Le sexisme en France : un constat alarmant du Haut Conseil à l’Égalité
Mise à jour le 2026-01-22 17:23:00 : Le sexisme en France ne diminue pas, mais évolue, posant un défi démocratique majeur.
Loin de s’atténuer, le sexisme reste profondément enraciné dans la société française. Le rapport 2026 du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes met en évidence des stéréotypes toujours actifs, une fracture générationnelle marquée et la montée des discours masculinistes. Autant de signaux d’un phénomène qui ne s’éteint pas, mais se transforme, au point de poser un enjeu démocratique majeur.
Pendant longtemps, le sexisme a été présenté comme un vestige appelé à disparaître à mesure que l’égalité progresserait. Le Rapport 2026 sur l’état du sexisme en France, publié par le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes, raconte une tout autre histoire. Non seulement le sexisme persiste, mais il se transforme, se durcit et, dans certains espaces, se revendique. Dès les premières pages, le ton est donné : « Remarques anodines, blagues, stéréotypes, jusqu’aux violences les plus graves : le sexisme demeure profondément ancré dans notre société contemporaine. » Ce constat d’ouverture est le fil conducteur d’un rapport de près de cent pages qui refuse de réduire le sexisme à une addition de comportements individuels. Ce que décrit le HCE, c’est un système idéologique structurant, toujours à l’œuvre dans l’organisation sociale.
Pour étayer ce diagnostic, le rapport s’appuie sur une enquête menée auprès de plus de 3 000 personnes. Les résultats sont sans ambiguïté, les stéréotypes de genre restent massivement partagés. Autorité masculine, sensibilité féminine, hiérarchisation implicite des compétences, ces représentations continuent d’irriguer les mentalités, y compris chez des personnes se déclarant favorables à l’égalité. Le rapport met surtout en lumière un décalage profond de perception. Là où les femmes identifient le sexisme comme un désavantage structurant de leur quotidien, les hommes en minimisent largement la portée. Ce différentiel, souligne le HCE, constitue en soi un obstacle politique : comment combattre collectivement ce qui n’est pas perçu comme un problème partagé ?
Du sexisme « bienveillant » à « hostile »
C’est précisément pour dépasser cette incompréhension que le rapport affine l’analyse. Il distingue deux formes de sexisme, trop souvent opposées alors qu’elles fonctionnent ensemble. Le sexisme paternaliste, le plus répandu, s’exprime sous des dehors protecteurs. Il s’appuie sur l’idée que les femmes seraient naturellement plus fragiles, plus émotives, et qu’il faudrait donc les orienter, les encadrer, parfois décider à leur place. « Le sexisme paternaliste, souvent perçu comme positif, contribue à rendre socialement acceptable la domination masculine », note le rapport. A l’autre extrémité se situe le sexisme hostile, plus frontal, qui s’exprime par le rejet, la dévalorisation ou la justification de la violence. Environ 17 % de la population adhère à ce registre. Mais ce que souligne le HCE c’est la continuité entre ces deux formes. « Le sexisme paternaliste constitue un terreau favorable au développement de formes plus hostiles de sexisme. »
Cette dynamique prend une dimension particulière lorsqu’on observe les données par âge. Contrairement à une idée reçue, les jeunes générations ne forment pas un bloc homogène acquis à l’égalité. Le rapport met en évidence une fracture nette entre jeunes femmes et jeunes hommes. Si les premières se montrent très conscientes des inégalités persistantes, les seconds sont plus nombreux que leurs aînés à estimer que le féminisme va « trop loin », voire que les hommes seraient aujourd’hui désavantagés. Le HCE parle ici d’un retour de bâton générationnel, nourri par des discours qui circulent massivement en ligne et qui présentent l’égalité comme une menace, et les femmes comme bénéficiaires d’un système devenu injuste.
La menace masculiniste, cœur du rapport 2026
C’est dans ce contexte que s’inscrit le chapitre central du rapport. Pour la première fois, le HCE consacre une analyse approfondie aux mouvements masculinistes, qu’il ne considère ni comme une provocation marginale ni comme une simple réaction épidermique. « Le masculinisme constitue une idéologie cohérente qui remet en cause les politiques d’égalité et légitime les rapports de domination », analyse le rapport. Sous couvert de défense des « droits des hommes », ces courants développent un récit structuré de crise de la masculinité imputée au féminisme. Ils s’inscrivent dans une stratégie de symétrisation qui vise à délégitimer les politiques publiques d’égalité et à banaliser les violences sexistes.
Cette idéologie ne se diffuse pas au hasard. Le rapport souligne le rôle central des plateformes numériques, qui fonctionnent comme de puissants accélérateurs. Les algorithmes favorisent la polarisation et la radicalisation, tandis que les contenus masculinistes sont souvent peu modérés, parfois même monétisés. « La massification des contenus masculinistes sur les réseaux sociaux permet de recruter des personnes initialement éloignées de cette idéologie », observe le HCE. Ces espaces deviennent ainsi des chambres d’écho, où la radicalisation peut s’opérer rapidement, en particulier chez de jeunes hommes en quête de repères identitaires.
Le sexisme et le masculinisme, souligne-t-il, ne relèvent plus uniquement des politiques d’égalité femmes-hommes. Ils posent un enjeu de cohésion sociale et de sécurité démocratique. Certains courants remettent en cause l’État de droit, contestent la légitimité des institutions et légitiment la violence. Cette radicalisation fragilise les politiques de prévention des violences sexistes et sexuelles et, plus largement, le pacte social. Face à ce constat, le HCE appelle à un changement d’échelle : éducation à l’égalité, formation, régulation du numérique, moyens renforcés pour les associations. « Le sexisme n’est pas un résidu du passé, mais une idéologie capable de s’adapter aux transformations contemporaines », avertit le rapport. Ce qui se joue aujourd’hui dépasse la seule question de l’égalité femmes-hommes. La capacité de la société à faire bloc face aux idéologies de domination est désormais en cause.
Ce qu’il faut savoir
- Le fait : Le sexisme en France est toujours présent et évolue.
- Qui est concerné : La société française, en particulier les jeunes générations.
- Quand : Rapport publié en janvier 2026.
- Où : France.
Sources
Source : Haut Conseil à l’Égalité
Source : J’ai piscine avec Simone

Source d’origine : Voir la publication initiale
Date : 2026-01-22 17:23:00 — Site : jaipiscineavecsimone.com
Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets
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Publié le : 2026-01-22 17:23:00 — Slug : le-sexisme-en-france-ne-disparait-pas-le-constat-sans-concession-du-hce-jai-piscine-avec-simone
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