Publié



Mis à jour



Temps de lecture : 5min

Le SailGP d'Auckland 2026, en Nouvelle-Zélande. (K-CHALLENGE)

Le SailGP d’Auckland 2026, en Nouvelle-Zélande. (K-CHALLENGE)

Le bateau français du circuit Sail GP reprend du service à l’occasion de la manche à Rio de Janeiro au Brésil, deux mois après un spectaculaire accident qui avait blessé deux marins. La question de la sécurité est devenue primordiale.

L’image a été spectaculaire et extrêmement rare sur une course de bateaux. Le 14 février dernier à Auckland, le voilier français et celui des Néo-Zélandais s’étaient violemment percutés lors d’une épreuve du Sail GP, circuit mondial sur des bateaux volants ultrarapides. Un choc à près de 90 km/h et deux marins blessés : l’un, Néo-Zélandais, est touché aux jambes.

L’autre est une navigatrice française, Manon Audinet, victime de cette collision si brutale que le bateau s’est arrêté net quand elle se trouvait dans le cockpit.

« Avec le choc, je suis partie sur l’avant, se souvient la Rochelaise de 34 ans. J’ai tapé le volant et je l’ai cassé avec ma cage thoracique. En tout cas, c’est ce que je pense car c’est là que j’avais mal, je ne me souviens plus trop. Ça aurait pu être un vrai drame. Je m’estime super chanceuse d’être là, de pouvoir marcher, de pouvoir avoir une vie normale. » Résultat quand même : une semaine d’hospitalisation en Nouvelle-Zélande et beaucoup de rééducation.

Manon Audinet est toujours chez elle à la Rochelle mais pas encore sur l’eau. « Je ne suis pas encore rétablie du tout et il va falloir encore au moins un petit mois et demi pour espérer que tout soit réparé, notamment pour mon poignet. Je dois être patiente, ce n’est pas le plus simple et ce n’est pas ma première qualité« , admet-elle.

L’équipe française a été très vite accompagnée par une cellule psychologique. « C’est sûr que ça a été un crash important et on va voir dès ce week-end à Rio s’il y a des traces, assume Quentin Delapierre, le pilote principal du bateau tricolore. Tout le monde a été accompagné du mieux possible avec des psychologues qu’on avait en équipe de France olympique. Personnellement, je ne ressens pas de peur naissante ou d’appréhension. Même quand il a fallu retourner sur le bateau le lendemain, j’étais toujours concentré sur l’enjeu avec l’adrénaline de la compétition. Je touche du bois.« 

Quentin Delapierre, skippeur français. (K-CHALLENGE)

Quentin Delapierre, skippeur français. (K-CHALLENGE)

Cet accident a aussi mis au jour les questions de sécurité sur ces bateaux où les marins sont amenés à bouger constamment. « Comme on a toujours besoin de se déplacer pour les manœuvres, on ne peut pas être dans un espace restreint où on serait protégé, comme dans une voiture de course« , explique Manon Audinet. Les marins portent des casques et quelques protections sur le torse. Ils sont aussi équipés d’une petite bouteille d’oxygène et d’un couteau s’ils tombent à l’eau. Mais rien de plus… Même si beaucoup de choses sont déjà réalisées en matière de sécurité. « C’est le championnat de voile le plus développé en termes de sécurité« , assure Quentin Delapierre.

« Je n’ai jamais eu l’expérience d’un tel niveau de sécurité sur d’autres compétitions auparavant. »

Quentin Delapierre, skipper français

à franceinfo

Les bateaux, des F50 (comme 50 pieds, soit 15,24 mètres), exactement les mêmes pour chaque pays, sont équipés de foils et peuvent atteindre des pointes de vitesse à plus de 100 km/h. L’aire de la course est assez restreinte, d’où des risques de collision élevés. « Par exemple, on a une alarme à bord qui sonne lorsqu’on est en route de collision avec un autre bateau. C’est un exemple parmi tant d’autres« , avance le skipper du Team France DS Automobiles.

