L’anticipation de l’échec conduit toujours à son avènement. Ce qui se passe en ce moment entre une part croissante du monde économique et le Rassemblement national (RN) relève de cette capitulation. Des digues s’affaissent, des rapprochements s’organisent, alors même que la plus grande partie du patronat considère toujours les propositions de l’extrême droite comme funestes.
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Autrefois unanimement distants, de plus en plus de chefs d’entreprise franchissent désormais la ligne et répondent aux sollicitations de leaders du RN, trop heureux de recevoir, à chacune de ces rencontres, une marque supplémentaire de respectabilité. La justification est toujours la même : le souci de « former » ce parti, compte tenu de son inexpérience et de la faiblesse de son programme économique, dans l’hypothèse d’une victoire électorale à la présidentielle.
Ces patrons le font rarement par adhésion aux idées de l’extrême droite, tant ils savent que les proximités internationales douteuses du RN menaceraient notre souveraineté et combien son aspiration est profondément antirépublicaine, incarnée par son projet de réforme constitutionnelle en faveur de la préférence nationale. Ils mesurent tous la difficulté qu’ils auraient à piloter leur entreprise dans un monde où l’aveuglement et la radicalité remplaceraient le dialogue, où l’ostracisation minerait les collectifs, où l’idéologie supplanterait la raison. Mais beaucoup le font avec le souci de limiter la casse, ou plus cyniquement pour quelques-uns de ménager leurs arrières. Bref, on s’accommode, on se prépare, on fait preuve d’indulgence.
Se réconcilier
C’est pourtant une erreur tactique autant qu’une illusion politique. Ce rapprochement sert avant tout les intérêts d’un parti qui a un besoin vital de renforcer sa culture économique et de consolider ses réseaux pour asseoir sa légitimité. Cette dynamique lui confère ainsi une respectabilité et une crédibilité technique longtemps inexistantes aux yeux de l’opinion et entraîne le risque d’accélérer sa victoire. Il est ensuite illusoire de penser pouvoir influer sur une idéologie aussi radicale. L’exemple trumpiste, de l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021 aux atteintes constantes à l’Etat de droit, nous montre que le risque est réel qu’une accession au pouvoir du RN ne soit pas seulement une parenthèse, mais bien une rupture.
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Le Rassemblement National et le monde économique : une danse macabre
L’alliance inattendue entre le patronat et l’extrême droite : un mariage de raison ou une capitulation honteuse ?
Alors que le monde économique semble s’embraser dans une danse macabre avec le Rassemblement National (RN), il est difficile de ne pas sourire, ou plutôt de ne pas grimacer, face à cette farce tragique. Les digues de la décence s’effondrent, et les chefs d’entreprise, jadis réticents, se précipitent pour répondre aux appels du RN, comme des mouches attirées par le miel. Mais que se cache-t-il derrière cette soudaine amitié ?
Ce qui se passe réellement
L’anticipation de l’échec conduit toujours à son avènement. Ce qui se passe en ce moment entre une part croissante du monde économique et le Rassemblement national (RN) relève de cette capitulation. Des digues s’affaissent, des rapprochements s’organisent, alors même que la plus grande partie du patronat considère toujours les propositions de l’extrême droite comme funestes. Autrefois unanimement distants, de plus en plus de chefs d’entreprise franchissent désormais la ligne et répondent aux sollicitations de leaders du RN, trop heureux de recevoir, à chacune de ces rencontres, une marque supplémentaire de respectabilité. La justification est toujours la même : le souci de « former » ce parti, compte tenu de son inexpérience et de la faiblesse de son programme économique, dans l’hypothèse d’une victoire électorale à la présidentielle.
Pourquoi cela dérange
Ces patrons, en se rapprochant du RN, semblent oublier que leur propre légitimité est en jeu. Ils le font rarement par adhésion aux idées de l’extrême droite, tant ils savent que les proximités internationales douteuses du RN menaceraient notre souveraineté. Mais, dans un monde où l’aveuglement et la radicalité remplacent le dialogue, comment peuvent-ils espérer piloter leurs entreprises ? C’est une danse sur un volcan, où l’ostracisation et l’idéologie pourraient bien miner les collectifs.
Ce que cela implique concrètement
Ce rapprochement sert avant tout les intérêts d’un parti qui a un besoin vital de renforcer sa culture économique et de consolider ses réseaux pour asseoir sa légitimité. Cette dynamique lui confère ainsi une respectabilité et une crédibilité technique longtemps inexistantes aux yeux de l’opinion, entraînant le risque d’accélérer sa victoire. Et qui, parmi ces chefs d’entreprise, osera affirmer qu’ils peuvent influencer une idéologie aussi radicale ?
Lecture satirique
Ah, la promesse de « former » le RN ! C’est un peu comme essayer de donner des leçons de politesse à un bulldozer. Les patrons se bercent d’illusions, pensant qu’ils peuvent apprivoiser un tigre. L’exemple trumpiste, de l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021 aux atteintes constantes à l’État de droit, nous montre que le risque est réel qu’une accession au pouvoir du RN ne soit pas seulement une parenthèse, mais bien une rupture.
Effet miroir international
Ce phénomène n’est pas isolé. À l’échelle mondiale, des leaders autoritaires, de Trump à Poutine, montrent qu’une fois au pouvoir, les promesses de respectabilité s’évaporent comme la rosée au soleil. Les patrons français semblent ignorer cette leçon, préférant jouer à la roulette russe avec leur avenir.
À quoi s’attendre
Si cette tendance se poursuit, nous pourrions bien assister à une normalisation de l’extrême droite dans le paysage politique français. Une victoire du RN ne serait pas seulement une victoire électorale, mais un véritable coup de grâce à notre démocratie. Les conséquences seraient désastreuses, tant sur le plan économique que social.
Sources




