Les ventes de voitures électriques neuves proposées à moins de 25 000 euros pourraient être sept fois plus importantes dans l’Union européenne en 2026 qu’en 2024. Cette projection de Transport & Environment (T&E), publiée le 5 octobre, s’inscrit dans un marché où les immatriculations électriques progressent et où les modèles d’entrée de gamme se multiplient. L’ONG met aussi en garde contre un possible ralentissement si les objectifs européens d’émissions de CO₂ sont assouplis.
Les immatriculations électriques progressent en Europe
Entre janvier et août 2026, 1,64 million de voitures électriques à batterie ont été immatriculées dans l’UE, selon l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA). C’est 45 % de plus qu’au cours des huit premiers mois de 2025. Leur part de marché atteint 21,7 %, contre 15,8 % un an auparavant, et dépasse d’environ 6 600 unités celle des voitures à essence. L’ACEA a publié ces chiffres en septembre.
La hausse des carburants constitue un autre facteur susceptible de peser dans les choix des automobilistes. T&E estime qu’à l’échelle européenne, le prix du diesel a augmenté de 38 % depuis le début du conflit évoqué dans son rapport. Selon l’organisation, un plein de 50 litres coûte ainsi 30 euros de plus qu’avant la guerre. Elle évalue à 53 milliards d’euros le surcoût cumulé pour les automobilistes européens, dont 40 milliards liés au gazole.
L’ONG compare également les coûts d’utilisation : d’après ses calculs, une voiture électrique rechargée à domicile revient deux fois moins cher à l’usage qu’un modèle thermique. Un conducteur passé à l’électrique au début de la crise aurait économisé environ 350 euros à la mi-septembre, selon T&E. Ces estimations dépendent toutefois des conditions de recharge et des prix de l’énergie.
Une offre abordable qui s’élargit
La progression attendue ne repose pas uniquement sur le coût des carburants. Au premier semestre 2026, près de 40 nouveaux modèles électriques sont arrivés sur le marché européen. T&E en prévoit une soixantaine pour l’ensemble de l’année, alors que la moyenne annuelle s’établissait autour de 15 entre 2021 et 2025.
D’ici à la fin de 2026, 16 modèles électriques devraient être proposés à moins de 25 000 euros, soit deux fois plus qu’en 2025. Quatre d’entre eux seraient affichés sous les 20 000 euros. L’écart avec le thermique reste néanmoins important : dans la tranche de 20 000 à 25 000 euros, les modèles essence ou diesel sont encore 4,4 fois plus nombreux que les électriques, selon le rapport.
Parmi les exemples cités figure la Volkswagen ID. Polo, dont le prix de départ est annoncé à 24 995 euros. La Renault 5 est, elle aussi, proposée sous les 25 000 euros dans sa version Five. T&E estime qu’une dizaine de modèles électriques pourraient être disponibles à moins de 20 000 euros en 2028, contre une vingtaine de modèles thermiques actuellement. Ces projections ne signifient pas que l’ensemble de ces véhicules sera accessible au même prix dans tous les pays ou toutes les configurations.
Le rôle des normes européennes en question
T&E attribue une partie de l’arrivée de ces modèles aux objectifs européens de CO₂ imposés aux constructeurs. Ceux-ci doivent respecter une moyenne d’émissions pour les voitures neuves vendues et s’exposent à des sanctions en cas de dépassement. Pour l’ONG, les exigences calculées sur la période 2025-2027 incitent les marques à vendre davantage de voitures électriques, notamment des modèles moins chers. À mi-parcours, les constructeurs auraient déjà comblé 75 % de l’écart les séparant de leur objectif, selon son analyse.
Le rapport défend le maintien des objectifs pour 2030 et 2035. Selon les scénarios de T&E, un assouplissement limiterait la part des voitures électriques à 22 % des ventes en 2030, contre 47 % avec la proposition de la Commission européenne. Les ventes de modèles à moins de 25 000 euros diminueraient alors de près des trois quarts, toujours selon les projections de l’ONG. Ces chiffres sont des estimations de T&E, et non des résultats déjà constatés.
Source : Environnement : les articles et enquêtes de la rédaction de Numerama (www.numerama.com)
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Auteur : Robin San Vicente







