Les militaires dans les gares : une « montée en puissance » qui sent le sapin

La Belgique renforce sa sécurité avec des patrouilles mixtes, mais qui protège réellement qui ?

Dans un élan de bravoure, le ministre de l’Intérieur a annoncé que les militaires allaient patrouiller dans les gares et stations de métro de Bruxelles. Une initiative qui, selon lui, vise à « montrer et démontrer » que l’on travaille à la sécurité de tous. Mais à qui profite vraiment ce déploiement militaire ?

Ce qui se passe réellement

Il y aura ensuite « une montée en puissance au fur et à mesure de la mise en place du système », précise le ministre. « Dans un premier temps », c’est toujours la police qui a la compétence d’effectuer par exemple un contrôle d’identité. Les militaires agiront « en soutien », en grossissant la patrouille, en protégeant les policiers qui sont en action. Les patrouilles mixtes sont « sous l’autorité de la police ».

« On travaille pour le moment sur base d’un protocole pour Anvers et un protocole pour Bruxelles, en plus de l’article 111 de la loi sur la police intégrée, qui a permis de placer des militaires en protection statique dans certains lieux, comme ceux de la communauté juive« , indique le ministre sur le plateau de Bel RTL. Parallèlement, « on travaille à un nouveau codex », qui doit préciser de quelle manière les militaires pourraient intervenir à l’avenir. Si tout va bien, ce nouveau texte légal fera en sorte qu’on ne doive « plus travailler sur base de protocoles », ajoute-t-il. C’est sur base de ce futur codex que le déploiement de militaires devrait se faire, le cas échéant, dans d’autres villes, estime Bernard Quintin.

La Défense renforce sa présence dans tout le pays au travers de son nouveau Plan quartiers

Sur l’antenne de BX1, le ministre de l’Intérieur a précisé que ces premiers militaires engagés à Bruxelles dans des patrouilles mixtes sont là « pour 6 mois. On évaluera ensuite la situation. » Le champ d’action des patrouilles mixtes est celui de la police des chemins de fer: « les gares, les voies et les stations de métro », a-t-il ajouté.

L’objectif est « d’avoir du bleu et du kaki dans les gares et stations de métro »: « ce sont des foyers d’insécurité et des lieux de grand passage. Nous allons y montrer et démontrer que l’on travaille à la sécurité de tous nos citoyens et de ceux qui viennent visiter notre pays ».

Pourquoi cela dérange

Ce déploiement militaire, présenté comme une réponse à l’insécurité, soulève des questions. Pourquoi les militaires, si ce n’est pour donner l’illusion d’une sécurité accrue ? La police, déjà en place, n’est-elle pas suffisante ? Et que dire de cette « montée en puissance » qui ressemble plus à une escalade de la militarisation des espaces publics qu’à une réelle solution aux problèmes de sécurité ?

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences directes de cette décision sont multiples. D’abord, une militarisation accrue des espaces publics, qui pourrait créer un climat de méfiance parmi les citoyens. Ensuite, une confusion des rôles entre police et armée, qui pourrait mener à des abus de pouvoir. Enfin, une évaluation de la situation après six mois : une promesse qui semble plus être une manière de temporiser qu’une réelle volonté d’améliorer la sécurité.

Lecture satirique

Ah, la sécurité ! Ce mot magique qui justifie toutes les dérives. Les militaires dans les gares, c’est un peu comme mettre un pansement sur une jambe de bois. On nous promet une sécurité renforcée, mais on oublie que la présence militaire ne résout pas les problèmes de fond. Entre promesses et réalité, il y a un fossé que même les patrouilles mixtes ne pourront combler.

Effet miroir international

En regardant au-delà de nos frontières, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec d’autres pays où la militarisation des forces de l’ordre est devenue la norme. Aux États-Unis, par exemple, la police militarisée est devenue un symbole de l’autoritarisme. Est-ce là la direction que nous prenons ?

À quoi s’attendre

À court terme, nous pouvons nous attendre à une présence militaire accrue dans les rues. À long terme, si cette tendance se poursuit, nous risquons de voir une normalisation de la militarisation dans notre quotidien. Une perspective qui devrait nous inquiéter.

Sources

Source : www.lalibre.be

Visuel — Source : www.lalibre.be
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire