Des seniors recherchent la chaîne YouTube du Smart Senior Center de Bucheon, où ils peuvent visionner les enregistrements des programmes quotidiens. Corée du Sud, le 23 mars 2026.

En ce début d’après-midi, deux octogénaires jouent aux cartes… sur un écran tactile, autour d’une table connectée. Nous sommes dans un « Smart Senior Center », un centre spécialement conçu pour initier les personnes âgées aux technologies numériques. Autour de la happy table, les seniors peuvent aussi regarder des vidéos interactives de gymnastique, et suivre les instructions pas à pas. « Ils ont d’abord eu beaucoup de mal avec ces écrans tactiles, mais ce n’est plus le cas après avoir répété les explications plusieurs fois ! », confie Hong Jun-ui, le responsable du centre, lui-même âgé de 82 ans. « C’est devenu confortable, très facile à utiliser », confirme, enthousiaste, l’un des joueurs.

Ce centre de l’arrondissement de Gwanak, dans le sud de Séoul, fait partie des 5 377 centres de ce type que la Corée du Sud a comptés en 2025. Les Smart Senior Centers sont nés en 2021 d’une initiative gouvernementale pilotée par le ministère de la science et des technologies de l’information et de la communication ; 795 milliards de wons sud-coréens (457 millions d’euros) leur ont été alloués, dont 15,5 milliards en 2026 pour construire de nouveaux centres, selon les besoins des villes et des provinces.

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Les Seniors Sud-Coréens : Des Technophiles en Herbe ou des Cobayes d’une Politique Numérique ?

Dans un monde où les octogénaires apprennent à swiper, la Corée du Sud se targue d’un progrès technologique… qui soulève plus de questions qu’il n’en résout.

En ce début d’après-midi, deux octogénaires jouent aux cartes… sur un écran tactile, autour d’une table connectée. Bienvenue dans un « Smart Senior Center », un lieu où l’on initie nos aînés aux joies du numérique. Mais derrière cette façade technologique se cache une réalité plus complexe. Hong Jun-ui, le responsable du centre, lui-même âgé de 82 ans, se félicite : « Ils ont d’abord eu beaucoup de mal avec ces écrans tactiles, mais ce n’est plus le cas après avoir répété les explications plusieurs fois ! » Une belle promesse de confort, mais à quel prix ?

Ce qui se passe réellement

Ce centre de l’arrondissement de Gwanak, dans le sud de Séoul, fait partie des 5 377 centres de ce type que la Corée du Sud a comptés en 2025. Les Smart Senior Centers, nés en 2021 d’une initiative gouvernementale, ont reçu 795 milliards de wons sud-coréens (457 millions d’euros) pour leur développement. En 2026, 15,5 milliards supplémentaires sont prévus pour construire de nouveaux centres, selon les besoins des villes et des provinces. Mais ces chiffres cachent-ils une réalité plus inquiétante ?

Pourquoi cela dérange

La question qui se pose est : ces centres sont-ils vraiment là pour le bien-être des seniors ou pour faire briller un bilan politique ? Loin de la promesse d’un accompagnement chaleureux, on pourrait y voir une forme de contrôle social, où les aînés deviennent des cobayes d’une technologie qui les dépasse. Après tout, apprendre à utiliser un écran tactile ne remplace pas une vraie interaction humaine.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette initiative sont doubles. D’un côté, on offre aux seniors une chance de rester connectés dans un monde de plus en plus numérique. De l’autre, on les expose à un environnement technologique qui pourrait les isoler davantage, en les rendant dépendants d’un système qu’ils ne maîtrisent pas entièrement.

Lecture satirique

Ironiquement, alors que la Corée du Sud se positionne comme un modèle de modernité, elle semble oublier que la technologie ne remplace pas les relations humaines. Les promesses de confort et de facilité d’utilisation se heurtent à la réalité d’un monde où les seniors sont souvent laissés pour compte, devenant des spectateurs de leur propre vie numérique.

Effet miroir international

À l’échelle mondiale, cette situation rappelle les dérives autoritaires où les gouvernements utilisent la technologie pour surveiller et contrôler. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, les politiques ultraconservatrices exploitent le numérique pour renforcer leur emprise sur la population. La Corée du Sud, en cherchant à moderniser ses seniors, pourrait bien emprunter un chemin similaire, où le progrès rime avec contrôle.

À quoi s’attendre

À l’avenir, il est probable que ces centres continuent d’évoluer, mais avec quel impact sur la vie des seniors ? La promesse d’un monde connecté pourrait se transformer en un piège numérique, où les aînés sont à la fois acteurs et victimes d’une société qui valorise la technologie au détriment des relations humaines.

Sources

Source : www.lemonde.fr

En Corée du Sud, des centres publics apprennent aux seniors comment apprivoiser les nouvelles technologies
Visuel — Source : www.lemonde.fr
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