Justice à la carte : quand les juristes deviennent des pompiers du droit
Des juristes débarquent dans les palais de justice de l’Abitibi-Témiscamingue pour aider les citoyens perdus dans les méandres judiciaires. Une initiative louable, mais qui soulève des questions sur l’accès à la justice.
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Dans un monde où la justice semble souvent être un luxe réservé à ceux qui peuvent se l’offrir, l’Abitibi-Témiscamingue fait un pas en avant. Deux juristes du centre Info Justice d’Amos vont bientôt offrir un accompagnement gratuit aux personnes se présentant seules devant le tribunal. Une belle promesse, n’est-ce pas ? Mais derrière cette façade se cache une réalité bien plus sombre.
Ce qui se passe réellement
Les juristes, qui ne remplaceront pas les avocats, seront là pour aider les citoyens à comprendre les procédures et à remplir des documents. En effet, comme le souligne Me Denis Richard, directeur général par intérim, « il n’y a pas beaucoup d’avocats » dans la région, et encore moins qui acceptent des mandats d’aide juridique. Cela laisse de plus en plus de gens non représentés, se retrouvant face à un système judiciaire qu’ils ne connaissent pas.
« Quand on fait face au système judiciaire et qu’on n’est pas familier, ce n’est pas évident. »
Le service se concentre sur le droit familial et la protection de la jeunesse, où l’autoreprésentation est monnaie courante. En somme, ces juristes sont là pour éteindre des feux, comme des pompiers du droit, mais que se passe-t-il lorsque le feu est déjà trop grand ?
Pourquoi cela dérange
Cette initiative, bien qu’utile, met en lumière une pénurie alarmante d’avocats dans la région. Me Richard lui-même admet que le défi est de taille : « Mon plus grand défi pour l’instant, c’est de combler les postes en question. » En d’autres termes, on remplace une solution durable par un pansement temporaire. Qui a besoin de véritables avocats quand on peut avoir des juristes pour expliquer comment remplir des formulaires ?
Ce que cela implique concrètement
Avec seulement deux juristes pour couvrir l’ensemble des palais de justice en Abitibi-Témiscamingue et dans le Nord-du-Québec, les citoyens peuvent s’attendre à des horaires chaotiques et à un accès limité à ces services. Les juristes iront aux palais de justice de Val-d’Or, Rouyn-Noranda et Amos, mais les autres points de service seront visités « le plus possible ». Autrement dit, préparez-vous à faire la queue.
Lecture satirique
Cette situation soulève des questions sur l’efficacité des politiques publiques. On nous promet un accès à la justice, mais en réalité, on nous offre une solution de fortune. C’est un peu comme si on disait aux citoyens : « Ne vous inquiétez pas, nous avons des juristes pour vous aider à naviguer dans un système qui vous est déjà hostile. » Une belle ironie, n’est-ce pas ?
Effet miroir international
À l’échelle mondiale, cette situation rappelle les dérives autoritaires où l’accès à la justice est souvent un concept abstrait, réservé à une élite. Aux États-Unis, par exemple, les inégalités d’accès à la justice sont criantes, et l’Abitibi-Témiscamingue semble suivre le même chemin. Qui aurait cru que la justice pourrait devenir un luxe, même dans une région canadienne ?
À quoi s’attendre
Si cette initiative ne s’accompagne pas de véritables réformes pour attirer plus d’avocats dans la région, les citoyens risquent de continuer à naviguer dans un système judiciaire qui leur est défavorable. La promesse d’une justice accessible pourrait bien rester une chimère.

