C’est la triste marque du changement climatique qui frappe l’Antarctique. Le manchot empereur fait désormais partie des espèces « en danger », selon la nouvelle liste de référence établie par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). « Ces conclusions devraient nous inciter à agir dans tous les secteurs et à tous les niveaux de la société pour lutter de manière résolue contre le changement climatique », a commenté la Dr Grethel Aguilar, directrice générale de l’organisation, dans un communiqué publié ce jeudi 9 avril.

La population de manchots empereurs sera divisée par deux d’ici les années 2080 en raison du réchauffement qui fait reculer la banquise, selon l’UICN, qui regroupe gouvernements, ONG et scientifiques. « C’est une espèce très associée à la banquise et à la glace de mer. Or, depuis 2016-2017, il y a une forte diminution de l’étendue de banquise autour de l’Antarctique de manière assez globale et donc sans glace de mer, elle va avoir des grosses difficultés à survivre », explique à l’AFP Christophe Barbraud, chercheur au CNRS.

L’animal passe du statut d’espèce « quasi menacée » à « en danger » sur la liste rouge de l’UICN, l’inventaire mondial de référence sur l’état de conservation des espèces végétales et animales. L’otarie de Kerguelen a également rejoint cette catégorie, alors qu’elle était jusqu’à présent considérée à « préoccupation mineure ». « Après une évaluation attentive de différentes menaces potentielles, nous avons conclu que le changement climatique d’origine humaine représente la menace la plus significative pour les manchots empereur », a expliqué Philip Trathan, membre du groupe de spécialistes qui a travaillé sur la nouvelle évaluation de l’UICN.

La fonte de la banquise particulièrement dangereuse pour les poussins

C’est « une espèce sentinelle qui nous parle de notre monde qui change et de la manière dont nous contrôlons les émissions de gaz à effet de serre qui conduisent au changement climatique », a-t-il ajouté, cité dans un communiqué. « Des modélisations de population prenant en compte de larges fourchettes de scénarios climatiques futurs montrent que, sans réduction abrupte et drastique des émissions de gaz à effet de serre, les populations de manchots empereur vont rapidement décliner au cours de ce siècle », explique l’UICN.

Ces oiseaux se nourrissent d’espèces (poissons, calamars, krill, etc.) qui dépendent de la glace et se raréfient actuellement. La fragmentation et la disparition de la banquise menacent aussi la reproduction de ces gros manchots, popularisés par le succès du film La Marche de l’Empereur, qui privilégient ce terrain plat et stable pour incuber les œufs en les tenant au chaud entre leurs pattes. Les poussins sont ensuite élevés jusqu’à ce qu’ils développent des plumes imperméables. Mais si la glace fond trop tôt sous leurs petites pattes, ils risquent de se noyer et de geler.

« Des colonies commencent à se relocaliser » et « ne vont pas forcément se reproduire sur la glace de mer mais vont monter sur la partie du continent antarctique qui est juste derrière », observe Christophe Barbraud. « Mais les changements de glace de mer et le changement climatique sont extrêmement rapides actuellement. Et notre crainte, c’est que cette espèce n’ait pas un temps suffisamment long pour pouvoir s’adapter », souligne le chercheur.

Les États appelés à agir pour limiter le réchauffement mondial

« Ce qui est assez unique, c’est la vitesse de changement », insiste Christophe Barbraud. Ce constat est partagé par Martin Harper, directeur général de BirdLife International, une ONG qui a travaillé sur le dossier des manchots empereurs. « [Leur] reclassement […] constitue un avertissement sans équivoque : le changement climatique accélère la crise de l’extinction sous nos yeux », écrit-il dans le communiqué de l’UICN, appelant « les gouvernements [à] agir dès maintenant pour décarboner d’urgence nos économies ».

« Le sort de ces magnifiques oiseaux est entre nos mains », a abondé dans un communiqué Rod Downie, du Fonds mondial pour la nature (WWF). « Une action urgente est nécessaire pour limiter la hausse des températures moyennes aussi proche que possible de 1,5 °C, pour protéger les eaux grouillant de vie qui entourent l’Antarctique et pour désigner le manchot empereur comme espèce spécialement protégée cette année à la réunion du Traité sur l’Antarctique », qui regroupe les pays qui s’intéressent au continent austral, a-t-il ajouté.

L’otarie de Kerguelen a pour sa part vu sa population divisée par plus de deux depuis 1999, également sous l’effet du changement climatique qui a réduit son accès à la nourriture. La hausse des températures de l’océan pousse en effet le krill (de minuscules crustacés) en profondeur à la recherche d’eaux plus froides, hors de sa portée. Cette espèce, également appelée otarie à fourrure antarctique, est aussi menacée par la prédation des orques ou des phoques-léopard.

L’éléphant de mer austral est, lui, désormais considéré comme « vulnérable » par l’UICN, alors qu’il était jusqu’ici une simple « préoccupation mineure ». Cette aggravation est la conséquence du développement d’une maladie contagieuse – la grippe aviaire hautement pathogène – qui a décimé les populations.

Les manchots empereurs : victimes d’un changement climatique… et d’un changement de discours

Le manchot empereur, désormais classé « en danger », est le symbole tragique d’un monde qui fond sous nos yeux, tandis que les promesses politiques se transforment en glaces éphémères.

Alors que le manchot empereur fait son entrée dans la liste des espèces « en danger » établie par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), on ne peut s’empêcher de sourire, ou plutôt de pleurer, face à l’ironie de la situation. Ce majestueux oiseau, qui a longtemps été le roi des glaces, se retrouve aujourd’hui sur le banc des accusés, avec le changement climatique comme principal coupable. Mais qui, parmi nos dirigeants, a vraiment pris la mesure de cette tragédie ?

Ce qui se passe réellement

Le manchot empereur, autrefois « quasi menacé », est désormais officiellement « en danger ». Selon l’UICN, la population de ces oiseaux pourrait être divisée par deux d’ici 2080, en raison du réchauffement climatique qui fait reculer la banquise. Christophe Barbraud, chercheur au CNRS, souligne que sans glace de mer, ces manchots auront « de grosses difficultés à survivre ». En d’autres termes, leur avenir est aussi incertain que les promesses des politiciens qui prétendent agir contre le changement climatique.

La fonte de la banquise menace non seulement leur survie, mais aussi celle de leurs poussins, qui risquent de se noyer ou de geler si la glace fond trop tôt. Les colonies commencent à se relocaliser, mais face à la rapidité des changements climatiques, il est légitime de se demander si ces oiseaux auront le temps de s’adapter.

Pourquoi cela dérange

Ce qui est particulièrement dérangeant, c’est la contradiction flagrante entre les discours politiques et la réalité. Les gouvernements, qui se vantent de leur engagement pour l’environnement, semblent plus préoccupés par leur image que par des actions concrètes. Les appels à agir de la Dr Grethel Aguilar, directrice générale de l’UICN, sont souvent noyés dans un océan de promesses creuses.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette inaction sont directes et alarmantes. La disparition des manchots empereurs pourrait entraîner un déséquilibre dans l’écosystème marin, affectant ainsi d’autres espèces qui dépendent de la banquise. En d’autres termes, la crise des manchots est un avertissement pour l’ensemble de la planète.

Lecture satirique

Il est presque comique de voir des dirigeants se pavaner lors de sommets climatiques, tout en sachant que leurs décisions sont aussi solides qu’un glaçon au soleil. Les promesses de décarbonation sont souvent suivies de décisions qui favorisent l’exploitation des ressources. Comme si l’on pouvait continuer à pêcher dans un océan de promesses tout en ignorant la réalité des vagues de chaleur qui s’annoncent.

Effet miroir international

À l’échelle mondiale, cette situation rappelle les dérives autoritaires où les discours sont souvent déconnectés des réalités. Les États-Unis, la Russie et d’autres pays semblent parfois plus préoccupés par leur pouvoir que par la survie de leurs écosystèmes. Les manchots empereurs, en tant qu’espèce sentinelle, nous rappellent que la lutte pour la survie est aussi une lutte pour la vérité.

À quoi s’attendre

Si les tendances actuelles se poursuivent, nous pouvons nous attendre à une aggravation de la situation. Les scientifiques préviennent que sans une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre, les populations de manchots empereurs continueront de décliner. La question est : combien de temps encore avant que les promesses ne se transforment en actions concrètes ?

Sources

Source : www.huffingtonpost.fr

Le manchot empereur est désormais classé « en danger » et cela dit tout du réchauffement climatique
Visuel — Source : www.huffingtonpost.fr
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