Le Maroc, futur hub de l’IA : entre promesses et réalité

Le Maroc aspire à devenir le leader africain de l’intelligence artificielle, mais la réalité du marché et les défis structurels soulèvent des questions sur cette ambition.

Lors de la quatrième édition de GITEX Africa Morocco 2026, l’ambassadeur Omar Hilale a déclaré que le Maroc veut jouer un rôle de catalyseur dans la gouvernance mondiale de l’IA. Une ambition qui, à première vue, semble noble. Mais derrière cette façade se cache une réalité bien plus complexe, où l’Afrique ne représente qu’une infime part du marché mondial de l’IA.

Ce qui se passe réellement

Hilale a souligné que le marché mondial de l’IA pourrait atteindre cinq trillions de dollars d’ici 2033, tandis que l’Afrique ne capte que 2,5% de ce marché et à peine 1,5% des investissements. Avec seulement 17 cadres nationaux adoptés et 89% des pays africains exclus des grandes initiatives internationales, on peut se demander si cette ambition n’est pas une simple illusion.

Pourquoi cela dérange

La promesse d’une coopération internationale « cohérente et équitable » semble s’opposer à la réalité où les divergences d’intérêts entre États ralentissent les progrès. La nécessité d’une coordination entre initiatives régionales, comme celles de Bletchley Park ou de New Delhi, met en lumière l’absence d’une vision unifiée.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette situation sont préoccupantes : le Maroc pourrait se retrouver à jouer le rôle de figurant sur la scène mondiale de l’IA, alors qu’il aspire à être un acteur clé. La feuille de route « IA Made in Morocco » pourrait bien rester un vœu pieux si les conditions ne changent pas.

Lecture satirique

Il est ironique de voir un pays qui se présente comme un pont entre l’Afrique et le monde, alors qu’il peine à établir des fondations solides. Le discours de Hilale évoque une transformation de l’industrie nationale en « soft power continental », mais à quel prix ? On pourrait presque croire que le Maroc se prépare à une grande fête de l’IA, sans avoir les invités ni le lieu pour l’accueillir.

Effet miroir international

Cette situation rappelle les discours grandiloquents de certains pays autoritaires, qui promettent monts et merveilles tout en restant figés dans des pratiques obsolètes. Les promesses de l’ONU sur le Pacte numérique mondial, par exemple, semblent souvent déconnectées des réalités du terrain.

À quoi s’attendre

À moins que des efforts concrets ne soient déployés pour remédier à ces lacunes, le Maroc risque de rester un acteur secondaire dans le domaine de l’IA. Les promesses de coopération Sud-Sud et triangulaire pourraient bien n’être que des mots en l’air.

Sources

Source : www.lereporter.ma

Visuel — Source : www.lereporter.ma
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