De plus en plus de pèlerins sud-coréens empruntent le chemin de Compostelle, attirés par cet itinéraire de 800 kilomètres qui mène à Santiago de Compostelle, en Espagne. Les chiffres sont éloquents : en 2024, près de 9 500 Coréens ont validé leur parcours dans cette ville, marquant une progression impressionnante depuis les 18 pèlerins recensés en 2004. Mais pourquoi un tel engouement pour ce chemin sacré, loin de leur pays ?

Une évolution marquée par la culture et la spiritualité
Comme l’explique le Diario de Santiago, cet intérêt croissant des Sud-Coréens pour le chemin de Compostelle peut s’expliquer par un mélange de spiritualité, d’influences culturelles et de l’engouement pour le hiking. En effet, avec environ 10 % de la population sud-coréenne se déclarant catholique, le chemin est perçu comme un pèlerinage d’une grande profondeur spirituelle. Cette tradition résonne particulièrement dans un contexte où la marche et le trekking sont des activités de plein air appréciées dans ce pays.
Les catalyseurs du phénomène
Deux événements marquants ont catalysé cette tendance. D’abord, en 2006, la sortie du livre Le Voyage d’une femme seule de Kim Nam Hee, dans lequel l’autrice partage son expérience sur le chemin de Compostelle, a suscité un vif intérêt parmi les lecteurs. Puis, en 2018, la diffusion d’une télé-réalité par le groupe de K-pop God, montrant les membres du groupe parcourant cet itinéraire, a intensifié l’engouement. La même dynamique s’est reproduite en 2019 avec la télé-réalité Korean Hostel in Spain, qui a ravi le public en documentant la vie d’une auberge pour pèlerins.
Une évasion face aux contraintes de la vie moderne
Ce regain d’intérêt pour le chemin de Compostelle est aussi une réponse à un quotidien souvent stressant en Corée du Sud. Le Diario de Santiago souligne que le stress intense en milieu scolaire et professionnel pousse de nombreux Coréens à rechercher des moments d’évasion. C’est le cas de Kurum, une influenceuse qui a trouvé dans son parcours un moyen de surmonter des épreuves personnelles tout en apprenant à apprécier le moment présent.
Un élan qui inspire des initiatives locales
Fort de son succès, le chemin de Compostelle a inspiré des projets similaires en Corée du Sud. Dès 2006, Suh Myung-sook a créé un itinéraire sur son île de Jeju, dont la popularité a conduit à l’octroi de certificats pour ceux qui complètent les 437 kilomètres. Plus récemment, le Dongseo Trail, s’étendant à travers le pays, a été comparé au chemin de Compostelle, attirant l’attention des randonneurs et des passionnés de pèlerinage.
Face à cette dynamique, la Corée du Sud semble adopter une nouvelle culture du pèlerinage, fusionnant tradition, spiritualité et aventures contemporaines.
Source : Courrier international – Actualités France et Monde, vidéos, infographies (www.courrierinternational.com)
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