se plantent pas tout seuls, et les promesses politiques, aussi belles soient-elles, ne suffisent pas à sauver la planète.
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