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Politique

Le Sénat abroge le Code noir, mais les réparations et l’héritage colonial demeurent en débat.

Le 20 octobre 2026, le Sénat français a voté l’abrogation du Code noir, un texte historique qui régissait l’esclavage dans les colonies françaises. Cette décision marque la fin d’une époque, mais soulève des questions cruciales sur les réparations et l’héritage du droit colonial.

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Le contexte de l’abrogation

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Après près de 180 ans d’abolition de l’esclavage, le Code noir, promulgué sous Louis XIV en 1685, n’était plus appliqué, bien qu’il n’ait jamais été officiellement retiré de la législation. Ce texte, qui considérait les personnes réduites en esclavage comme des « bien meubles » et prévoyait des peines sévères pour ceux qui tentaient de s’échapper, est désormais abrogé grâce à une proposition de loi portée par le député guadeloupéen Max Mathiasin. Cette initiative avait déjà obtenu l’unanimité des députés à l’Assemblée nationale en mai dernier et a été accueillie favorablement au Sénat, à l’exception d’une abstention du groupe communiste.

Une portée symbolique

La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a souligné que l’abrogation du Code noir n’est pas seulement une action législative, mais une démarche de reconnaissance de notre histoire. Elle a affirmé que « le Code noir a organisé et légitimé l’esclavage » et qu’il « n’a plus sa place dans notre droit ». Elle a insisté sur le fait que ce texte doit être considéré comme un vestige historique et non comme une part intégrante de notre législation continue.

Les enjeux des réparations

Cependant, l’abrogation du Code noir ne répond pas à toutes les interrogations, notamment celle des réparations pour les descendants d’esclaves. De nombreux élus estiment que cette étape ne marque pas la fin du travail de mémoire. La loi récemment adoptée stipule que le gouvernement doit remettre un rapport sur les conséquences durables du droit colonial et les discriminations raciales, mais ne traite pas spécifiquement la question des réparations.

Il est essentiel de rappeler qu’après l’abolition de l’esclavage en 1848, l’État avait indemnisé les anciens propriétaires d’esclaves et non les personnes libérées. Ce fait continue de nourrir des inégalités entre les territoires ultramarins et l’Hexagone, ainsi que des discriminations persistantes à l’encontre des populations noires.

Des préoccupations supplémentaires

Des critiques ont également été formulées concernant l’absence de référence explicite à certains textes juridiques appliqués dans les territoires de l’océan Indien, en particulier à La Réunion. La ministre a défendu une approche globale, affirmant que toutes les dispositions concernées sont bel et bien incluses dans cette abrogation.

La ministre déléguée à la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a rappelé que le racisme n’a pas disparu avec l’abolition de l’esclavage. Elle a annoncé son intention de présenter un projet de loi en décembre prochain, dédié à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Elle a souligné que « reconnaître, ce n’est ni solder, ni tourner la page, mais s’engager à ce que l’histoire de l’esclavage, de la colonisation et de leur héritage ne soit jamais oubliée, travestie ou banalisée ».

En conclusion

Si l’abrogation du Code noir représente un progrès symbolique significatif, les questions sur les réparations et la lutte contre les inégalités raciales restent au cœur des préoccupations des acteurs politiques et des citoyens. La France se doit d’affronter son passé colonial pour construire un avenir plus juste.


Source : Assemblee-nationale : actualités et infos décalées en continu, en France et dans le monde (www.huffingtonpost.fr)

Article original : Consulter la source originale

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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