C’est une première historique. Léon XIV sera ce lundi le premier pape à fouler le sol algérien. Le souverain pontife commence une grande tournée africaine par une étape de deux jours en Algérie. Il se rendra ensuite au Cameroun, en Angola, puis en Guinée équatoriale jusqu’au jeudi 23 avril. L’idée de ce voyage avait été soumise par le cardinal Vesco, archevêque cardinal d’Alger le jour même de l’élection de Léon XIV et l’invitation officiellement lancée par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, lors de son audience au Vatican en juillet 2025.

En se rendant dans ce pays de 47 millions d’habitants où l’on estime la population chrétienne à environ 150 000 personnes, dont moins de 10 000 catholiques, et où ne vivraient plus que quelques centaines de juifs, le pape entend poursuivre l’œuvre de son prédécesseur, François, pour le dialogue avec le monde musulman. Dans un contexte international tendu par la guerre au Moyen Orient, le Vatican insiste sur le défi de la « coexistence pacifique ».

Le pape évoquera-t-il le cas de Christophe Gleizes ?

En Algérie, l’islam est religion d’État. Si la Constitution garantit la liberté de culte, elle interdit le prosélytisme. Les lieux de culte et les prédicateurs doivent bénéficier d’un agrément délivré par les autorités. Trois ONG internationales, dont Human Rights Watch, ont exhorté le pape à soulever les questions de droits humains et de liberté religieuse auprès des autorités algériennes, affirmant que les minorités religieuses « font face à des restrictions juridiques et administratives discriminatoires ». Les relations avec les catholiques, qui sont en général des expatriés européens ou des personnes venues d’Afrique subsaharienne, sont plutôt bonnes. Mais l’association Portes Ouvertes, qui place l’Algérie au 20e rang de son index des persécutions des chrétiens dans le monde, dénonce notamment « des discriminations envers les convertis de l’islam », que l’on retrouve essentiellement dans les Églises protestantes évangéliques.

En France, la question du journaliste Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison, soulève bien des suppositions. Le pape abordera-t-il le sujet lors de son entretien avec le président Tebboune ? D’autant qu’Emmanuel Macron et Léon XIV se sont entretenus pendant une heure vendredi. Un spécialiste du Vatican estime que le sujet ne sera probablement pas évoqué directement par le pape, mais que les membres de la Curie qui l’accompagnent peuvent le faire avec le gouvernement algérien.

Pas de visite à Tibhirine

Mais attention, prévient-il, « le Vatican sait que les relations entre la France et l’Algérie sont compliquées » et il ne faudrait pas froisser les autorités algériennes. C’est également pour cette raison que le pape ne se rendra pas au monastère de Tibhirine. La visite coïncide pourtant avec les 30 ans de l’assassinat des sept moins trappistes, au printemps 1996, en pleine guerre civile. Leur mort est officiellement attribuée au GIA (Groupe islamique armé), mais des zones d’ombre persistent.

Léon XIV se recueillera cependant dans la chapelle des 19 « martyrs d’Algérie », des prêtres et religieuses assassinés pendant la décennie noire de guerre civile (1992-2002), dont les moines de Tibhirine, symbole du prix payé par les religieux engagés dans le dialogue avec l’islam. « Nos 19 bienheureux ne sont pas des chrétiens qui ont été tués par des musulmans, ce sont des chrétiens qui ont été tués avec des musulmans », analyse le cardinal Vesco dans un entretien à L’Humanité, rappelant que 200 000 personnes ont été tuées, parmi lesquelles « plus de 100 imams ».

La suite de la visite pontificale prendra une tournure plus personnelle. Mardi, le souverain pontife se rendra à Annaba, ancienne Hippone, où saint Augustin (354-430), grand penseur de la chrétienté, fut évêque. Il célébrera une messe dans la basilique qui surplombe la ville. « Je suis un fils de saint Augustin, un augustinien », avait déclaré Léon XIV le jour de son élection.

Léon XIV en Algérie : Un Pape en quête de coexistence, mais à quel prix ?

Léon XIV, premier pape à poser le pied en Algérie, prône la coexistence pacifique tout en évitant les sujets brûlants. Ironie ou stratégie diplomatique ?

Ce lundi, l’histoire s’écrit en lettres dorées : Léon XIV, le pape fraîchement élu, devient le premier souverain pontife à fouler le sol algérien. Une grande tournée africaine débute, avec un itinéraire qui semble tout droit sorti d’un guide touristique : Algérie, Cameroun, Angola, Guinée équatoriale. Tout cela, orchestré par le cardinal Vesco, qui a dû convaincre le président Tebboune que la visite serait un succès retentissant. Mais derrière cette façade de dialogue interreligieux se cache une réalité bien plus complexe.

Ce qui se passe réellement

En Algérie, l’islam est religion d’État. La Constitution garantit la liberté de culte, mais attention, pas de prosélytisme ! Les lieux de culte doivent être agréés par les autorités, et les minorités religieuses se heurtent à des restrictions juridiques. Human Rights Watch et d’autres ONG ont exhorté le pape à aborder ces questions de droits humains. Mais Léon XIV, en bon diplomate, semble plus préoccupé par l’harmonie que par la vérité.

La population chrétienne, estimée à 150 000, dont moins de 10 000 catholiques, est plutôt bien traitée, mais les convertis de l’islam continuent de faire face à des discriminations. En France, le cas du journaliste Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison, soulève des interrogations. Le pape abordera-t-il ce sujet délicat avec le président Tebboune ? Les experts du Vatican parient sur un silence prudent, laissant les membres de la Curie s’en charger.

Pourquoi cela dérange

La question se pose : pourquoi un pape qui prône la paix et la coexistence choisit-il de ne pas visiter le monastère de Tibhirine, à l’occasion des 30 ans de l’assassinat des sept moines trappistes ? Une visite qui aurait pu être un symbole fort, mais qui, apparemment, pourrait froisser les autorités algériennes. Le Vatican, conscient des tensions entre la France et l’Algérie, préfère éviter de mettre de l’huile sur le feu.

Ce que cela implique concrètement

En évitant de parler des droits humains et des persécutions, Léon XIV risque de donner l’impression que le Vatican se plie aux exigences politiques plutôt que de défendre les valeurs qu’il prône. Une coexistence pacifique, oui, mais à quel prix ?

Lecture satirique

Le discours du pape semble déconnecté de la réalité. En prônant la coexistence pacifique tout en évitant les sujets sensibles, il incarne une forme d’hypocrisie diplomatique. La promesse d’un dialogue interreligieux est belle, mais elle ne doit pas occulter les vérités dérangeantes qui se cachent derrière les murs du Vatican.

Effet miroir international

Cette situation rappelle les dérives autoritaires observées ailleurs dans le monde. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, les leaders politiques aiment à prôner des valeurs de paix tout en fermant les yeux sur les injustices. Léon XIV, en évitant de s’attaquer aux véritables problèmes, ne fait que renforcer cette image de déconnexion.

À quoi s’attendre

La suite de cette visite pontificale pourrait bien être un mélange de belles paroles et de silences gênés. Les tensions internationales et les enjeux politiques locaux risquent de peser lourd sur les discours du pape. La question demeure : la coexistence pacifique est-elle réellement possible sans un engagement sincère pour les droits humains ?

Sources

Source : www.lejsl.com

Religion. Le pape pour la première fois en Algérie, la coexistence entre religions au cœur de sa visite
Visuel — Source : www.lejsl.com
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