L’Égypte et le gaz : Quand l’accord Aphrodite devient une promesse en l’air

L’Égypte, en quête d’énergie, signe un accord pour le gaz d’Aphrodite, mais la réalité semble bien éloignée des promesses.

Le Caire, dans un élan de prévoyance, vient de conclure un accord pour acheter tout le gaz du gisement Aphrodite, au large de Chypre. Pour l’instant, il ne s’agit que d’une déclaration d’intention, mais cela témoigne de la volonté de l’Égypte de répondre à des besoins énergétiques croissants. Ironie du sort, cette volonté se heurte à une réalité où la production ne commencera pas avant 2031. En attendant, les Égyptiens devront se contenter de la lumière des bougies.

Ce qui se passe réellement

Découvert en 2011, le gisement Aphrodite est encore à l’état d’exploration. L’accord signé avec les entreprises exploitantes vise à sécuriser l’approvisionnement en gaz sur le long terme, tout en diversifiant les sources d’énergie. Un projet ambitieux, qui inclut la création d’une société dédiée au transport d’hydrocarbures vers les côtes égyptiennes. Mais, comme souvent, la réalité est moins reluisante : la production ne devrait pas démarrer avant six ans.

Des approvisionnements perturbés par la guerre

Les approvisionnements en gaz naturel de l’Égypte, en provenance du Qatar et d’Israël, sont déjà perturbés par la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Le gouvernement égyptien a dû imposer des mesures d’économie d’énergie, y compris un couvre-feu pour les commerces, tout en augmentant les prix des carburants. Une situation qui rappelle que, malgré les promesses, le quotidien des Égyptiens est de plus en plus sombre.

Le 2 avril 2026, des passants devant des magasins fermés plus tôt en raison d’un couvre-feu pour réduire les coûts énergétiques. AFP – KHALED DESOUKI

Pourquoi cela dérange

Cette situation met en lumière l’absurdité d’un gouvernement qui, tout en signant des accords prometteurs, ne parvient pas à assurer un approvisionnement énergétique stable à court terme. Les Égyptiens doivent faire face à des factures d’énergie qui ont triplé, tandis que les promesses de sécurité énergétique semblent s’évanouir dans les limbes de l’inaction.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont déjà visibles : un couvre-feu commercial, des prix en hausse, et une population qui doit s’adapter à une réalité de plus en plus difficile. L’accord avec Chypre, bien qu’ambitieux, ne résoudra pas les problèmes immédiats d’approvisionnement.

Lecture satirique

Il est presque comique de voir un gouvernement qui prône la sécurité énergétique tout en imposant des couvre-feux. Les promesses de l’Égypte de devenir un hub énergétique régional semblent aussi solides qu’un château de sable, balayé par les vagues de la réalité. Les discours politiques, pleins de bravoure, se heurtent à la dure réalité des besoins quotidiens des citoyens.

Effet miroir international

Cette situation rappelle les dérives autoritaires ailleurs dans le monde, où les gouvernements promettent monts et merveilles tout en laissant leurs citoyens dans l’incertitude. Les États-Unis, avec leur interventionnisme au Moyen-Orient, et d’autres régimes autoritaires, semblent partager cette même déconnexion entre promesses et réalité.

À quoi s’attendre

À court terme, les Égyptiens devront s’habituer à vivre dans l’incertitude énergétique, tandis que les promesses d’un avenir radieux se diluent dans les années d’attente. L’accord avec Chypre pourrait bien être une belle promesse, mais pour l’instant, il reste une lueur au bout d’un tunnel qui semble interminable.

Sources

Source : www.rfi.fr

Accord gaz avec Chypre
Visuel — Source : www.rfi.fr
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire