Bruxelles : Quand le CPAS vend son patrimoine pour mieux « valoriser » les sans-abri

Le CPAS de Bruxelles a vendu un de ses bâtiments emblématiques pour 8,25 millions d’euros, tout en promettant de rénover des logements en mauvais état. Ironie ou cynisme ?

Il y a quelques semaines, le CPAS de la Ville de Bruxelles a décidé de se séparer d’un de ses joyaux architecturaux : le 139-141 de la rue Royale. Pour la modique somme de 8,25 millions d’euros, ce bâtiment de 5 500 mètres carrés, qui avait autrefois accueilli jusqu’à 350 sans-abri, va devenir… un hôtel. Oui, vous avez bien lu, un hôtel. Comme si la solution à la crise du logement passait par l’éradication des sans-abri au profit de touristes bien logés.

Ce qui se passe réellement

Acquis en 2011 pour 5 millions d’euros, le bâtiment avait été destiné à accueillir le Samusocial dans le cadre de son plan hiver. Mais, face à la dégradation de l’immeuble, le CPAS a décidé de le vendre, tout en déplaçant deux services essentiels : la médiation de dettes et le programme « HIT 18-25 » pour les jeunes en difficulté. David Weytsman, président du CPAS, justifie cette vente par la nécessité de « mieux valoriser notre patrimoine ». Un bel euphémisme pour parler de l’abandon de ceux qui en ont le plus besoin.

Pourquoi cela dérange

La vente de ce bâtiment soulève des questions sur les priorités du CPAS. Comment peut-on parler de valorisation du patrimoine tout en se débarrassant d’un espace qui a servi à accueillir des personnes vulnérables ? La promesse de rénover 2 300 logements en mauvais état, financée par un fonds d’investissement de 20 millions d’euros, semble plus être une promesse électorale qu’une réalité tangible. Les logements du CPAS sont en moins bon état que ceux de la ville ou des sociétés de logements sociaux. Mais qui s’en soucie vraiment ?

Ce que cela implique concrètement

La réalité est que cette vente ne fait qu’aggraver la situation des sans-abri à Bruxelles. Pendant que le CPAS se vante de son plan d’investissement, les personnes qui ont besoin d’aide se retrouvent à la rue, tandis que des promoteurs immobiliers se frottent les mains. La transformation de cet espace en hôtel ne fera qu’augmenter la pression sur le marché immobilier, rendant le logement encore plus inaccessible pour ceux qui en ont besoin.

Lecture satirique

David Weytsman, avec son discours sur « faire mieux avec moins », semble ignorer que les sans-abri ne sont pas des chiffres à rationaliser. La contradiction entre la promesse de rénover des logements et la vente d’un bâtiment qui aurait pu servir de refuge est frappante. Peut-être que le CPAS devrait envisager de transformer ses bureaux en chambres d’hôtel pour les sans-abri, histoire de « valoriser » leur patrimoine humain ?

Effet miroir international

Cette situation rappelle les dérives autoritaires où les plus vulnérables sont sacrifiés sur l’autel du profit. Aux États-Unis, les politiques d’expulsion des sans-abri au profit de projets immobiliers lucratifs sont monnaie courante. À Bruxelles, nous avons juste un peu plus de vernis sur notre cynisme.

À quoi s’attendre

Si cette tendance se poursuit, nous pourrions voir d’autres bâtiments publics se transformer en hôtels ou en complexes de luxe, tandis que les sans-abri continueront de dormir dans les rues. Un bel avenir pour une ville qui se veut solidaire.

Sources

Source : www.rtbf.be

Visuel — Source : www.rtbf.be
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