L’intelligence artificielle : un outil pour réprimer la dissidence au Moyen-Orient
Mise à jour le 2026-02-25 11:45:00 : Des régimes autoritaires pourraient utiliser l’IA pour anticiper et étouffer les mouvements de contestation.
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Des outils d’intelligence artificielle (IA) pourraient permettre aux régimes autoritaires de prédire et de réprimer les manifestations. Cela soulève des inquiétudes sur la liberté d’expression et les droits humains.
Ce qu’il faut savoir
- Le fait : L’IA pourrait aider à anticiper les mouvements de contestation.
- Qui est concerné : Les citoyens sous des régimes autoritaires au Moyen-Orient.
- Quand : Depuis l’émergence de ces technologies, en partie aujourd’hui.
- Où : Dans des pays comme l’Arabie saoudite, l’Iran et l’Égypte.
L’IA transforme la prévision des conflits
Les analystes ont toujours tenté d’anticiper les crises. Mais ces dernières années, l’abondance de données, la puissance de calcul et les progrès de l’apprentissage automatique permettent d’utiliser les données du passé pour prédire des événements futurs.
Sur le plan géopolitique, ces prévisions peuvent aider à mieux répartir les ressources et à préparer les pays ou les organisations humanitaires. Toutefois, des chercheurs s’inquiètent des dérives possibles. Christopher Rauh, professeur d’économie et de science des données à l’université de Cambridge et cofondateur de ConflictForecast, explique que son organisation combine apprentissage automatique et expertise humaine pour détecter les signaux subtils de risque de conflit. Mais certaines données, comme les prévisions de manifestations, ne sont pas publiées afin d’éviter qu’elles ne soient utilisées pour réprimer la contestation.
Pour l’instant, ces modèles ne sont pas assez précis pour être facilement instrumentalisés par des États autoritaires. Ils fonctionnent sur des moyennes et ne peuvent pas prévoir des actes individuels imprévisibles. Mais à mesure que les prédictions s’améliorent et que les données se multiplient, les risques augmentent.
Comment fonctionnent ces systèmes ?
Comme tout modèle d’intelligence artificielle, ils doivent être entraînés à partir d’importantes bases de données : articles de presse, données de suivi des conflits, indicateurs économiques, démographiques ou sanitaires, voire données de localisation de téléphones mobiles ou de trafic aérien. L’essentiel est de disposer d’un historique étendu, souvent sur plus d’une décennie, afin de repérer des schémas récurrents.
Cependant, aucun système ne peut prédire parfaitement les crises géopolitiques. Les limites restent nombreuses : manque de données fiables, puissance de calcul insuffisante ou imprévisibilité du comportement humain.
Des risques accrus au Moyen-Orient
Si la technologie progresse, certains régimes autoritaires du Moyen-Orient pourraient être parmi les premiers à utiliser ces outils pour étouffer la dissidence. Des pays comme l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Iran, l’Égypte ou Bahreïn ont déjà recours à des technologies avancées pour surveiller l’opposition.
En Égypte, les communications numériques sont surveillées et des militants poursuivis pour leurs publications en ligne. En Arabie saoudite, la reconnaissance faciale est utilisée dans des lieux de pèlerinage comme La Mecque et Médine, et des systèmes de surveillance sont prévus dans la ville futuriste de Neom.
Les Émirats arabes unis sont considérés comme particulièrement avancés en matière de « police prédictive », qui utilise des données passées pour anticiper des crimes futurs. Ces outils, combinés à d’importantes capacités financières et technologiques, pourraient être détournés pour prévenir ou étouffer toute contestation.
Pour des organisations comme Amnesty Tech, ces technologies reposent sur des données parfois biaisées et sur l’idée contestable que le comportement humain peut être réduit à des indicateurs simples. Et même sans prédictions parfaites, les systèmes actuels ont déjà un effet dissuasif puissant : des militants renoncent à protester par crainte d’être identifiés.
La principale inquiétude ne concerne donc pas seulement les outils du futur, mais ceux qui existent déjà – et ce qu’ils permettent.
Sources
Source d’origine : Voir la publication initiale
Date : 2026-02-25 11:45:00 — Site : www.dw.com
Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets
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Publié le : 2026-02-25 11:45:00 — Slug : lia-pour-etouffer-la-dissidence-avant-quelle-naisse
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