Vers la fin des années 2000, Eric (les personnes désignées par leur seul prénom ont demandé que celui-ci soit changé) est étudiant en deuxième année d’école d’art, à Paris. Un jour, il descend fumer une cigarette lors d’une pause. Une camarade de classe le rejoint et lui lâche en riant : « Eric, c’est vrai que les Asiatiques en ont une petite ? » Blessé, il lui répond avec virulence. Sa camarade rigole, et les deux amis changent de sujet. Aujourd’hui âgé de 40 ans, Eric revient sur cet échange. « J’étais sur la défensive. Comme je suis asiatique, je l’ai pris comme une attaque contre moi, et je me suis dit : finalement, peut-être que cette légende urbaine est fondée, que je fais partie d’une catégorie de gens nés inaptes. »

Pierre, chef de projet parisien de 31 ans, découvre l’existence de ce cliché raciste au collège, dans la cour de récréation, sous la forme d’une « moquerie ». « C’était dans un contexte de compétitivité masculine. Un pote voulait me dévaloriser en présence de filles. Je ne me souviens pas de la phrase exacte, j’ai un vrai black-out sur les mots qui ont été prononcés, mais c’était très cru. » La taille du pénis n’est pas le seul a priori formulé par ses camarades. « C’était un tout. On plaquait sur moi l’image du gentil Asiatique émasculé. J’étais l’ami, la personne à l’écoute. Mais je ne pouvais pas être le petit copain, l’amoureux. »

Cet ensemble de préjugés racistes a été véhiculé par des colons français en Asie de l’Est et du Sud-Est à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, rappelle Simeng Wang, sociologue, chargée de recherche au CNRS. « Dans l’imaginaire français, la dévalorisation de la sexualité des hommes asiatiques a surtout pris forme avec la colonisation de l’Indochine. » Pascal Blanchard, historien spécialiste de la colonisation, précise que « l’on retrouve cette vision de l’homme asiatique infériorisé dans à peu près toutes les grandes nations occidentales colonisatrices ». Il poursuit : « Toute gloire de masculinité leur a été retirée, à la fois en tant que combattants et en tant qu’amants de leurs propres épouses. »

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Les stéréotypes racistes : un héritage colonial qui perdure

Des blagues douteuses sur la taille du pénis aux préjugés racistes, la France continue de porter le poids d’un héritage colonial dégradant.

Vers la fin des années 2000, Eric, étudiant en art à Paris, se retrouve confronté à une blague qui, sous couvert de camaraderie, révèle des préjugés profondément ancrés. Une camarade lui lance, en riant : « Eric, c’est vrai que les Asiatiques en ont une petite ? » Blessé, il réagit avec virulence, mais la légèreté de son interlocutrice ne fait qu’accentuer la douleur de l’attaque. Aujourd’hui âgé de 40 ans, Eric se remémore cet échange avec amertume : « J’étais sur la défensive. Comme je suis asiatique, je l’ai pris comme une attaque contre moi, et je me suis dit : finalement, peut-être que cette légende urbaine est fondée. »

Ce qui se passe réellement

Pierre, un chef de projet parisien de 31 ans, a également été victime de ces stéréotypes au collège. Dans un contexte de compétitivité masculine, un camarade a voulu le rabaisser devant des filles, lui infligeant une « moquerie » qui l’a marqué. « C’était très cru. » Au-delà de la taille du pénis, il se sentait enfermé dans l’image du gentil Asiatique émasculé, incapable d’être l’amoureux idéal.

Ces préjugés ne sont pas le fruit du hasard. Ils sont le résultat d’un héritage colonial, comme l’explique Simeng Wang, sociologue au CNRS : « La dévalorisation de la sexualité des hommes asiatiques a surtout pris forme avec la colonisation de l’Indochine. » Pascal Blanchard, historien, ajoute que cette vision infériorisante est partagée par toutes les grandes nations colonisatrices. « Toute gloire de masculinité leur a été retirée, à la fois en tant que combattants et en tant qu’amants. »

Pourquoi cela dérange

Ces stéréotypes ne sont pas de simples blagues. Ils sont le reflet d’une société qui continue de véhiculer des images dégradantes, renforçant des inégalités et des discriminations. La moquerie d’un camarade de classe peut sembler anodine, mais elle s’inscrit dans un cadre plus large où les hommes asiatiques sont souvent perçus comme des êtres inférieurs, incapables de se défendre ou de revendiquer leur place dans la société.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de ces préjugés sont multiples. Ils affectent non seulement l’estime de soi des individus concernés, mais aussi leur intégration sociale et professionnelle. La stigmatisation peut mener à des discriminations dans le milieu du travail, où les préjugés racistes continuent de sévir.

Lecture satirique

Il est ironique de constater que, dans une société qui se veut progressiste, des discours politiques continuent de promouvoir des stéréotypes archaïques. Les promesses d’égalité et de respect se heurtent à la réalité des préjugés, laissant les victimes de ces clichés dans l’ombre. On pourrait presque croire que ces discours sont plus intéressés par le spectacle que par la vérité.

Effet miroir international

À l’échelle internationale, ces stéréotypes trouvent un écho dans des politiques autoritaires qui cherchent à diviser et à stigmatiser. Des pays comme les États-Unis ou la Russie, où les discours xénophobes et racistes se multiplient, montrent que la lutte contre les préjugés est un combat global. Les dérives autoritaires ne sont jamais très loin, et il est crucial de rester vigilant.

À quoi s’attendre

À l’avenir, il est probable que ces stéréotypes persistent tant que les discours politiques ne seront pas accompagnés d’actions concrètes. La lutte contre le racisme et les préjugés doit être une priorité, non seulement pour les individus concernés, mais pour l’ensemble de la société.

Sources

Source : www.lemonde.fr

Les stéréotypes racistes sur la taille du pénis : « On plaquait sur moi l’image du gentil Asiatique émasculé »
Visuel — Source : www.lemonde.fr
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