L’Inde et son Recensement : Un Grand Spectacle Statistique ou un Cirque Administratif ?

L’Inde entame son recensement, un exercice titanesque qui pourrait bien tourner au fiasco bureaucratique.

Mercredi, l’Inde a lancé ses opérations de recensement, un événement qui pourrait faire pâlir d’envie même les plus grandes productions hollywoodiennes. Avec plus d’1,4 milliard d’habitants, le pays déploie 3 millions de fonctionnaires pour une tâche qui semble tout droit sortie d’un roman d’aventure : « s’aventurer dans des déserts, traverser des jungles et escalader des montagnes escarpées ». Qui aurait cru que le porte-à-porte pouvait être aussi palpitant ?

Ce qui se passe réellement

L’Inde a lancé, mercredi, ses opérations de recensement : le plus grand exercice statistique au monde, souligne le quotidien The Hindustan Times. Ce qui explique le déploiement de 3 millions de fonctionnaires chargés de faire du porte-à-porte, de collecter des données dans 36 États et territoires, en 16 langues, détaillent The Indian Express, l’Hindustan Times et la BBC. Ces recenseurs devront même « s’aventurer dans les déserts, traverser des jungles et escalader des montagnes escarpées pour atteindre des villages reculés », décrit The Economist. Ces opérations ont donc commencé ce mercredi 1er avril et vont durer un an, pour un coût total équivalent à plus d’un milliard d’euros, précise la BBC.

« Votre maison est-elle en paille ou en ciment ? Quel type de toilettes avez-vous ? Quelles céréales consommez-vous ? » : voilà quelques-unes des questions posées aux Indiens et aux Indiennes pour ce recensement. 55 000 personnes ont déjà répondu en ligne, dont le Premier ministre Narendra Modi, rapportent The Hindu et The Indian Express, avec pour la première fois, la possibilité de commencer le recensement soi-même sur Internet. Les informations saisies en ligne seront toutefois vérifiées « par les agents recenseurs lors d’un recensement porte-à-porte effectué 15 jours plus tard », précise The Hindu.

Pourquoi cela dérange

Le déploiement massif de fonctionnaires pour un recensement qui pourrait se transformer en une quête épique soulève des questions. Comment s’assurer que ces données seront fiables lorsque les agents eux-mêmes devront vérifier des informations saisies en ligne ? Est-ce que le Premier ministre a vraiment besoin de faire la queue pour répondre à des questions sur ses toilettes ?

Ce que cela implique concrètement

Ce recensement, qui coûte plus d’un milliard d’euros, pourrait bien être un gouffre financier si les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. En effet, la collecte de données dans un pays aussi diversifié et vaste pose des défis logistiques colossaux. Les villages reculés, souvent oubliés par les politiques publiques, risquent d’être une fois de plus laissés pour compte.

Lecture satirique

Les promesses de transparence et d’efficacité du gouvernement semblent s’évanouir face à la réalité d’un recensement qui pourrait bien être plus un spectacle qu’une véritable collecte de données. Entre les questions sur les matériaux de construction des maisons et les céréales consommées, on pourrait se demander si le gouvernement ne cherche pas à établir un classement des « maisons les plus stylées » plutôt qu’à comprendre les besoins fondamentaux de sa population.

Effet miroir international

Ce cirque administratif n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires d’autres pays, où les recensements sont souvent utilisés comme outils de contrôle plutôt que comme moyens d’amélioration des conditions de vie. Les États-Unis et la Russie, avec leurs propres méthodes de collecte de données, pourraient bien sourire en voyant l’Inde tenter de jongler avec des chiffres qui, espérons-le, ne seront pas manipulés.

À quoi s’attendre

À l’issue de ce recensement, il est fort probable que les résultats soient contestés, et que la population se retrouve une fois de plus dans l’incertitude. Les promesses de changement et de progrès pourraient bien se heurter à la réalité d’une bureaucratie inefficace.

Sources

Source : www.radiofrance.fr

Visuel — Source : www.radiofrance.fr
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire