Il est des investissements négligeables qui peuvent rapporter énormément. Dans le cas de Steve Witkoff, alors avocat d’affaires, il s’agit d’un simple sandwich qu’il a offert, en 1986, à son client Donald Trump. Ce dernier était alors empêtré dans l’un des nombreux contentieux qui ont émaillé sa carrière de promoteur immobilier. Sans un sou en poche, comme il sied à un ultra-riche, Trump s’était laissé inviter par son conseil.

Quelques années plus tard, il s’en est souvenu, nouant avec Witkoff, reconverti dans l’immobilier, une amitié durable et un partenariat solide, nourris par leur passion commune pour le golf. Les deux hommes installent d’ailleurs en Floride leurs clubs de golf respectifs non loin l’un de l’autre.

C’est au cours d’une partie avec Witkoff que Trump échappe, le 15 septembre 2024, à une tentative d’assassinat à West Palm Beach, en Floride. Deux mois après, le candidat républicain, qui vient d’être élu pour un second mandat à la Maison Blanche, annonce la nomination de Witkoff comme son futur envoyé spécial pour le Moyen-Orient.

Ignorance embarrassante

La surprise est générale à Washington, où Jared Kushner, gendre de Trump (et son émissaire au Moyen-Orient pendant son premier mandat), semblait devoir être reconduit. En outre, l’absence de toute expérience diplomatique de Witkoff fait jaser. Cependant, le nouvel émissaire copréside, le 20 janvier 2025, l’organisation de la cérémonie de retour de Trump à la Maison Blanche.

Quelques jours plus tard, il est escorté par l’armée israélienne dans la bande de Gaza, où prévaut un fragile cessez-le-feu. L’ampleur des destructions qu’il découvre, loin de le choquer, le convainc que l’enclave palestinienne peut faire l’objet d’une réhabilitation immobilière aussi spectaculaire que lucrative. Il inspire à Trump le projet de transformer Gaza en une « Riviera du Moyen-Orient », quitte à en expulser la population locale. Le président des Etats-Unis apprécie tellement son émissaire qu’il le dépêche à plusieurs reprises auprès de Vladimir Poutine, afin de régler ce que Trump appelle la « guerre de [Joe] Biden » en Ukraine.

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Le Sandwich qui a Changé le Moyen-Orient : L’Ascension de Steve Witkoff

Un simple sandwich en 1986 a propulsé Steve Witkoff, avocat d’affaires, au rang d’envoyé spécial pour le Moyen-Orient. Une ironie qui en dit long sur les priorités de l’administration Trump.

Il est des investissements négligeables qui peuvent rapporter énormément. Dans le cas de Steve Witkoff, alors avocat d’affaires, il s’agit d’un simple sandwich qu’il a offert, en 1986, à son client Donald Trump. Ce dernier, empêtré dans l’un des nombreux contentieux qui ont émaillé sa carrière de promoteur immobilier, n’avait pas un sou en poche. Comme il sied à un ultra-riche, Trump s’était laissé inviter par son conseil. Qui aurait cru qu’un sandwich pourrait être le fondement d’une carrière diplomatique ?

Ce qui se passe réellement

Quelques années plus tard, Trump se souvient de ce geste amical et noue avec Witkoff une amitié durable, nourrie par leur passion commune pour le golf. Les deux hommes installent leurs clubs de golf respectifs non loin l’un de l’autre en Floride. C’est lors d’une partie avec Witkoff que Trump échappe, le 15 septembre 2024, à une tentative d’assassinat à West Palm Beach. Deux mois après, le candidat républicain, fraîchement réélu, annonce la nomination de Witkoff comme son futur envoyé spécial pour le Moyen-Orient.

Pourquoi cela dérange

La surprise est générale à Washington. Jared Kushner, gendre de Trump et son émissaire au Moyen-Orient pendant son premier mandat, semblait devoir être reconduit. L’absence de toute expérience diplomatique de Witkoff fait jaser, mais cela n’a pas empêché le nouvel émissaire de coprésider, le 20 janvier 2025, l’organisation de la cérémonie de retour de Trump à la Maison Blanche.

Ce que cela implique concrètement

Quelques jours plus tard, Witkoff est escorté par l’armée israélienne dans la bande de Gaza, où prévaut un fragile cessez-le-feu. L’ampleur des destructions qu’il découvre, loin de le choquer, le convainc que l’enclave palestinienne peut faire l’objet d’une réhabilitation immobilière aussi spectaculaire que lucrative. Il inspire à Trump le projet de transformer Gaza en une « Riviera du Moyen-Orient », quitte à en expulser la population locale.

Lecture satirique

Il est fascinant de voir comment un sandwich a pu ouvrir la voie à des décisions aussi farfelues. Witkoff, sans expérience diplomatique, est propulsé à un poste clé, illustrant parfaitement le décalage entre les promesses de compétence et la réalité. Trump, qui se vante d’être un homme d’affaires avisé, semble plus intéressé par le profit immobilier que par la paix.

Effet miroir international

Ce scénario rappelle les dérives autoritaires d’autres pays, où les relations diplomatiques sont souvent traitées comme des affaires commerciales. La nomination de Witkoff pourrait être perçue comme un écho des pratiques de leaders comme Vladimir Poutine, qui privilégient les intérêts personnels au détriment de la diplomatie traditionnelle.

À quoi s’attendre

Avec Witkoff à la tête des affaires au Moyen-Orient, on peut s’attendre à un mélange explosif de décisions immobilières et de diplomatie improvisée. La réalité pourrait bien dépasser la fiction, et les conséquences pour la région pourraient être désastreuses.

Sources

Source : www.lemonde.fr

« Steve Witkoff, le négociateur préféré de Trump, fait moins prospérer la paix que ses affaires »
Visuel — Source : www.lemonde.fr
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