Les émotions et la prise de décision : une découverte clé sur le cerveau

Mise à jour le 2026-01-13 15:50:00 : Des chercheurs ont révélé comment le cortex préfrontal dorso-médian influence nos choix en codant nos émotions.

Des chercheurs viennent de montrer (chez la souris) comment les neurones du cortex préfrontal dorso-médian encodent simultanément la valence (positive ou négative), la valeur (plus ou moins importante) et la saillance (plus ou moins susceptible d’attirer l’attention) des stimuli provoquant des émotions, guidant ainsi nos choix .

Le cortex préfrontal dorso-médian joue un rôle majeur dans nos prises de décisions. Pour la première fois, une équipe de recherche de l’Inserm et de l’université de Bordeaux en collaboration avec des chercheurs suisses, ont réussi à cartographier précisément son activité pour montrer comment les neurones de cette région du cerveau encodent simultanément la valence, la valeur et la saillance des stimuli provoquant des émotions, au point de motiver des comportements chez la souris. Leurs résultats ont été publiés dans la revue Nature le 7 janvier 2026.

Ce qu’il faut savoir

  • Le fait : Les neurones du cortex préfrontal dorso-médian encodent simultanément les émotions.
  • Qui est concerné : Les chercheurs en neurosciences et le grand public.
  • Quand : Résultats publiés le 7 janvier 2026.
  • Où : Étude réalisée en France et en Suisse.

Contexte

La prise de décision est un processus complexe qui mobilise un vaste réseau neuronal. Une expérience négative peut induire des comportements d’évitement, tandis qu’une expérience positive peut nous pousser à répéter des actions associées à une forme de récompense. Mais comment le cerveau transforme-t-il les informations qu’il reçoit de notre environnement en motivations guidant nos choix ?

C’est précisément cette question qu’a explorée une équipe de l’Inserm et de l’université de Bordeaux, en scrutant de près l’activité d’une région du cerveau clé dans les processus émotionnels et décisionnels : le cortex préfrontal dorso-médian.

« À l’image d’un chef d’orchestre, le cortex préfrontal dorso-médian reçoit des signaux de diverses régions du cerveau ayant des significations émotionnelles positives ou négatives, et coordonne l’activité des réseaux neuronaux pour produire des comportements adaptés à chaque situation. Mais la manière dont il traite et organise ces informations reste encore mal connue », explique Daniel Jercog, chercheur maintenant installé à l’université de Copenhague et dernier auteur de l’étude.

Pour y voir plus clair, les scientifiques ont enregistré l’activité du cortex préfrontal dorso-médian chez des souris grâce à de l’imagerie calcique à résolution cellulaire, une technique permettant de visualiser en temps réel l’activité des neurones au cours du comportement en détectant les variations de concentration de calcium, un indicateur clé de l’excitation neuronale.

Dans leur expérience, les souris apprenaient à reconnaître différents signaux sonores. Selon le signal, les souris devaient adopter un comportement adapté : s’approcher de la zone d’où provenait le son lorsqu’il annonçait une récompense, éviter la zone si le son était associé à un stimulus désagréable, ou ne rien faire lorsque le son n’avait pas de conséquence particulière.

Les scientifiques ont alors observé que les neurones du cortex préfrontal dorso-médian codaient principalement la valeur émotionnelle des stimuli générés par notre environnement, et que ces représentations de la valeur émotionnelle des stimuli engageaient des populations neuronales préfrontales distinctes. En parallèle, les chercheurs ont observé un codage simultané de la valence (positive ou négative) et de leur saillance (le degré d’importance ou l’intensité) selon des axes orthogonaux, c’est-à-dire indépendants l’un de l’autre.

« Cette organisation neuronale évolue en permanence en fonction de la nature des stimuli, ce qui permet une grande flexibilité et une adaptation rapide du comportement en fonction du contexte », explique Nanci Winke, première autrice de l’étude.

À long terme, les scientifiques espèrent que leur découverte contribuera à mieux traiter les pathologies psychiatriques qui altèrent le fonctionnement du cerveau lorsque nous prenons des décisions dans un contexte émotionnel particulier, positif ou négatif.

« Nous espérons que nos résultats permettront de développer de nouvelles approches pour mieux comprendre et soigner des maladies mentales, comme l’anxiété et la dépression, qui peuvent modifier notre réaction émotionnelle face aux informations provenant de notre environnement », conclut Cyril Herry.

Communiqué de presse, Inserm 13 janvier 2026

Sources

Source : Nature

Source : Santé Mentale

Visuel d’illustration — Source : www.santementale.fr

Source d’origine : Voir la publication initiale

Date : 2026-01-13 15:50:00 — Site : www.santementale.fr


Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets

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Publié le : 2026-01-13 15:50:00 — Slug : comment-nos-emotions-influencent-nos-decisions-sante-mentale

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