Le Japon se prépare à un tournant majeur de son exploration spatiale avec sa mission Martian Moons eXploration (MMX), dont le lancement est envisagé pour le 19 octobre 2026. Cette mission vise à étudier Phobos, l’une des deux lunes de Mars, et à rapporter des échantillons sur Terre, un projet soutenu par les agences spatiales française et allemande.

Le projet MMX : un enjeu scientifique et technique

La Japan Aerospace Exploration Agency (Jaxa) positionne la mission MMX comme l’un de ses projets les plus ambitieux. La fenêtre de lancement pour la fusée H3, depuis le centre spatial de Tanegashima, est limitée à 19 jours, avec une prochaine opportunité qui ne se présentera qu’à la fin de 2028. À terme, la sonde est attendue en orbite martienne, près de Phobos, en août 2027, où elle restera pendant plusieurs années pour réaliser des observations approfondies.
Phobos : la lune mystérieuse de Mars
Phobos, avec un diamètre d’environ 27 kilomètres, orbite à seulement 6 000 kilomètres de la surface martienne. Cette lune suscite des questions sur ses origines : est-elle un astéroïde capturé ou des débris issus d’un impact sur Mars ? Avec le matériel de prélèvement prévu, cette mission pourrait apporter des réponses cruciales sur l’histoire du système martien.
Des efforts passés infructueux
Ce ne sera pas la première tentative d’explorer Phobos. En 1988, deux sondes soviétiques ont tenté d’orbiter autour de Mars et d’atterrir sur Phobos, sans succès. Plus récemment, en 2011, la sonde Phobos-Grunt a échoué tragiquement en ne parvenant pas à quitter l’orbite terrestre. Malgré ces échecs, d’autres agences comme la NASA et l’ESA ont approché Phobos au fil des décennies, mais aucune ne s’est encore posée sur sa surface.
Le Japon à la pointe du retour d’échantillons
Leader en matière de retour d’échantillons, la Jaxa s’est distinguée grâce à ses missions Hayabusa et Hayabusa2, qui ont ramené des échantillons d’astéroïdes. La mission MMX marque un nouvel objectif : l’atterrissage et la collecte de matériaux de Phobos. Un spectromètre infrarouge français, Mirs, jouera un rôle clé dans la sélection des sites d’atterrissage.
Le rover Idefix : un allié sur Phobos
Un rover franco-allemand, nommé Idefix, servira d’éclaireur et testera les conditions d’atterrissage. Prévu pour évoluer en microgravité, il tentera de se stabiliser sur la surface de Phobos, parcourant une centaine de mètres au cours de sa mission. Après ses analyses, la sonde principale s’installera pour prélever des échantillons à deux endroits différents, chacun de ces atterrissages visant à trancher entre les théories sur l’origine de la lune.
Un retour des échantillons prévu pour 2031
La mission MMX est conçue pour une durée de trois ans dans le système martien. Après avoir déposé son matériel d’atterrissage, la sonde va entreprendre un voyage retour vers la Terre. La capsule d’échantillons devrait se séparer du module en juillet 2031, atterrissant en Australie pour que les scientifiques puissent l’analyser, avec une attention particulière portée sur les gaz piégés et le régolithe prélèvé.
Un projet industriel ambitieux
Cette mission utilise un lanceur H3 modulaire, développé par la Jaxa et Mitsubishi Heavy Industries, spécifiquement conçu pour cette expédition. Grâce à cette initiative, le Japon se positionne comme un acteur majeur dans l’exploration spatiale, à une époque où la coopération internationale est plus cruciale que jamais.
Source : Espace : actualités, podcasts, vidéos et analyses – RFI (www.rfi.fr)
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Auteur : Igor Gauquelin







