Le Japon : De couches usagées à promesses recyclées

Un fabricant nippon de couches se lance dans le recyclage, mais est-ce vraiment une avancée ou juste un coup de communication ?

Dans un monde où l’absurde côtoie le génie, le Japon fait parler de lui avec une innovation qui pourrait bien faire rougir d’envie les plus grands écologistes : Unicharm, le géant des couches, a mis au point un procédé de recyclage permettant de produire des couches neuves à partir de couches usagées. Oui, vous avez bien lu. Derrière cette « première mondiale », l’objectif est double : réduire les déchets et répondre à une demande croissante en couches pour adultes. Mais n’est-ce pas là une manière élégante de masquer une réalité bien plus crue ?

Ce qui se passe réellement

Il s’agit d’une “première mondiale”, rapporte le quotidien The Japan Times. Le fabricant de couches nippon Unicharm a mis au point un procédé de recyclage permettant de produire des couches neuves à partir de couches usagées. Derrière cette innovation, l’objectif est double.

D’une part, il s’agit de réduire les déchets : des milliards de couches sont brûlées ou enfouies chaque année au Japon, et leur volume ne cesse d’augmenter. Selon l’entreprise, le pays “jettera 2,6 millions de tonnes de couches sales par an d’ici à 2030, contre environ 2,2 millions en 2020”.

D’autre part, l’objectif est de répondre à la demande croissante en couches pour adultes, qui dépasse désormais celle des couches pour bébés, dans un pays marqué par une faible natalité et une population vieillissante. “En 2024, le Japon a produit 9,6 milliards de couches et de protections pour adultes, contre 8 milliards pour les bébés”, précise le journal anglophone.

Le dispositif de recyclage est actuellement testé dans deux localités de la préfecture de Kagoshima, dans le sud de l’archipel. Saturées de déchets depuis plusieurs années, ces villes en recyclent désormais 80 %, “soit quatre fois la moyenne japonaise”.

Recyclage en circuit fermé

Le processus de recyclage des couches n’est pas nouveau. Ces protections jetables peuvent être transformées en produits comme du papier toilette, une fois qu’elles ont été “déchiquetées, lavées et triées en pâte à papier, plastique et composés chimiques superabsorbants”, explique le Japan Times.

C’est le recyclage en boucle fermée des couches qui est présenté ici comme une véritable avancée. Il s’agit de réutiliser la “pulpe”, le principal composant des couches, pour la soumettre ensuite à un traitement à l’ozone pour la stérilisation, le blanchiment et la désodorisation, précise le quotidien.

D’ici à 2028, le groupe ambitionne de recycler également le plastique et les matériaux absorbants des couches pour en fabriquer de nouvelles.

“Le gouvernement souhaite que, pour 2030, au moins 100 des plus de 1 700 municipalités du pays commencent à recycler les couches, ou du moins qu’elles aient ouvert le débat”, conclut le Japan Times.

Pourquoi cela dérange

Au-delà de l’innovation, la question qui se pose est celle de la responsabilité. Pourquoi attendre 2030 pour que seulement 100 municipalités se mettent à recycler ces couches ? Est-ce que cela ne ressemble pas à une promesse électorale en période de campagne ? Les chiffres avancés par Unicharm, bien que préoccupants, semblent plus être une manière de détourner l’attention des véritables enjeux environnementaux du pays.

Ce que cela implique concrètement

Si le recyclage des couches est une avancée, il ne faut pas oublier que cela ne résout pas le problème de la surconsommation et de la production de déchets. Le Japon, avec sa population vieillissante, doit faire face à une demande croissante en couches pour adultes, mais cela ne justifie pas de continuer à produire autant de déchets. La question est de savoir si ce recyclage sera réellement mis en œuvre à grande échelle ou s’il ne s’agit que d’un coup de marketing.

Lecture satirique

Ironiquement, alors que le Japon se vante de son innovation dans le recyclage, d’autres pays, souvent critiqués pour leurs politiques environnementales laxistes, pourraient bien se moquer de cette situation. Après tout, qui aurait cru que le recyclage de couches usagées deviendrait le modèle à suivre ? C’est un peu comme si l’on vantait les mérites d’un gouvernement qui promet de réduire la pauvreté en distribuant des bons d’achat pour des couches !

Effet miroir international

En observant cette situation, on ne peut s’empêcher de penser aux discours des dirigeants autoritaires à travers le monde, qui promettent monts et merveilles tout en continuant à creuser des fossés. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, les promesses de progrès sont souvent accompagnées de régressions inquiétantes. Le recyclage des couches pourrait bien devenir le symbole d’une politique qui, sous couvert d’innovation, cache des vérités bien plus dérangeantes.

À quoi s’attendre

À l’horizon 2030, nous pourrions voir un Japon qui recycle effectivement ses couches, mais à quel prix ? Les promesses de recyclage ne doivent pas masquer l’absence de solutions durables face à la crise des déchets. Une chose est sûre : les couches, qu’elles soient recyclées ou non, continueront de s’accumuler tant que la consommation ne sera pas remise en question.

Sources

Source : www.courrierinternational.com

Visuel — Source : www.courrierinternational.com
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