Accord Mercosur : L’Italie s’oppose, menaçant les négociations avec le Brésil
Mise à jour le 2025-12-18 06:12:00 : L’Italie pourrait bloquer l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, impactant les agriculteurs européens.
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L’Italie a indiqué mercredi qu’elle pourrait ne pas soutenir l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Bolivie, Argentine, Uruguay et Paraguay), « jetant une ombre supplémentaire sur cet accord, alors que les dirigeants européens se réunissent [jeudi] pour un sommet à Bruxelles et que des agriculteurs hostiles à ce pacte commercial affluent dans la capitale belge », résume The Independent.
S’adressant mercredi aux parlementaires italiens avant de s’envoler pour Bruxelles, Giorgia Meloni a estimé qu’il était « prématuré de signer l’accord dans les prochains jours », rapporte Corriere della Sera. « Il est nécessaire d’attendre la finalisation du train de mesures supplémentaires visant à protéger le secteur agricole et, parallèlement, de l’expliquer et d’en discuter avec nos agriculteurs », a-t-elle ajouté.
La cheffe du gouvernement italien a affirmé qu’elle n’avait pas pour objectif de « bloquer l’accord », mais qu’elle ne pouvait faire l’économie de « garanties suffisantes de réciprocité pour notre secteur agricole. Et [elle est] convaincue que toutes ces conditions seront remplies d’ici au début de l’année prochaine. »
Mme Meloni veut s’assurer que « les produits agricoles en provenance des pays d’Amérique du Sud respectent les mêmes normes qu’en Europe, afin d’éviter une concurrence déloyale au détriment des agriculteurs européens », explique le quotidien italien. Elle rejoint ainsi la position française, « qui plaide pour des clauses de protection strictes, un contrôle renforcé des importations et des normes plus rigoureuses pour les producteurs du Mercosur. »
Minorité de blocage
« L’hésitation de l’Italie à soutenir l’accord risque de faire échouer les projets de la Commission européenne », observe Euronews. Sa présidente, Ursula von der Leyen, espérait signer l’accord ce samedi au Brésil, après pas moins de vingt-six ans de négociations, mais la position de l’Italie change résolument la donne, aussi bien politiquement que mathématiquement.
Car avec le ralliement de Rome au camp des opposants, le groupe emmené par la France « remplit les conditions requises pour constituer une minorité de blocage, soit quatre des vingt-sept États membres représentant au moins 35 % de la population de l’UE – la Pologne et la Hongrie ayant déjà confirmé leur vote contre l’accord », explique Folha de São Paulo.
Ursula von der Leyen pourrait donc être contrainte d’annuler son voyage au Brésil si elle ne parvient pas à faire plier la France ou l’Italie lors du sommet de Bruxelles – au risque cependant de voir Brasília jeter l’éponge.
« L’opposition ferme de la France à l’accord commercial UE-Mercosur et les doutes de dernière minute de l’Italie mettent à rude épreuve la patience du président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, qui a lancé mercredi un ultimatum aux Européens », relève El País.
Maintenant ou jamais
« Si on ne le fait pas maintenant, le Brésil ne signera plus l’accord tant que je serai président, » a-t-il tonné. « Nous attendons cet accord depuis vingt-six ans. Vingt-six ans ! Si jamais ils disent non, nous serons désormais fermes avec eux, parce que nous avons cédé sur tout ce qu’il était possible de céder diplomatiquement. »
Selon le quotidien madrilène, Lula serait « particulièrement en colère » contre l’Italie. « Cet accord leur est plus favorable qu’à nous, » a-t-il affirmé. « Macron n’en veut pas à cause de ses agriculteurs, l’Italie n’en veut pas non plus, et je ne sais pas pourquoi. Le fait est que nous, le Brésil et le Mercosur, avons travaillé très dur pour accepter cet accord. »
Le titre espagnol souligne que « pour Lula, ne pas signer l’accord avec l’UE serait une énorme déception, après avoir fait des négociations l’une des pierres angulaires de sa politique étrangère et avoir démontré ses talents de négociateur. »
Pression de l’Allemagne
Les deux jours qui viennent seront donc décisifs, et la France comme l’Italie devraient faire l’objet d’intenses pressions des pays favorables à l’accord, Espagne et Allemagne en tête.
Mercredi, le vice-président du groupe parlementaire conservateur au Bundestag – un proche du chancelier allemand, Friedrich Merz, qui ne cache pas sa frustration devant les atermoiements français – a lié la signature de l’accord aux négociations sur le budget de l’Europe pour la période 2028-2034, actuellement en discussions.
« Si l’Allemagne ne redevient pas une nation exportatrice forte, nous ne serons pas en mesure, ni économiquement ni financièrement, de supporter de nouvelles charges supplémentaires » dans le budget, a averti Sepp Müller, cité par Politico.
« L’Europe doit maintenant décider : veut-elle remettre l’économie allemande sur la voie de la croissance et ainsi soutenir et développer le plus important contributeur net aux finances européennes ? » a-t-il ajouté.
Colère des agriculteurs
Selon Corriere della Sera, Ursula von der Leyen pourrait aussi décider de signer l’accord « malgré l’absence de majorité qualifiée pour le voter ». Mais « la France s’opposerait fermement » si « les autorités européennes voulaient forcer la main » des États membres, a déclaré Emmanuel Macron.
Le président français n’a guère d’autre choix que celui de la fermeté, confronté en France à la colère des agriculteurs, vent debout contre l’accord avec le Mercosur, et chauffés à blanc par la gestion par le gouvernement de la dermatose bovine. Une partie d’entre eux se joindront aux manifestations d’agriculteurs prévues jeudi à Bruxelles.
« Plus de 8 000 personnes et quelque 500 tracteurs sont attendus pour faire entendre leurs revendications », signale Le Soir. « Le secteur, en crise continue depuis des années, veut rappeler à la Commission européenne ses craintes et désaccords quant à l’accord commercial avec le Mercosur d’une part, et une possible réduction du budget de la politique agricole commune de l’autre », selon le titre belge.
Ce qu’il faut savoir
- Le fait : L’Italie pourrait bloquer l’accord de libre-échange avec le Mercosur.
- Qui est concerné : Agriculteurs européens et pays du Mercosur.
- Quand : Décisions attendues lors du sommet à Bruxelles.
- Où : Bruxelles, Belgique.
Sources
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Date : 2025-12-18 06:12:00 — Site : www.courrierinternational.com
Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets
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Publié le : 2025-12-18 06:12:00 — Slug : mercosur-litalie-rejoint-le-camp-des-sceptiques-au-grand-dam-de-lula
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