Liban : Quand l’exil rime avec inquiétude

La guerre au Liban, un drame vécu par une diaspora qui s’inquiète, tandis que les expatriés au Qatar se sentent en sécurité, mais à quel prix ?

Au cœur du Golfe, deux Libanaises expatriées échangent sur leur terre natale, un pays qu’elles chérissent mais qui saigne sous le poids des conflits. « On a cette énorme inquiétude concernant le Liban. On vit les infos, on se réveille, on regarde les infos, on est toujours devant nos écrans », confie l’une d’elles. Une routine qui, à première vue, semble plus proche du soap opera que de la réalité tragique d’un pays en guerre.

Ce qui se passe réellement

La guerre au Liban, un conflit qui ne cesse de déchirer le pays, est suivi avec une douleur palpable par une diaspora qui, ironie du sort, est plus nombreuse que les Libanais vivant sur place. Au Qatar, ces expatriés, qui ont fui pour des raisons économiques et professionnelles, se retrouvent dans une situation paradoxale : loin des bombes, mais toujours en proie à l’angoisse. « Le Liban, c’est notre pays. C’est le plus beau pays, on l’aime. Mais malheureusement, on a vécu beaucoup de guerres et on continue à vivre beaucoup de guerres », déplore l’autre amie.

« On ne s’y attendait pas »

Après des années d’exil, ces femmes se retrouvent face à une réalité qu’elles n’avaient pas anticipée. « On ne sait pas ce qu’il va se passer dans une semaine, dans quelques jours », dit l’une. La stabilité qu’elles cherchaient semble un mirage, alors que des drones et des missiles iraniens survolent le ciel du Golfe. « Donc ici, pour nous, ce qu’on vit maintenant, c’est rien du tout, honnêtement, c’est rien du tout », juge l’une, tandis que son amie rétorque, « On a honte d’en parler ». Une honte qui, en soi, est un reflet de l’absurdité de leur situation.

Pourquoi cela dérange

Leurs mots révèlent une incohérence criante : vivre dans un pays stable tout en étant hanté par la douleur d’un autre. La sécurité au Qatar, où « il y a l’État, il y a les gens qui travaillent derrière », contraste avec l’absence de protection au Liban. Ce décalage entre promesse et réalité est un cruel rappel des promesses non tenues par les dirigeants libanais, qui semblent plus préoccupés par leur propre survie politique que par celle de leur peuple.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette guerre ne se limitent pas aux frontières libanaises. Elles s’étendent à une diaspora qui se sent tiraillée entre deux mondes. « On se sent coupable parce que, lorsqu’on voit nos parents dans quel état ils sont, j’ai envie d’y aller, de les aider », confie l’une. Mais comment aider quand on est soi-même en quête de sécurité ?

Lecture satirique

Ce dialogue entre ces deux femmes est un miroir des discours politiques déconnectés du réel. Les promesses de paix et de prospérité se heurtent à la dure réalité d’un Liban qui saigne. Les dirigeants, en quête de légitimité, semblent plus préoccupés par leurs propres intérêts que par le bien-être de leur peuple. Une situation qui rappelle les dérives autoritaires ailleurs dans le monde, où les promesses de sécurité se traduisent souvent par des politiques répressives.

Effet miroir international

Les politiques autoritaires, qu’elles soient aux États-Unis ou en Russie, trouvent un écho dans cette situation. Les discours de sécurité nationale, souvent utilisés pour justifier des actions répressives, résonnent étrangement avec la réalité libanaise. La sécurité des uns est souvent acquise au détriment des droits des autres.

À quoi s’attendre

Les tendances actuelles laissent entrevoir un avenir incertain. Les tensions régionales pourraient s’intensifier, et avec elles, les angoisses des expatriés libanais. La question demeure : jusqu’où cette diaspora pourra-t-elle supporter le poids de l’inquiétude pour son pays d’origine tout en essayant de bâtir une vie ailleurs ?

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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