Mais les interrogations sur la sécurité de ces courses prennent un tour presque philosophique : quels risques sont prêts à prendre les équipages pour voler sur l’eau de plus en plus vite ? « Historiquement, notre sport est un sport lent avec des vitesses très basses et on vit une révolution depuis une dizaine d’années, développe Quentin Delapierre. On se rapproche des vitesses des sports mécaniques. Pour avoir discuté avec certains pilotes, le risque de se blesser ou d’avoir des contacts assez rudes en sport mécanique, c’est quelque chose qu’un pilote assimile dès le plus jeune âge. Nous aussi, il faut accepter ce risque de collision dû à la vitesse qui augmente.« 

« Le risque 0 n’existera jamais. Pour moi, c’est une chimère. La seule question à se poser, c’est comment on fait pour contrôler la gravité de ces accidents ? »

Quentin Delapierre, skipper français

à franceinfo

D’autres pistes sont en discussion, comme diviser la flotte en deux à partir d’une certaine force du vent pour éviter une densité trop importante sur l’eau au moment des manches (il y a 13 bateaux engagés cette saison). « Ça enlève de l’intérêt au côté sportif, même pour nous en tant que navigant, conclut Manon Audinet. Naviguer contre 7 bateaux, c’est moins intéressant que contre 12. Il va falloir trouver l’équilibre entre la nécessité du spectacle sportif et les impératifs de sécurité.« 

En attendant de trouver le bon dosage, les Français, qui avaient raté l’étape de Sydney juste après l’accident, vont reprendre la compétition sur un bateau qui lui aussi a été abîmé et qu’ils n’ont jamais pu retester depuis. Pour l’instant, les Bleus sont quatrièmes au classement général.

Le SailGP : Quand la vitesse rime avec danger

Un accident spectaculaire sur le circuit Sail GP soulève des questions de sécurité, mais la compétition continue à toute allure. Ironie du sort, la vitesse est le nouvel enjeu, au détriment de la sécurité.

Le 14 février dernier, le monde de la voile a été secoué par une collision à 90 km/h entre le voilier français et son homologue néo-zélandais lors d’une épreuve du Sail GP à Auckland. Deux marins ont été blessés, dont la navigatrice française Manon Audinet, qui a frôlé le drame. « Je m’estime super chanceuse d’être là », a-t-elle déclaré après une semaine d’hospitalisation. Mais la question demeure : à quel prix cette chance ?

Ce qui se passe réellement

Le Sail GP, circuit mondial de bateaux volants ultrarapides, a mis en lumière les dangers inhérents à cette compétition. Les marins, bien que protégés par des casques et quelques protections, naviguent dans un environnement où la vitesse est reine, et la sécurité, une option. Quentin Delapierre, le pilote principal du bateau tricolore, évoque une « révolution » dans le sport, où les vitesses s’apparentent désormais à celles des sports mécaniques. Mais à quel prix ?

Pourquoi cela dérange

Les contradictions sont flagrantes : d’un côté, on nous assure que la sécurité est une priorité, de l’autre, les marins sont exposés à des risques considérables. « Le risque 0 n’existera jamais », admet Delapierre. Mais alors, pourquoi continuer à pousser les limites ? Les promesses de sécurité semblent se heurter à la réalité d’une compétition où le spectacle prime sur la prudence.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cet accident sont multiples. D’une part, il y a les blessures physiques, mais aussi les traumatismes psychologiques. L’équipe a dû faire appel à des psychologues pour accompagner les marins, une mesure qui, bien que nécessaire, soulève des questions sur la préparation et la sécurité des compétitions.

Lecture satirique

Ironiquement, alors que les organisateurs se vantent d’un « championnat de voile le plus développé en termes de sécurité », les marins continuent de naviguer sur des bateaux qui ressemblent plus à des bombes à retardement qu’à des engins de loisir. La promesse d’une sécurité accrue semble être une chimère, masquant la réalité d’une compétition où le danger est omniprésent.

Effet miroir international

Cette situation rappelle les dérives autoritaires que l’on observe dans d’autres domaines, où la vitesse et le spectacle prennent le pas sur la sécurité et le bien-être des individus. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, les politiques semblent souvent privilégier l’image au détriment de la réalité. Le Sail GP n’est qu’un microcosme de cette tendance inquiétante.

À quoi s’attendre

Alors que les Français se préparent à reprendre la compétition à Rio, la question de la sécurité reste en suspens. Les marins devront naviguer sur un bateau endommagé, sans avoir pu le tester depuis l’accident. Les Bleus, actuellement quatrièmes au classement général, devront jongler entre la pression de la compétition et les risques encourus.

Sources

Source : www.franceinfo.fr

Témoignages
Visuel — Source : www.franceinfo.fr
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire