L’impact significatif de la communauté haïtienne sur l’économie guadeloupéenne

Mise à jour le 2026-02-07 19:32:00 : Les Haïtiens en Guadeloupe jouent un rôle crucial dans divers secteurs, renforçant l’économie locale.

Partis de chez eux dans des conditions diverses, souvent douloureuses, les ressortissants haïtiens installés en Guadeloupe ne sont pas venus chômer dans l’archipel. Cette communauté, souvent discrète, travaille dans de très nombreux secteurs d’activité dans le département, ne lésinant pas sur leurs efforts pour s’insérer socialement et réussir professionnellement. Ils sont sur les exploitations agricoles, sur les chantiers du BTP, sur les marchés, dans les foyers auprès des publics dépendants, dans les restaurants, dans les magasins de textiles… jusqu’à devenir des maillons forts de l’économie locale.

Les Haïtiens sont bien présents à Pointe-à-Pitre, par exemple. Ils y sont vendeurs à la sauvette sur les trottoirs du centre-ville, locataires ou propriétaires des locaux commerciaux. Un seul but commun : gagner son pain.

Travailleurs acharnés

Le dimanche matin et les jours fériés, quand toutes les boutiques sont fermées, le restaurant d’Esther est souvent ouvert. Depuis ses débuts en 2019, elle ne cesse d’agrandir son restaurant, sa clientèle se multiplie.

Après avoir vendu des vêtements, des fruits et légumes, puis avoir monté son restaurant, Gilène, quant à elle, se lance désormais dans la restauration ambulante. Aussi loin qu’elle s’en souvienne, depuis son arrivée en Guadeloupe en 2005, la restauratrice a toujours eu l’âme d’une entrepreneuse.

  • La discrétion pour mode de vie

La réussite de ces Haïtiens qui ont soif de travail ne passe pas inaperçue. Ils sont au centre de nombreuses conversations, en Guadeloupe. Le constat est qu’effectivement, ils possèdent bon nombre des boutiques, effectivement ils se donnent les moyens de leurs ambitions.

Ciblée parfois par les critiques, la communauté se veut discrète. Sans le soutien du président de l’association « Lakay Concept« , il nous aurait été impossible de réaliser certains entretiens.

« Naturellement, ils sont timides. Ils sont timides et ils n’aiment pas parler. Ils aiment être dans l’action. Un homme comme moi, je parle, mais j’agis. D’autres agissent, mais n’aiment pas parler. »

Edrisse Louis-Jean, dit « Yékini », président de l’association « Lakay Concept »

Aujourd’hui, en Guadeloupe, il y aurait près de 30.000 Haïtiens immigrés. Combien sont en situation irrégulière ? Nul ne sait. En tout cas, ils représentent la plus importante communauté étrangère de Guadeloupe. Les premiers sont arrivés dans les années 70 ; ils doivent leur réussir et leur intégration à leur sens du commerce.

C’est le cas de Joseph. En 1977, il a débuté comme simple employé dans la canne à sucre. Aujourd’hui, il est entrepreneur dans le bâtiment.

« J’ai travaillé tellement dur, pour atteindre mon rêve, acheter une nacelle. Avant tout, j’étais maçon et peintre. Il faut s’organiser. Si on ne se donne pas les moyens, on n’arrive à rien. »

Joseph Louissaint, entrepreneur

À part sa nacelle, l’homme possède plusieurs voitures de travail. Il ne doit sa réussite qu’à lui-même. C’est un homme d’affaires en perpétuelle ascension, en passe de signer un très gros contrat avec une société immobilière très connue en Guadeloupe : il assumera les travaux de peintures, de carrelage et d’électricité.

Jamais à court d’idée, Janine est aujourd’hui une commerçante très appréciée du marché de Bergevin ; ce, depuis 26 ans. Auparavant, pendant 10 ans, elle a été vendeuse de vêtements à la rue Frébault, à Pointe-à-Pitre.

« Si j’entends un Haïtien qui dit qu’en Guadeloupe, il n’y a rien, qu’il ne trouve rien, qu’il ne récolte rien, je lui dis qu’il est un menteur, il ne veut pas travailler ! C’est un fainéant ! La Guadeloupe, c’est le premier pays qui accueille bien les étrangers, mieux que les autres ! »

Jeanine, commerçante haïtienne

Des années 70 à aujourd’hui, le visage de la Guadeloupe a bien changé et les Haïtiens ont beaucoup contribué à ce changement. Si les premières générations sont plutôt bien intégrées, pour les dernières vagues d’immigrés, les clandestins, le quotidien est fait de peur et de précarité.

LE GRAND TEMOIN DU 13H/

Le reportage ci-dessous a été choisi par le Grand Témoin du journal « 13h00 en Guadeloupe » du vendredi 6 février 2026, le professeur de Philosophie haïtien Fritz Calixte. Ce dernier a fait part, à Eddy Golabkan, de son avis sur cet apport de sa communauté d’origine, dans l’économie locale. Voici un extrait de leur échange :

« La première difficulté, c’est la reconnaissance, l’intégration, c’est avoir des documents, avoir un titre de séjour. C’est assez compliqué, ce côté-là. La diaspora haïtienne, la communauté haïtienne de Guadeloupe, constitue un élément, une passerelle dont on peut se servir pour établir des liens économiques, culturels, intellectuels avec Haïti. »

Fritz Calixte, professeur de Philosophie d’origine haïtienne

REPORTAGE/

  • Rédacteur et reporteur d’images : Rudy Rilcy
  • Monteur : Marius Avril
  • Mixeur : Matteo Straseele

Sources

Source : la1ere.franceinfo.fr

Visuel d’illustration — Source : la1ere.franceinfo.fr

Source d’origine : Voir la publication initiale

Date : 2026-02-07 19:32:00 — Site : la1ere.franceinfo.fr


Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets

Application : Téléchargez Artia13 Actualité (Android)

Notre IA anti-désinformation : Analyzer Fake News (Artia13)


Publié le : 2026-02-07 19:32:00 — Slug : lapport-de-la-communaute-haitienne-a-leconomie-guadeloupeenne

Hashtags : #Lapport #communauté #haïtienne #léconomie #Guadeloupéenne

Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire