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Économie

Les exportations de pétrole du Moyen-Orient repartent, mais les prix restent élevés en raison des tensions géopolitiques.

Les exportations de pétrole brut et de condensats du Moyen-Orient ont récemment atteint des niveaux similaires à ceux d’avant le conflit en cours. Dans un contexte où les prix de l’énergie pourraient donc anticiper une baisse, le cours du baril demeure obstinément supérieur à 100 dollars, affichant même une tendance à la hausse depuis début octobre. Pourquoi un tel décalage entre l’offre et le prix ?

A large cargo ship loaded with colorful containers docked at Le Havre, France.
Jean-François Poivey · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Une reprise de l’offre en trompe-l’œil

Paris comique sous le second Empire.png
Own work · CC0 · Source : commons.wikimedia.org

Selon l’analyse de Kpler, environ 5 millions de barils par jour de production de pétrole brut et de condensats du Moyen-Orient sont encore à l’arrêt, en grande partie en raison des restrictions imposées à l’Iran. Johannes Rauball, analyste chez Kpler, souligne que malgré la reprise récente des exportations, celle-ci pourrait être temporaire en raison de ces carences persistantes.

Les dynamiques des marchés pétroliers

Pour comprendre la situation actuelle, il est essentiel de considérer les deux marchés qui influencent les prix du pétrole : le marché physique, où s’effectuent les transactions réelles, et les marchés à terme, où se négocient les contrats de livraison future. Patrice Geoffron, professeur d’économie, rappelle que les prix du Brent reflètent non seulement l’équilibre entre production et consommation, mais aussi les anticipations concernant l’avenir de ce marché.
La guerre israélo-américaine contre l’Iran a exacerbé les inquiétudes autour de la sécurité des approvisionnements, notamment via le détroit d’Ormuz. Les craintes d’interruptions majeures dans l’approvisionnement ont propulsé le prix du baril au-delà de 100 dollars dès le début du conflit. Après une brève normalisation, les récents événements ont entraîné une nouvelle flambée des prix, atteignant 108 dollars le baril.

Facteurs modérateurs de la hausse

Plusieurs éléments ont néanmoins contribué à tempérer cette hausse des prix. Tout d’abord, les États-Unis ont vu leur production atteindre des niveaux record, rivalisant avec des pays comme l’Arabie saoudite et la Russie, ce qui a, en partie, permis de stabiliser l’offre. Par ailleurs, du côté de la demande, la Chine a réduit significativement ses importations, ce qui a diminué la concurrence sur le marché mondial. En outre, la mise en œuvre de nouvelles voies de transit, comme l’oléoduc Est-Ouest saoudien, a également facilité l’accès aux marchés en contournant le détroit d’Ormuz.

Les États du G7 ont annoncé leur intention de prélever jusqu’à 100 millions de barils de leurs réserves stratégiques, une mesure qui pourrait temporairement influer sur les prix. Toutefois, selon Patrick Criqui, cette démarche n’est pas une solution structurelle à long terme.

Des tensions persistantes sur le marché

Malgré la reprise des exportations de brut, la situation est critique pour les produits raffinés, dont les flux restent faibles et plus compliqués à exporter. Les exportations de gazole et de diesel ont chuté de 5,4 à 4,7 Mb/jour. L’Arabie Saoudite et la Russie ont fortement réduit leurs envois en raison de divers problèmes logistiques et de sécurité. Ce contexte a permis aux raffineurs d’augmenter considérablement leurs marges. Par exemple, TotalEnergies a rapporté une augmentation de 146 % de ses marges de raffinage au troisième trimestre 2026.

Perspectives d’évolution

Face à une demande ajustée par des prix en hausse et un ralentissement économique, une baisse globale de la demande mondiale de pétrole est attendue, estimée à 2,6 millions de barils par jour. À court terme, les chances d’une chute des prix semblent minces, comme l’indique Jérôme Sabathier, particulièrement en raison des incertitudes liées à des acteurs comme les Houthis, qui renforcent la tension autour de points stratégiques comme le détroit de Bab el-Mandeb. Cependant, les contrats à terme suggèrent une possible stabilisation à 80 dollars le baril, avec des anticipations de négociations de paix et une reprise de production effrénée.


Source : Alternatives économiques (www.alternatives-economiques.fr)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : Eva Moysan

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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