Libye-Soudan : Quand l’absurde devient stratégique

Une rencontre militaire à Tripoli, un partenariat « historique »… mais pour quel avenir ?

Le 5 février 2026, Tripoli a accueilli une rencontre militaire de haut niveau, réunissant le chef d’état-major de l’armée libyenne de l’ouest et le directeur du renseignement militaire soudanais. Ensemble, ils ont décidé de renforcer leurs liens militaires et sécuritaires, évoquant des « défis communs ». Une belle manière de dire que, face à la débâcle, l’union fait la force, même si elle est fondée sur des fondations aussi solides qu’un château de cartes.

Ce qui se passe réellement

Selon l’agence de presse officielle libyenne, le lieutenant-major Salaheddine al-Namroush a salué les relations « historiques » entre les peuples libyen et soudanais. Les deux parties se sont engagées à étendre leurs programmes d’entraînement militaire et à échanger leur expertise dans le cadre d’un « partenariat stratégique ». Un partenariat qui semble plus une tentative désespérée de survie qu’une véritable alliance.

Un rapprochement entamé en 2024

Ce rapprochement a été amorcé en février 2024, lors de la visite du général soudanais Abdel Fattah al-Burhan à Tripoli. L’objectif ? Renforcer les relations bilatérales. Mais dans un pays où la division politique et militaire est la norme, on peut se demander si cette union n’est pas simplement une danse macabre entre deux acteurs en quête de légitimité.

La rencontre survient alors que la Libye est déchirée par des conflits internes, notamment entre Tripoli et Benghazi, contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar, accusé de soutenir des paramilitaires opposés à l’armée. Une guerre qui, depuis avril 2023, a causé des dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 11 millions de personnes, faisant de la Libye un triste exemple de ce que l’ONU qualifie de pire crise humanitaire au monde.

Pourquoi cela dérange

Ce partenariat entre deux pays en crise soulève des questions sur la légitimité et l’efficacité de leurs gouvernements respectifs. Comment peut-on parler de « défis communs » alors que l’un des pays est en proie à une guerre civile dévastatrice et l’autre à des luttes de pouvoir internes ?

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette alliance sont préoccupantes. En renforçant leurs liens militaires, ces deux pays pourraient exacerber les tensions régionales et prolonger le cycle de violence. Au lieu de chercher des solutions pacifiques, ils choisissent la voie de l’armement et de la militarisation.

Lecture satirique

Ironiquement, ces deux nations semblent croire qu’en s’alliant, elles pourront résoudre leurs problèmes internes. Comme si un partenariat militaire pouvait remplacer des réformes politiques et sociales nécessaires. C’est un peu comme essayer de réparer une voiture avec du scotch : ça ne fonctionnera pas à long terme.

Effet miroir international

Ce rapprochement n’est pas sans rappeler d’autres alliances douteuses sur la scène internationale, où des régimes autoritaires se soutiennent mutuellement, souvent au détriment de leur population. Les exemples ne manquent pas, que ce soit en Russie, en Chine ou ailleurs, où la solidarité entre tyrans semble être la norme.

À quoi s’attendre

À court terme, on peut s’attendre à une intensification des tensions militaires en Libye et à une aggravation de la crise humanitaire. À long terme, cette alliance pourrait bien se révéler être un coup d’épée dans l’eau, sans véritable impact sur la stabilité régionale.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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