Les nouvelles mères face à une pression sociale accrue en période de crise
Mise à jour le 2026-01-25 15:30:00 : Une étude de l’Université Concordia révèle que les mères ressentent une pression immense pour élever leurs enfants dans un monde en crise.
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Des changements climatiques aux inégalités sociales, les mères subissent aujourd’hui une pression monstre pour résoudre les crises à travers l’éducation de leurs enfants. C’est ce que révèle une nouvelle étude de l’Université Concordia publiée plus tôt ce mois-ci.
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Au fil des entrevues menées avec 33 nouvelles mères, de 2016 à 2018, les chercheuses de l’université montréalaise ont été surprises : toutes les participantes parlaient des crises sociales. Et ce, sans qu’on leur pose directement la question.
Du mouvement #metoo aux allégations d’abus policiers contre des femmes autochtones à Val-d’Or, de la crise climatique à la Commission de vérité et réconciliation, plusieurs enjeux animaient alors l’espace public. Mais ces nouvelles mères ne faisaient pas que suivre l’actualité. Elles prévoyaient aussi comment élever leur enfant à naître pour les protéger de ces troubles, ou contribuer à les résoudre.
Plusieurs parlaient d’inégalités de genre, de racisme ou de crise climatique, explique en entrevue une des autrices de la recherche, Shannon Hebblethwaite. Par exemple, la mère d’un bébé noir disait être heureuse que son entourage trouve son enfant mignon. « Mais que se passera-t-il quand il sera un ado portant un capuchon dans un parc, et qu’il va devenir une menace ? », se questionnait-elle dans l’étude publiée le 14 janvier dans le Journal of Gender Studies.
Consultez l’étude publiée dans le Journal of Gender Studies (en anglais)
D’autres mères prenaient à bras-le-corps la lutte contre les changements climatiques : pas de voyage en avion, questionnement sur les couches lavables, régime végane. « Avoir un enfant est un désastre pour l’environnement », déplorait l’une des participantes lors d’un entretien.
« C’était très touchant, même poignant », témoigne Mme Hebblethwaite, professeure au département des sciences humaines appliquées à Concordia.
Maintenant, les mères ne doivent plus juste élever de bons enfants, gentils et empathiques, mais elles doivent aussi s’attaquer à ces immenses problèmes sociaux, qui ne sont pas si faciles à résoudre, n’est-ce pas ?
Shannon Hebblethwaite, professeure au département des sciences humaines appliquées à Concordia
Crises multiples, poids individuel
Les mères peuvent certes se sentir empuissancées (en anglais : empowered) de prendre à bras-le-corps ces enjeux sociaux, reconnaît Mme Hebblethwaite. Plusieurs groupes revendiquent leur identité maternelle en ce sens, le plus connu au Québec étant le mouvement Mères au front. Mais il y a une tension ici, détaille la chercheuse. Celle d’ajouter un nouveau poids sur la maternité.
Un résultat de l’approche politique actuelle, argumentent les chercheuses. « Les cadres politiques en place s’alignent sur une approche néolibérale de la gouvernance qui évite d’aborder les questions structurelles », explique Stephanie Paterson, autrice principale et professeure au département de science politique, par communiqué. « La responsabilité de ces questions a été transférée aux individus. À plus petite échelle, les mères sont encore généralement considérées comme les principales responsables de la société. »
Qui plus est, la maternité est aussi politique, estiment les chercheuses. Elle fait l’objet d’interventions de l’État, des experts et des groupes communautaires. Et aujourd’hui, la « maternité intensive » est primée, détaille Mme Hebblethwaite.
« C’est l’idée que la maternité devrait être ton identité la plus centrale et profonde, et que tu dois consacrer une quantité exorbitante de temps, d’énergie et de ressources à ton enfant », décrit-elle.
De nos jours, les messages véhiculés et l’anxiété ambiante poussent les « bonnes mères » à se sentir responsables non seulement de leurs enfants, mais aussi de toute la société, conclut-elle. « Elles ont vraiment internalisé ça », tranche la chercheuse.
Bonne nouvelle : il y a d’autres modèles possibles, notamment dans des sociétés plus collectivistes, comme les pays scandinaves ou le Japon, selon Mme Hebblethwaite. « Dans ces pays, il y a un soutien beaucoup plus substantiel de la part du gouvernement et des organismes en matière de soins aux enfants et aux adultes vieillissants, soutient-elle. Ou, comme au Japon, les communautés sont là pour se soutenir mutuellement et être plus fortes, en fin de compte. »
En d’autres mots, les mères ne devraient pas porter le monde sur leurs épaules, comprenons-nous à la lecture de l’analyse. C’est plutôt le monde qui devrait aider les mères à porter leurs enfants. Surtout en temps de crise.
Ce qu’il faut savoir
- Le fait : Les mères ressentent une pression accrue pour élever leurs enfants face aux crises sociales.
- Qui est concerné : Les nouvelles mères et leurs enfants.
- Quand : Étude menée entre 2016 et 2018.
- Où : Université Concordia, Montréal, Canada.
Sources
Source : Journal of Gender Studies

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Date : 2026-01-25 15:30:00 — Site : www.lapresse.ca
Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets
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Publié le : 2026-01-25 15:30:00 — Slug : etude-la-pression-sur-les-meres-saccentue-en-temps-de-crise
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