Les Bus de Buenos Aires : Quand la Guerre au Moyen-Orient Fait Rareté
La capitale argentine se retrouve à la croisée des chemins : des bus en moins, des promesses en l’air, et une guerre qui s’invite dans le quotidien des citoyens.
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Ce début de semaine, les usagers des transports en commun de Buenos Aires ont eu la surprise de découvrir des files d’attente dignes des plus grands festivals de la ville. Avec jusqu’à 30 % de fréquence en moins sur certaines lignes, la guerre au Moyen-Orient a trouvé un écho inattendu dans les rues de la capitale argentine. Qui aurait cru que le diesel pouvait devenir une denrée rare, tout comme la bonne volonté des décideurs ?
Ce qui se passe réellement
(Buenos Aires) Les bus de l’agglomération de Buenos Aires, la capitale de l’Argentine, se raréfient ce début de semaine, avec, sur certaines lignes, jusqu’à 30 % de fréquence en moins en raison de la hausse du diesel, conséquence de la guerre au Moyen-Orient, couplée à des arriérés de subventions, selon le secteur. Mardi matin, de longues files d’attente étaient visibles en certains arrêts de bus de la capitale de 3 millions d’habitants. En englobant le grand Buenos Aires (16 millions), le dense réseau de bus y transporte en moyenne 7 millions de passagers par jour, selon les chiffres.
« Certaines entreprises tournent à 20-30 % de (bus en) moins, d’autres 40 %, en fonction du carburant dont elles disposent. Chacune a ajusté comme elle a pu », a indiqué sur la radio Futurock le directeur de la Chambre patronale du transport urbain de Buenos Aires (Cetuba), Marcelo Pasciuto. Pour lui, le problème tient à une forte hausse du diesel depuis fin février, en lien « avec le problème de la guerre au Moyen-Orient », ainsi qu’à un retard de subventions (aux compagnies) dues par la province de Buenos Aires et l’État.
« C’est la conséquence de la guerre en Iran et de la flambée du pétrole, qui a fortement touché les entreprises, surtout à partir de la deuxième quinzaine de mars », appuie Luciano Fusaro, président de l’Association des entreprises de transport. Leur comptabilité se base sur des subventions calculées en janvier, quand le gazole était à 1700 pesos le litre (1,70 $ CAN). Il est à 2100 (2,09 $ CAN).
Cet effet tenaille place certaines compagnies (l’agglomération compte au total 380 lignes de bus) dans une situation d’étranglement pour régler les salaires des chauffeurs, alors que le mois d’avril est déjà bien entamé. Mercredi, cela pourrait conduire à une quasi-paralysie, a mis en garde M. Pasciuto. « Que les transports fonctionnent demain (mercredi), dépendra des livraisons de gazole, du découvert qu’accorderont les banques, et de la bonne volonté du syndicat. Sinon, je ne vois pas quelle entreprise va pouvoir travailler », a-t-il dit.
Pourquoi cela dérange
Les incohérences s’accumulent comme les passagers dans les files d’attente. D’un côté, une guerre à des milliers de kilomètres qui impacte directement le quotidien des Argentins. De l’autre, des promesses de subventions qui semblent aussi évanescentes que les bus eux-mêmes. Comment peut-on justifier une telle dépendance à un carburant dont le prix fluctue au gré des conflits internationaux ?
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont immédiates : des retards, des frustrations, et une population qui doit jongler avec des horaires de transport de plus en plus aléatoires. Les chauffeurs, eux, se retrouvent dans une situation précaire, incapables de recevoir leurs salaires à temps, tandis que les usagers se demandent si le bus viendra un jour.
Lecture satirique
Ah, la politique ! Toujours là pour nous rappeler que les promesses sont comme les bus : elles peuvent disparaître à tout moment. Les responsables politiques, en attendant, semblent plus préoccupés par les discours que par les réalités du terrain. Peut-être qu’un jour, ils réaliseront que le transport public n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale. Mais pour l’instant, ils continuent de faire la danse du ventre autour des subventions, tout en laissant leurs concitoyens sur le quai.
Effet miroir international
Si l’on regarde au-delà des frontières argentines, on ne peut s’empêcher de penser aux politiques autoritaires qui, ailleurs dans le monde, exploitent des crises pour justifier des mesures impopulaires. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, la manipulation des ressources et des discours politiques semble être un sport international. La question est : jusqu’où cela ira-t-il ?
À quoi s’attendre
Les jours à venir pourraient être cruciaux. Si les livraisons de gazole ne reprennent pas rapidement, Buenos Aires pourrait se retrouver dans une situation de quasi-paralysie. Les usagers, déjà exaspérés, pourraient bien se transformer en manifestants. Les promesses de changement devront se traduire en actions concrètes, sinon, la colère pourrait bien éclater.



