Dans la vraie vie, les gens sont parfois surpris par mon niveau de dépenses.


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Pour un gars qui prône l’épargne, je voyage, j’ai déjà vu l’intérieur de quelques restaurants, je possède un vélo pas pire… Chaque mois, mon relevé de carte de crédit me rappelle que je ne suis pas si frugal que ça.

Alors, contradiction ?

Je ne crois pas. J’épargne et j’investis depuis 25 ans. Le but d’avoir des finances en santé est justement que l’argent cesse d’être une source de calculs constants et de préoccupations. Bref, que ça devienne un non-sujet.

Quand on commence sur ce chemin, toutefois, c’est le contraire d’un non-sujet.

Chaque dollar qu’on réussit à placer a une importance disproportionnée, car il aura un impact pour le restant de notre vie.

Quand j’ai débuté, j’y allais sans ligne directrice. Ce n’était pas idéal.

Voici donc ma pyramide de l’épargne selon le niveau de richesse que l’on possède aujourd’hui.

10 000 $ ou moins

Si c’est votre cas, je suis excité pour vous, car vous faites vos premiers pas : l’ascenseur ne peut que monter.

À ce niveau de richesse, l’épargne est une priorité. Vous avez idéalement plusieurs colocs, ou un arrangement qui maintient vos frais de logement au minimum. Vous cuisinez vos repas en fonction des soldes à l’épicerie. Uber Eats, les bars et les restaurants ne font pas partie de votre vie – vous aurez en masse le temps de devenir foodie plus tard.

Loisirs et divertissement : potlucks entre amis, pastis-pétanque au parc l’été, bibliothèque, OHdio, Tou.tv, YouTube et la version gratuite de Spotify.

Vos déplacements ressemblent aux miens : ils sont faits en priorité à pied, à vélo ou en transports en commun. Le service de covoiturage Amigo Express est là au besoin. Votre forfait cellulaire est maintenu sous la barre des 20 $ par mois (Public Mobile, Koodo).

50 000 $

Vous êtes sur la bonne voie ! Vos actifs vivent une belle croissance. Vous conservez la même stratégie qu’à l’étape précédente, mais avec de petits ajustements.

Vous n’êtes pas en territoire bars et restaurants encore : à 50 000 $, on n’a pas les moyens de dépenser 10 $ pour une bière, ou de payer une armée de serviteurs pour confectionner nos repas et laver notre vaisselle.

Mais, bon, vous pouvez franchir la porte d’un resto pour votre anniversaire (surtout si on vous invite).

Côté transport, vous conservez les mêmes excellentes habitudes. En cas d’absolue nécessité, si votre vie en dépend, il y a la voiture, avec une règle de déplacement minimum anti-paresse de 10 kilomètres par trajet. Cette voiture est une Toyota Matrix ou une Honda Fit idéale pour transporter même la plus grosse des poches de hockey. On en trouve à moins de 5000 $.

100 000 $

Là, on commence à jaser. Vous faites partie du club des six chiffres. Pour beaucoup, ça veut dire 10 ou 15 ans d’épargne. Bravo ! Une sortie au resto pour fêter ça ?

Comme je l’expliquais dans un texte précédent1, les premiers 100 000 $ sont les plus difficiles à accumuler, car ils viennent presque entièrement de votre salaire.

À partir de 100 000 $, le rendement en dollars sur vos placements devient plus visible.

Une année de 10 % sur les marchés ? Vous venez de vous enrichir de 10 000 $ sans lever le petit doigt. Votre valeur nette commence à s’affranchir de la gravité terrestre.

Faire une mise de fonds pour l’achat d’une propriété sans vous ruiner devient possible. Aussi, pensez à faire un don récurrent à un organisme de bienfaisance. Aider les autres est l’un des superpouvoirs des investisseurs – ça apporte même plus de bonheur que de dépenser pour soi-même.

250 000 $

Cette somme vous paraît inatteignable ? La personne de 25 ans qui met 20 $ par jour de côté, avec une hausse pour couvrir l’inflation, y arrivera à l’âge de 41 ans si elle obtient le rendement historique de la Bourse canadienne (8 %) sur ses placements.

Un quart de million en placements, avant même d’avoir trouvé son premier cheveu blanc…

Vous n’avez peut-être plus de colocs à cette étape. Mais vous aurez peut-être pris goût aux déplacements à vélo, qui sont bons autant pour votre santé que pour votre portefeuille.

Ah oui, là vous pouvez devenir foodie sans vous nuire financièrement.

500 000 $ et plus

On est en territoire Warren Buffett ici. Enfin, presque.

Certaines années, vos placements gagneront peut-être plus d’argent que vous. Selon les rendements historiques de la Bourse, vous serez millionnaire dans moins de 10 ans sans même ajouter un dollar d’épargne.

Vous aurez les moyens de rouler dans un véhicule de prestige. Mais qui dit véhicule dit bedaine quasi assurée, donc vous voudrez limiter l’utilisation de l’auto. Et qui sait ? Le besoin d’envoyer un message de succès aura peut-être fait son temps de toute façon.

La véritable nouveauté sera la liberté.

Un patron vous tombe sur les nerfs ? Un contrat ne vous plaît pas ? Vous pouvez dire non.

Soudain, le pouvoir est entre vos mains. Appréciez-le : vos collègues surendettés ou qui ont négligé leurs finances n’ont pas ce luxe.

Votre vie sera plus facile. Pourtant, vous réaliserez, peut-être avec dépit, que vous êtes toujours la même personne.

Vous repenserez au temps où vous aviez des colocs. Organisiez des soupers à la dernière minute, et tous vos amis étaient là.

Et vous vous demanderez : pourquoi nous a-t-on appris à vouloir saisir ce qui ne s’attrape pas ?



1. Lisez l’article « Pourquoi les premiers 100 000 $ sont les plus difficiles à accumuler »

L’épargne à tout prix : Quand la frugalité devient un luxe

Dans un monde où l’épargne est érigée en dogme, la réalité des dépenses quotidiennes révèle une ironie mordante.

Dans la vraie vie, les gens sont parfois surpris par mon niveau de dépenses. Pour un gars qui prône l’épargne, je voyage, j’ai déjà vu l’intérieur de quelques restaurants, et je possède un vélo pas pire… Chaque mois, mon relevé de carte de crédit me rappelle que je ne suis pas si frugal que ça. Alors, contradiction ?

Ce qui se passe réellement

Je ne crois pas. J’épargne et j’investis depuis 25 ans. Le but d’avoir des finances en santé est justement que l’argent cesse d’être une source de calculs constants et de préoccupations. Bref, que ça devienne un non-sujet. Mais quand on commence sur ce chemin, c’est le contraire d’un non-sujet. Chaque dollar qu’on réussit à placer a une importance disproportionnée, car il aura un impact pour le restant de notre vie.

Voici donc ma pyramide de l’épargne selon le niveau de richesse que l’on possède aujourd’hui.

10 000 $ ou moins

Si c’est votre cas, je suis excité pour vous, car vous faites vos premiers pas : l’ascenseur ne peut que monter. À ce niveau de richesse, l’épargne est une priorité. Vous avez idéalement plusieurs colocs, ou un arrangement qui maintient vos frais de logement au minimum. Vous cuisinez vos repas en fonction des soldes à l’épicerie. Uber Eats, les bars et les restaurants ne font pas partie de votre vie – vous aurez en masse le temps de devenir foodie plus tard.

Loisirs et divertissement : potlucks entre amis, pastis-pétanque au parc l’été, bibliothèque, OHdio, Tou.tv, YouTube et la version gratuite de Spotify.

Pourquoi cela dérange

À 50 000 $, on n’a pas les moyens de dépenser 10 $ pour une bière, ou de payer une armée de serviteurs pour confectionner nos repas et laver notre vaisselle. Mais, bon, vous pouvez franchir la porte d’un resto pour votre anniversaire (surtout si on vous invite). Cette réalité met en lumière l’absurdité d’un système qui valorise l’épargne à tout prix, tout en rendant le plaisir de vivre presque coupable.

Ce que cela implique concrètement

À partir de 100 000 $, le rendement en dollars sur vos placements devient plus visible. Une année de 10 % sur les marchés ? Vous venez de vous enrichir de 10 000 $ sans lever le petit doigt. Mais qui peut réellement se permettre de vivre dans cette bulle d’aisance ?

Lecture satirique

Le discours politique autour de l’épargne et de la frugalité est souvent déconnecté de la réalité. On nous promet que l’épargne est la clé du bonheur, mais dans les faits, elle devient une prison dorée. Les promesses de liberté financière se heurtent à la dure réalité des choix quotidiens, où chaque dépense est scrutée comme un acte de rébellion.

Effet miroir international

Regardons du côté des États-Unis, où la culture de l’épargne est souvent mise en avant, mais où les inégalités économiques rendent cette aspiration presque illusoire pour une grande partie de la population. Les discours politiques sont souvent déconnectés des réalités vécues par les citoyens, tout comme ici.

À quoi s’attendre

Si cette tendance se poursuit, nous risquons de voir une société où le bonheur est réservé à ceux qui peuvent se le permettre, laissant les autres se débattre dans un océan de préoccupations financières.

Sources

Source : www.lapresse.ca

L’argent et le bonheur | La pyramide de l’épargne : de 10 000 $ à la liberté
Visuel — Source : www.lapresse.ca
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