Le CSSDM et la Maison des Sœurs : Quand l’éducation se heurte à l’immobilier

Le CSSDM veut acheter un bâtiment patrimonial pour répondre à un besoin scolaire urgent, mais la réalité semble plus complexe qu’une simple transaction immobilière.

À quelques pas de la station de métro Atwater, un bâtiment emblématique de la rue Sherbrooke Ouest, autrefois occupé par les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, est en vente. Le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) s’y intéresse, mais la question demeure : est-ce vraiment pour l’éducation ou pour remplir des cases dans un tableau de densification urbaine ?

Ce qui se passe réellement

Le bâtiment, construit entre 1911 et 1913, est devenu trop grand pour la dizaine de sœurs qui y résident, et il a été mis en vente il y a quelques mois. Le CSSDM a manifesté son intérêt, avec une promesse d’achat à l’ordre du jour de son conseil d’administration. Le porte-parole du CSSDM, Alain Perron, qualifie la construction d’une nouvelle école primaire dans le secteur de « essentielle », alors que près de 600 élèves doivent se rendre à Westmount faute d’école dans leur quartier.

Il n’y a aucune école primaire publique francophone au centre-ville de Montréal, et l’école FACE, qui accueillait des élèves, a dû fermer ses portes à cause de l’état vétuste de son bâtiment. Mais, bien sûr, la vente du bâtiment doit d’abord recevoir l’approbation du Vatican. Un petit détail qui pourrait retarder les ambitions éducatives du CSSDM.

Pourquoi cela dérange

La situation soulève des questions sur les priorités du CSSDM. D’un côté, il y a un besoin urgent d’écoles dans un secteur où les enfants sont contraints de voyager loin pour étudier. De l’autre, la vente d’un bâtiment patrimonial, qui pourrait devenir un espace communautaire ou éducatif, semble être traitée comme une simple opportunité d’investissement. La promesse d’éducation se heurte à la réalité d’une bureaucratie qui semble plus préoccupée par des chiffres que par des enfants.

Ce que cela implique concrètement

Si le CSSDM réussit à acquérir le bâtiment, cela pourrait signifier une nouvelle école pour des centaines d’élèves. Mais cela pose également la question de l’impact sur le patrimoine et la communauté. La densification urbaine, souvent synonyme de béton et de profit, pourrait écraser les aspirations éducatives au profit d’un projet immobilier. Les sœurs, qui ont toujours mis l’éducation au cœur de leur mission, se retrouvent dans une position délicate, entre leur héritage et les exigences du marché.

Lecture satirique

Il est ironique de constater que, dans un secteur où l’éducation est décrite comme « essentielle », le CSSDM semble plus préoccupé par la « juste valeur marchande » que par le bien-être des élèves. Les sœurs, dont l’âge moyen est de 88 ans, sont forcées de quitter un bâtiment qui a vu passer des générations d’élèves, alors que les enfants du quartier doivent se contenter de faire des heures de transport pour aller à l’école. Une belle illustration de la dissonance entre les discours politiques et la réalité du terrain.

Effet miroir international

En observant cette situation, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec les politiques autoritaires à l’étranger, où l’éducation est souvent sacrifiée sur l’autel du développement économique. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, les décisions politiques semblent souvent déconnectées des besoins réels des citoyens. À Montréal, le CSSDM pourrait bien se retrouver à jouer le même jeu, où l’éducation devient une simple ligne dans un budget plutôt qu’une priorité humaine.

À quoi s’attendre

Si le CSSDM parvient à acheter le bâtiment, il faudra surveiller de près comment il sera utilisé. Les promesses de projets communautaires et éducatifs seront-elles tenues, ou s’agit-il simplement d’un coup de marketing pour masquer une opération immobilière ? La communauté mérite des réponses, et les enfants du quartier méritent mieux qu’une promesse en l’air.

Sources

Source : www.lapresse.ca

Visuel — Source : www.lapresse.ca
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