Le Groenland : un territoire stratégique à 287 milliards de dollars ?
Mise à jour le 2026-01-21 07:15:00 : Donald Trump envisage d’annexer le Groenland, un projet aux conséquences économiques majeures.
Quoi qu’il en coûte, pour le droit international et pour le portefeuille américain. Donald Trump persiste et signe dans sa volonté d’annexer le Groenland. Combien le président américain devrait-il débourser si un tel deal devenait une réalité ? L’île possède des ressources minières, constitue une route stratégique pour les échanges commerciaux Asie-Europe par la mer et un poste avancé sur le plan militaire, explique Constant Varlet-Bertrand, économiste, dans une note du cabinet Asterès. Autant d’éléments qui ont une valeur économique.
Le Groenland fait ainsi figure d’eldorado pour ses ressources minières. En estimant la valeur du sous-sol et les coûts d’infrastructures pour les exploiter, la valorisation s’élèverait au total à 287 milliards de dollars, selon le cabinet Asterès : sept milliards pour les terres rares, 153 milliards pour le pétrole, 49 milliards pour le gaz naturel et 78 milliards pour le NGL (autre forme de gaz).
La valeur de la route maritime Nord
Prendre la main sur le Groenland, c’est posséder un accès à la route maritime Nord, décrite en distance comme 30 à 40 % plus courte que celle passant par le canal de Suez pour les échanges Asie-Europe. « Aujourd’hui, cette route est bloquée par les glaces une grande partie de l’année. Dans quelques décennies, avec le réchauffement climatique, elle sera dégagée et cela entraînera un basculement d’une partie des échanges sur ce trajet », note Constant Varlet-Bertrand. L’avantage compétitif de ce chemin pour le transport maritime permettrait une économie de 40 % sur le prix de l’acheminement par bateaux, et représenterait un gain de 24 milliards de dollars par an, selon ses calculs.
L’épineux calcul de l’évitement du risque nucléaire
« Dans un contexte croissant de remilitarisation de l’Arctique, la position géographique du Groenland en fait un point naturel privilégié pour la détection de missiles passant par le pôle Nord, permettant de gagner de précieuses secondes d’alerte », justifie aussi Constant Varlet-Bertrand dans sa note. Transformer en dollars le coût d’évitement d’une bombe atomique – et de ses conséquences économiques – constitue un exercice hasardeux. Il implique de calculer la probabilité d’une attaque, et d’y associer les chiffres du coût économique d’une telle frappe pour estimer la « valorisation stratégique » du territoire. Elle s’établirait, selon lui, entre 10 milliards et… 40 000 milliards de dollars.
D’autres paramètres pourraient entrer dans le calcul du prix du Groenland : les conséquences d’une hausse des droits de douane – mesure de rétorsion – sur l’acheteur, la valorisation des vies humaines… Autant de critères qui font varier le prix potentiel d’achat. « L’ampleur des écarts, en fonction des critères que l’on choisit pour évaluer le prix d’un territoire, montre qu’il est impossible de lui donner une valeur économique. On peut, au mieux, donner une base de départ à la négociation », pointe Constant Varlet-Bertrand.
Le prix de la force
Car l’histoire nous montre que le prix d’un territoire est le résultat d’un rapport de force entre États. « L’exemple du rachat de la Louisiane en 1803 offre une base d’analyse pour le cas actuel du Groenland. Ce rachat ne correspond pas à l’achat effectif des terres elles-mêmes, mais au transfert des droits coloniaux européens de la France vers les États-Unis. Le « faible prix » payé à la France [15 millions de dollars, NDLR] reflète la faiblesse de la France à l’époque, et donc une valorisation strictement géopolitique et stratégique, et non une évaluation complète des réalités humaines, politiques et territoriales concernées », rappelle l’économiste.
La logique fondamentale du rachat d’un territoire souverain reste la même : elle repose sur un rapport de force lors des négociations. Le dernier recensé, en 1917, celui des Iles Vierges, se jouait déjà entre les États-Unis et le Danemark.
Ce qu’il faut savoir
- Le fait : La valorisation du Groenland pourrait atteindre 287 milliards de dollars.
- Qui est concerné : Les États-Unis et le Danemark.
- Quand : Actuellement, avec des implications futures.
- Où : Groenland, dans l’Arctique.
Sources
Source : Le Journal de Saône et Loire
Source : Le Journal de Saône et Loire
Source : Le Journal de Saône et Loire

Source d’origine : Voir la publication initiale
Date : 2026-01-21 07:15:00 — Site : www.lejsl.com
Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets
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Publié le : 2026-01-21 07:15:00 — Slug : groenland-ressources-minieres-route-maritime-mais-combien-le-rachat-de-lile-couterait-il
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