Le Mexique : entre Mondial de football et disparitions forcées

Alors que le Mexique se prépare à accueillir le Mondial de football 2026, la présidente Claudia Sheinbaum s’insurge contre un rapport de l’ONU évoquant des crimes contre l’humanité liés aux disparitions forcées. Un bel exemple de déni en pleine lumière.

À quelques semaines de la grande fête du football, le gouvernement mexicain semble plus préoccupé par son image que par les 130 000 disparitions qui hantent le pays. En conférence de presse, Claudia Sheinbaum, visiblement irritée, a déclaré : « Nous ne sommes pas d’accord avec [les conclusions de] ce document. » Une réaction qui pourrait faire sourire, si ce n’était pas si tragique.

Ce qui se passe réellement

Le rapport de l’ONU, fraîchement publié, pointe la complicité d’agents de l’État dans des disparitions qualifiées de « crimes contre l’humanité ». Mais pour Sheinbaum, il s’agit d’une attaque injustifiée. « S’il y a bien une chose que le gouvernement mexicain a faite, c’est de s’attaquer à ce problème », a-t-elle affirmé, comme si la simple déclaration pouvait effacer des années de négligence.

Les chiffres sont accablants : 130 000 personnes portées disparues, dont le gouvernement a récemment tenté de réduire le nombre en affirmant que 40 000 cas ne seraient pas des disparitions forcées. Mais qui peut croire que des personnes disparues, puis retrouvées par leurs proches dans des fosses communes, ont simplement « eu des contacts avec l’État » ?

Des disparitions perpétrées par les cartels, avec la complicité d’agents de l’État

Jimena Reyes, de la Fédération internationale des droits de l’homme, souligne que les cartels de drogue, souvent avec l’aide de policiers, continuent de faire régner la terreur. « Ils détiennent arbitrairement des personnes avant de les faire disparaître », explique-t-elle. Mais pour le gouvernement, il semble plus facile de balayer ces accusations sous le tapis que d’affronter la réalité.

Pourquoi cela dérange

Les critiques émises par l’ONU ne sont pas seulement des « tristes critiques », comme le dit le gouvernement. Elles révèlent une réalité que l’administration Sheinbaum refuse d’affronter. En lieu et place d’un dialogue avec les victimes, on préfère la disqualification et le déni.

Ce que cela implique concrètement

La lutte contre l’insécurité, affichée comme une priorité, semble se heurter à une réalité bien plus sombre. Les associations de victimes, qui cherchent désespérément à faire reconnaître leur souffrance, sont laissées pour compte. Pendant ce temps, le gouvernement continue de jouer la comédie, espérant que le Mondial de football masquera ses échecs.

Lecture satirique

Il est ironique de voir un gouvernement qui se vante de ses efforts pour lutter contre l’insécurité, tout en étant accusé de complicité dans des crimes contre l’humanité. Peut-être que le véritable sport national au Mexique n’est pas le football, mais le déni.

Effet miroir international

Cette situation n’est pas sans rappeler d’autres dérives autoritaires à travers le monde. Comme aux États-Unis ou en Russie, où les gouvernements tentent de contrôler le récit public, le Mexique semble suivre le même chemin, préférant le discours à la réalité.

À quoi s’attendre

Si la tendance actuelle se poursuit, on peut s’attendre à ce que les disparitions continuent, tout comme les tentatives du gouvernement de minimiser la situation. Le Mondial de football pourrait bien devenir le décor d’une tragédie humaine, masquée par des célébrations.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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