Les échographies prénatales : un moment clé pour l’annonce du sexe du bébé

Mise à jour le 2026-03-23 15:38:00 : L’annonce du sexe du fœtus humanise le bébé à naître et l’inscrit dans l’histoire familiale.

L’annonce du sexe du fœtus aux parents puis aux proches, comme celle du prénom qui a été choisi, humanise d’emblée le bébé à naître, lui assigne un genre et l’inscrit dans l’histoire familiale. C’est ce qu’analysent des travaux de recherche originaux entre sciences sociales, médecine fœtale et maïeutique.


L’annonce du sexe du bébé pendant l’échographie du deuxième trimestre de grossesse constitue le point de départ à une projection humanisante, sexuée et genrée autour du fœtus, sur fond de représentations sociales et d’histoires familiales.

Le projet interdisciplinaire FASEP (pour « Fabrication d’un sujet sexué dans les échographies prénatales ») aborde la façon dont une analyse pluridisciplinaire entre sciences sociales, médecine fœtale et maïeutique informe sur les procédés de fabrication d’un sujet sexué. Dans ce cadre, des réponses ont pu être apportées à cette question, en observant et en analysant le moment de l’annonce du sexe par les parents à leurs proches, après l’échographie du second semestre.

Il est en effet, possible de voir comment, à partir de ce moment, le fœtus commence à être perçu comme un enfant en devenir, un être qui est tout à la fois collectif (membre de l’espèce humaine) et singulier (la matérialisation d’un projet individuel ou conjugal à inscrire dans une histoire familiale).

Selon une approche issue de la sociologie et des sciences de l’information et de la communication, cet article met en avant le moment de l’annonce du sexe par les parents à l’entourage avec ses temporalités et ses outils spécifiques.

Échographies prénatales et attribution du sexe

L’échographie du deuxième trimestre, qui coïncide avec l’annonce du sexe, permet une humanisation du fœtus par les parents qui s’autorisent à se projeter dans leur rôle de géniteurs, étant donné que les soignants considèrent le fœtus comme « viable ». Pour 31 des répondants (sur 32), les prénoms sont envisagés en fonction du sexe de l’enfant. Même lorsque le sexe n’est pas connu avant l’accouchement, deux prénoms sont envisagés (l’un pour une fille, l’autre pour un garçon).

En assignant un sexe qui, comme Thomas Laqueur le montre, est depuis le XIXᵉ siècle pensé comme fixe, stable, constitutif de l’identité de la personne, l’échographie participe de ce processus d’humanisation et de sexuation du sujet. L’attribution du sexe participe ainsi de la singularisation de l’enfant à naître, mais aussi de l’assignation à un genre et une identité sociale. Avant tout parce qu’il inscrit dans un groupe de sexe auquel vont être associés des attentes et des projets que le langage fait transparaître (de l’usage de pronom sexué au choix de la couleur de la peinture de la chambre, ou des premiers vêtements – y compris les cadeaux qui arrivent des proches).

Ce processus d’humanisation semble toutefois fragile et en perpétuelle construction. Une construction qui peut aussi échouer (par exemple, lorsque le sexe n’est pas identifiable avec l’échographie, ou encore lorsque la grossesse s’inscrit dans un parcours biographique impliquant des difficultés d’attachement à l’enfant à naître, la découverte de malformations congénitales pouvant susciter des mises à distance, ou encore tout simplement parce que les parents ne souhaitent pas identifier le sexe de l’enfant à naître avant sa naissance).

Sexuation, une histoire familiale

Cette sexuation s’inscrit aussi dans des projets conjugaux et familiaux qui définissent et redéfinissent la place de l’enfant : au sein de la fratrie par exemple (avec des tensions possibles lorsque le sexe n’est pas celui souhaité), mais aussi dans la lignée à travers les jeux de ressemblance démarrant autour du cliché échographique – inscription du fœtus dans un des « côtés » de la famille, recherche de ressemblances physiques et comportementales.

Les prénoms sont choisis en fonction de l’écosystème familial, croisés avec les prénoms des parents, grands-parents et frères et sœurs. Ainsi, un couple ayant appris qu’ils allaient avoir une troisième fille projette de garder le préfixe du prénom des aînées. Un autre couple justifie le choix du prénom de leur futur garçon comme un diminutif du deuxième prénom du papa (Mael, Ismael).

Un dernier couple ne donnera pas de prénom italien pour se démarquer du frère de la maman qui a donné des prénoms italiens à ses enfants. La famille (les grands-parents ou les frères et sœurs aînés) est parfois mobilisée pour proposer un prénom que les parents choisiront in fine. Le processus d’humanisation du fœtus consiste à inscrire déjà l’enfant à naître dans une filiation.

Groupes WhatsApp, « baby shower »… la temporalité d’une annonce sexuée

Dans notre échantillon, 29 couples sur 32 annoncent la grossesse et le sexe du bébé en même temps au reste des membres de l’entourage. Seul 1 couple sur 32 ne souhaitait pas connaître le sexe avant l’accouchement. Ce couple avait déjà une fille et projetait de faire quatre enfants. Deux autres couples souhaitaient ne pas divulguer le sexe du bébé à l’entourage avant l’accouchement.

Le cercle intime est privilégié et occupe une place centrale aux yeux des futurs parents au moment de l’annonce du sexe. Les premières annonces se font en face à face de préférence, ou par téléphone en direct (pendant l’échographie ou en en sortant). Arrivent ensuite les messages privés diffusés sur des groupes WhatsApp.

Est souvent observée une mise en scène visuelle. L’image, que ce soit celle de l’échographie montrée en présentiel ou une photographie de chaussons de bébé rose et bleu diffusée sur un groupe ou un réseau social numérique, ou encore une vidéo du grand frère Léon qui annonce que ses parents attendent une petite « Léonette », atteste du sexe du bébé.

L’organisation d’une baby shower ou d’un gender reveal party est envisagée tant comme une preuve d’accès à la parentalité que comme le moment où on présente le bébé à la famille et aux ami·es réuni·es pour l’occasion.

L’originalité de la fête organisée est recherchée sans doute pour singulariser le sujet en devenir. Néanmoins, elle est également porteuse de représentations très stéréotypées, le bleu et/ou le rose étant les couleurs mobilisées.

Ainsi, ce qui peut paraître à première vue une quête de singularité semble aussitôt se traduire en reproduction d’une norme largement partagée.

Ce qu’il faut savoir

  • Le fait : L’annonce du sexe du fœtus humanise le bébé et l’inscrit dans l’histoire familiale.
  • Qui est concerné : Les futurs parents et leur entourage.
  • Quand : Lors de l’échographie du deuxième trimestre.
  • Où : Dans les pays où l’échographie est pratiquée.

Contexte

Les travaux de recherche montrent que l’annonce du sexe du fœtus est un moment crucial qui influence la perception des parents et de leur entourage. Cela s’inscrit dans une dynamique sociale et culturelle qui façonne les attentes et les comportements autour de la parentalité.

Sources

Source : The Conversation

Source : CREM

Visuel d’illustration — Source : theconversation.com

Source d’origine : Voir la publication initiale

Date : 2026-03-23 15:38:00 — Site : theconversation.com


Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets

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Publié le : 2026-03-23 15:38:00 — Slug : les-echographies-prenatales-et-lannonce-du-sexe-du-bebe-entre-projection-sociale-et-humanisation-du-foetus

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