Le Japon face à une épidémie de pollen : quand le rhume des foins devient une « cause nationale »
Près de 43 % des Japonais souffrent d’allergies saisonnières, entraînant des pertes économiques colossales, et le gouvernement de Fumio Kishida s’attaque au fléau.
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Avec le printemps, le Japon ne célèbre pas seulement le retour des cerisiers en fleurs, mais aussi celui des éternuements à répétition. En effet, près de 43 % de la population se plaint de symptômes liés aux allergies au pollen, un problème que le gouvernement a décidé de traiter avec toute la gravité qu’il mérite.
Ce qui se passe réellement
Le site de la radiotélévision publique NHK souligne que près de 43 % de la population de l’archipel déclare souffrir de ces symptômes. En 2023, le gouvernement de l’ancien Premier ministre Fumio Kishida a pris cette situation très au sérieux, la qualifiant de “cause nationale”. Et pour cause : le quotidien Mainichi Shimbun estime que les pertes économiques dues au rhume des foins s’élèvent à 245 milliards de yens (environ 1,3 milliard d’euros) par jour.
Une enquête révèle que la moitié des 20-60 ans admettent que “leurs performances [de travail] ont diminué en moyenne pendant environ 3,2 heures” à cause de cette gêne, certains allant jusqu’à signaler une baisse de performance de huit heures ou plus.
Couper des arbres pour reboiser
Citées par le Japan Times, les autorités de Tokyo annoncent une “dispersion du pollen plus rapide que d’habitude”. Les cèdres et cyprès, qui représentent 30 % des arbres des forêts japonaises, sont les principaux coupables de cette allergie. Ces arbres, massivement plantés après la guerre pour assurer l’approvisionnement en bois, sont désormais dans le viseur du gouvernement qui prévoit de les abattre pour renouveler les forêts.
Des chercheurs travaillent également sur des variétés de cèdres à “faible teneur en pollen” et sur des “produits antipollen”. Akimi Kobayashi, de l’Agence des forêts du Kansai, a déclaré : “Notre objectif est de réduire d’environ 20 % la présence de cèdres producteurs de pollen dans les forêts plantées à l’échelle nationale au cours des dix prochaines années.”
Réchauffement climatique et manque de main-d’œuvre
La situation est d’autant plus complexe que la quantité de CO2 dans l’atmosphère augmente, favorisant la photosynthèse et donc la production de pollen. Kuramoto Shigeo, du Centre de recherche sur la sylviculture du Kansai, explique que cette photosynthèse intense accroît la production de pollen.
Le manque de main-d’œuvre dans le secteur forestier complique également les choses. Le nombre d’agents forestiers a chuté à environ 44 000 en 2020, soit un tiers de ce qu’il était il y a quarante ans, en raison du vieillissement de la population japonaise.
Pourquoi c’est important maintenant
La lutte contre le rhume des foins au Japon est cruciale non seulement pour la santé publique, mais aussi pour l’économie. Les pertes économiques engendrées par cette allergie affectent directement la productivité des travailleurs, ce qui pourrait avoir des répercussions sur l’économie nationale.
Ce que cela change pour vous
Pour les Japonais, cette situation signifie des journées de travail potentiellement moins productives, des dépenses médicales accrues et un impact sur la qualité de vie. Les mesures prises par le gouvernement pourraient offrir un soulagement, mais leur efficacité reste à prouver.
Zones ou acteurs concernés
- Tokyo : métropole touchée par la pollution de pollen.
- Fumio Kishida : ancien Premier ministre, initiateur de la lutte contre le rhume des foins.
- Agences forestières : responsables de la gestion des forêts et de la lutte contre le pollen.
Les chiffres clés
- 43 % de la population japonaise souffre d’allergies au pollen.
- 245 milliards de yens de pertes économiques par jour.
- 44 000 agents forestiers en 2020, un tiers du nombre d’il y a quarante ans.
Lecture critique
La réponse du gouvernement japonais face à cette crise allergique est un exemple de la manière dont des problèmes environnementaux peuvent avoir des conséquences économiques directes. La nécessité d’une gestion durable des forêts est plus pressante que jamais.
À quoi s’attendre
Si les efforts pour réduire la production de pollen portent leurs fruits, cela pourrait améliorer la qualité de vie des Japonais et réduire les pertes économiques. Toutefois, la lutte contre le changement climatique et le vieillissement de la population restent des défis majeurs.
Sources
Source : www.courrierinternational.com

