« Le Passage », de Mathieu Persan (Hachette, 256 p., 19,95 €, numérique 14,99 €).

Cette phrase glace le sang : « Je ne suis pas sûre d’y arriver encore longtemps. » Elle a été prononcée par une adolescente de 15 ans et est relayée par son père. Ce roman graphique, Le Passage, l’illustrateur Mathieu Persan « aurait préféré ne jamais l’écrire ». Mais il fallait témoigner. Parler autrement de la maladie psychique, « rendre visibles tous ceux que l’on ne veut pas voir, qui ont tendance à disparaître de la société parce que c’est plus pratique de les effacer que de les aider », confie au Monde Mathieu Persan. Et les jeunes sont nombreux à voir leur santé mentale se dégrader. Les chiffres en attestent.

A travers le trait noir et blanc, texte et dessin se complètent. L’humour affleure parfois, pour respirer un peu. « Les mots seuls ne suffisaient pas pour traduire fidèlement les émotions complexes de ma fille », ajoute-t-il. Le livre s’ouvre sur un souvenir traumatique : un appel de la police, un soir d’hiver : « Il faut venir tout de suite. » Fous d’inquiétude, les parents courent, main dans la main, vers un « abysse inconnu ». Leur fille aînée a voulu mettre fin à ses jours. Une détresse jusqu’ici cachée. « Comment se fait-il que, dans la nuit étoilée, elle ne voie plus que le noir infini ? », se demande l’auteur.

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« Le Passage » : Quand la santé mentale devient un sujet tabou

Une adolescente de 15 ans déclare : « Je ne suis pas sûre d’y arriver encore longtemps. » Un cri du cœur qui résonne dans un monde où la santé mentale est souvent ignorée.

Dans le roman graphique Le Passage, Mathieu Persan nous plonge dans l’univers sombre et complexe de la maladie psychique. Ce n’est pas un choix d’écrivain, mais un devoir de témoignage. Persan, qui avoue avoir « préféré ne jamais l’écrire », se retrouve face à une réalité glaçante : les jeunes souffrent en silence, souvent invisibles aux yeux d’une société qui préfère détourner le regard.

Ce qui se passe réellement

Ce livre s’ouvre sur un appel de la police, un soir d’hiver : « Il faut venir tout de suite. » Les parents, pris de panique, s’élancent vers un « abysse inconnu ». Leur fille aînée, dans un moment de détresse, a tenté de mettre fin à ses jours. Ce récit, bien que fictif, est le reflet d’une réalité alarmante. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la santé mentale des jeunes se dégrade, et les discours politiques semblent ignorer cette crise. Comme le souligne Persan, il est temps de « rendre visibles tous ceux que l’on ne veut pas voir ». Mais qui, dans le paysage politique actuel, se soucie vraiment de ces voix étouffées ?

Pourquoi cela dérange

La société se complaît dans une ignorance confortable. Les promesses de soutien et de prévention se heurtent à la réalité d’un système qui préfère les statistiques à l’empathie. Les discours politiques, souvent déconnectés des réalités vécues, s’apparentent à des slogans creux. Quand les élus parlent de « bien-être » et de « santé mentale », combien d’entre eux ont réellement écouté les adolescents qui souffrent ?

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont désastreuses. Ignorer la détresse psychique des jeunes, c’est les condamner à vivre dans l’ombre, à se sentir coupables de leur souffrance. Les politiques publiques, souvent axées sur des mesures superficielles, échouent à adresser les véritables besoins. Les jeunes sont laissés à eux-mêmes, et les parents, désemparés, se battent dans un système qui ne les comprend pas.

Lecture satirique

Il est ironique de constater que, dans un monde où les réseaux sociaux sont omniprésents, les voix des jeunes sont souvent étouffées. Les promesses de dialogue et de soutien se heurtent à une réalité où les décisions politiques semblent dictées par des intérêts éloignés des préoccupations des citoyens. Loin des discours bien-pensants, la réalité est que les jeunes sont en détresse, et que les solutions proposées sont souvent des pansements sur une plaie béante.

Effet miroir international

À l’échelle mondiale, la situation n’est guère meilleure. Des pays comme les États-Unis et la Russie montrent comment des discours autoritaires peuvent étouffer les voix des plus vulnérables. La santé mentale devient un sujet tabou, relégué au second plan derrière des préoccupations politiques plus « pressantes ». Les parallèles sont frappants : là où l’indifférence règne, la souffrance prospère.

À quoi s’attendre

Si les tendances actuelles se poursuivent, nous risquons de voir une génération entière se perdre dans l’oubli. Les politiques doivent évoluer pour répondre aux véritables besoins des jeunes, sinon nous continuerons à entendre des cris du cœur, sans jamais vraiment les écouter.

Sources

Source : www.lemonde.fr

« Le Passage », un roman graphique à deux voix pour évoquer la dépression d’une adolescente
Visuel — Source : www.lemonde.fr
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