Une tribune vient de paraître dans la presse nationale (Le Figaro du 4 avril 2026) intitulée « Corse, Alsace, le différentialisme contre la France », signée par Jean Michel Blanquer et Benjamin Morel.
Table Of Content
Jean Michel Blanquer a marqué les mémoires lors de son passage au ministère de l’Éducation nationale où il a mené une politique effrénée pour l’éradication des langues régionales en France*. Benjamin Morel est, lui, la nouvelle coqueluche des jacobins indécrottables qui sévissent encore au sein des institutions étatiques et des médias. Ils ont des relais dans toutes les allées du pouvoir, de l’Élysée à Matignon, et dans tous les ministères. Quand ils s’expriment séparément, ce n’est jamais gratuit ; et quand ils le font ensemble dans une même tribune, c’est forcément un message lancé en direction du sommet de l’État.
Cette tribune conjointe qu’ils ont publié dans les colonnes du Figaro est ainsi un révélateur de la lutte souterraine qui est menée actuellement pour bloquer la modification constitutionnelle proposée en faveur de l’autonomie de la Corse, et, si la question de l’Alsace est évoquée, leur objectif premier est manifestement la Corse.
En effet, un constitutionnaliste est censé savoir que la création d’une collectivité alsacienne à statut particulier, avancée par la proposition de loi du groupe macroniste, adoptée en commission des lois à l’Assemblée nationale, peut s’appliquer sans modification aucune de la constitution. La Corse en bénéficie déjà depuis bientôt un demi-siècle, et aussi, mais les polémistes se gardent bien de l’évoquer, Paris et la métropole de Lyon, deux exemples il est vrai bien peu explicites de la « menace sécessionniste » qu’ils s’obstinent à fantasmer.
Le totalitarisme de nos deux auteurs de la tribune s’exprime sans nuance : « en liant le statut et l’identité, on rompt l’unité nationale ». Autrement dit, la Corse doit réintégrer PACAC, l’éphémère Provence-Alpes-Côte d’Azur-Corse d’avant les évènements d’Aleria, et l’Alsace doit impérativement rester, quoiqu’en pensent ses citoyens, emprisonnée dans un « Grand-Est » qu’ils abhorrent.
Leurs propos éclairent leur idéologie profonde : la haine de tout ce qui n’est pas « français pur jus », et qui exprime donc, naturellement, sa différence. « Le différentialisme contre la France » est le titre de leur tribune. Leur vision de la France est totalitariste : exprimer que l’on est corse, ou alsacien, est pour ces deux polémistes une manifestation claire de l’anti-France à combattre.
L’objet de leur tribune vise en fait principalement la Corse et la réforme constitutionnelle à venir. « Comment se dire républicain quand on porte un projet (…) qui ne prévoit en effet rien de moins que l’inscription, dans le texte fondamental, de la notion de communauté culturelle, historique et linguistique » : voilà le cœur de leur polémique et le but de leur tribune.
Il s’agit pour eux d’enrayer le processus constitutionnel en cours, et la récente reculade pour son inscription à l’ordre du jour du Sénat est probablement le premier effet de leur combat souterrain.
Il va de soi que « l’enterrement de première classe » du processus de Beauvau que ces deux polémistes appellent de leurs vœux ne pourrait rester sans conséquence en Corse où, faut-il le rappeler, les échéances électorales donnent régulièrement la majorité aux idées autonomistes, y compris lors du récent scrutin municipal.
Or, que cela plaise ou non à nos contempteurs, la démocratie est un principe constitutionnel intangible. Et le reniement de sa parole par l’État laisserait aux yeux de l’Histoire une cicatrice qui ne pourra se refermer. •
* La croisade anti-corse menée par Jean Michel Blanquer à travers cette tribune a été doublée d’un tweet de malade contre les écoles immersives en langue corse : « dans l’indifférence générale, depuis la rentrée dernière, ont été autorisées en Corse les écoles immersives, c’est-à-dire des écoles où on ne parle pas français. C’est illégal et inconstitutionnel. On voit par exemple des élèves chargés de dénoncer celui d’entre eux qui parlerait français pendant la récréation ». Comment peut-on proférer ou croire pareille ânerie ? Elle en dit long sur les fantasmes qui agitent l’ancien ministre de l’Éducation nationale.
Le Totalitarisme Jacobin à l’Assaut de la Corse et de l’Alsace
Une tribune du Figaro, signée Blanquer et Morel, révèle la lutte acharnée contre l’autonomie régionale. Une défense de l’unité nationale qui frôle l’absurde.
Le 4 avril 2026, Le Figaro a publié une tribune intitulée « Corse, Alsace, le différentialisme contre la France », signée par Jean Michel Blanquer, ancien ministre de l’Éducation nationale, et Benjamin Morel, fervent défenseur du jacobinisme. Ces deux figures emblématiques de l’ultraconservatisme français s’unissent pour dénoncer toute forme d’autonomie régionale, en particulier celle de la Corse. Leur message est clair : la diversité culturelle est une menace pour l’unité nationale.
Ce qui se passe réellement
Dans leur tribune, Blanquer et Morel s’opposent à la modification constitutionnelle visant à accorder une autonomie à la Corse. Ils évoquent également l’Alsace, mais leur cible principale reste la Corse. Leur argumentation repose sur une vision totalitaire de la nation, où toute expression identitaire est perçue comme une menace. En liant statut et identité, ils affirment que l’unité nationale est en péril. Pourtant, la création d’une collectivité alsacienne à statut particulier pourrait se faire sans aucune modification constitutionnelle, ce que ces deux polémistes semblent ignorer ou feindre d’ignorer.
Pourquoi cela dérange
Leurs propos révèlent une profonde incohérence. Ils prônent une France homogène, où la diversité culturelle est synonyme de division. En réalité, cette vision est non seulement archaïque, mais elle ignore les réalités démocratiques. Les électeurs corses, par exemple, ont régulièrement exprimé leur désir d’autonomie. Ignorer cette voix, c’est renier les principes mêmes de la démocratie.
Ce que cela implique concrètement
Si leur appel à l’« enterrement de première classe » du processus constitutionnel devait être entendu, cela aurait des conséquences désastreuses pour la démocratie en France. Les citoyens corses, déjà frustrés par l’absence de reconnaissance de leur identité, pourraient voir leur confiance dans l’État s’effondrer. Une telle situation ne ferait qu’alimenter les tensions et les ressentiments.
Lecture satirique
Ironiquement, Blanquer et Morel se présentent comme les gardiens de la République, alors qu’ils semblent plus préoccupés par la préservation d’une France « pure » que par le respect des droits des citoyens. Leur vision est celle d’un État autoritaire, où la diversité est synonyme de trahison. En somme, leur tribune est un cri de désespoir face à une France qui évolue, mais qu’ils souhaitent figer dans un passé révolu.
Effet miroir international
Cette obsession pour l’unité nationale rappelle les dérives autoritaires observées ailleurs, notamment en Russie ou aux États-Unis, où les gouvernements tentent de museler toute forme de dissidence au nom d’une prétendue unité. La France, en s’engageant sur cette voie, pourrait bien se retrouver dans une spirale dangereuse.
À quoi s’attendre
Si cette tendance se poursuit, nous pourrions assister à une montée des tensions régionales, avec des conséquences imprévisibles pour la cohésion nationale. La France doit choisir entre l’acceptation de sa diversité et le risque d’une fracture irréversible.
Sources



