Les 27 et 28 octobre 2026, Lisbonne a accueilli le Sommet Euromed, un événement marquant pour le dialogue entre les pays de la Méditerranée. Organisé par le Comité économique et social européen (CESE), il rassemblait des représentants des conseils économiques et sociaux ainsi que des organisations de la société civile des deux rives de cette mer. Les thèmes au cœur des discussions ont été variés, allant de l’emploi des jeunes aux transitions écologique et numérique, en passant par le développement des compétences, et soulignant ainsi l’importance cruciale de la coopération euro-méditerranéenne face aux défis communs.

Ce que montrent les données

Lors de cette rencontre, Éric Chevée, Président de la commission Économie et finances du CESE, a mis en lumière les enjeux d’adéquation entre les compétences des travailleurs et les besoins du marché de l’emploi dans les pays du sud de la Méditerranée. En se basant sur l’étude intitulée « Changements systémiques et ruptures : repenser notre approche des compétences », il a souligné l’urgente nécessité d’une approche renouvelée pour faire face à un monde du travail en pleine mutation. Ces mutations sont exacerbées par des transitions démographiques, écologiques et numériques, qui redéfinissent les exigences en termes de compétences.
Cette étude propose une vision basée sur l’anticipation des besoins futurs des compétences, la formation tout au long de la vie, et une valorisation accrue des savoir-faire issus de divers parcours professionnels, associatifs et citoyens. Le CESE prône que ces éléments sont fondamentaux pour permettre une meilleure employabilité des jeunes et l’inclusion sur le marché du travail.
Comment comprendre le phénomène
La région euro-méditerranéenne est confrontée à des défis importants, notamment un taux de chômage des jeunes qui reste élevé, avec des chiffres atteignant par exemple 30 % dans certains pays arabes. La coopération et le partage d’expertises entre pays sont donc essentiels pour développer des stratégies efficaces permettant de répondre à ces problématiques. Le Sommet Euromed a ainsi fonctionné comme un espace de dialogue entre une centaine de participants issus de divers horizons : institutions, acteurs économiques, universitaires et jeunes de pays comme le Maroc, la Tunisie, ou encore l’Égypte, renforçant la perspective d’une action collective.
Le partage d’expériences et d’idées lors de cette rencontre illustre les efforts conjoints pour aligner les compétences éducatives avec les exigences réelles du marché, contribuant ainsi à une stabilité économique régionale. La mise en œuvre d’un Pacte pour la Méditerranée en matière d’employabilité et de compétences a également été discutée, signalant une volonté de construire des ponts durables entre les pays méditerranéens.
Qui est concerné
Les jeunes générations sont au cœur des préoccupations soulevées durant ce Sommet. Avec des millions de jeunes en quête d’emploi dans la région méditerranéenne, leur intégration sur le marché du travail est devenue une priorité pour les gouvernements et les organisations internationales. Ce public, souvent vulnérable, doit bénéficier de programmes adaptés afin de réduire le phénomène de précarité et d’instabilité économique qui les touche. Les acteurs économiques, éducatifs et sociaux ont donc un rôle clé à jouer en élargissant les opportunités de formation et de mentorat dans divers secteurs d’activité.
Les limites et les incertitudes
Bien que les propositions formulées lors du sommet soient prometteuses, elles soulèvent également des questions quant à leur efficacité à long terme. La mise en œuvre de ces recommandations nécessitera un engagement soutenu des États et des ressources financières adéquates, souvent limitées dans des contextes économiques difficiles. De plus, la diversité des contextes nationaux et locaux doit être prise en compte pour adapter les actions aux réalités spécifiques de chaque pays. Par ailleurs, la collaboration entre différents acteurs, bien qu’essentielle, pourra rencontrer des obstacles liés à des différences culturelles et institutionnelles. L’avenir de ces initiatives dépendra donc de la capacité des pays à travailler ensemble dans un cadre de coopération renforcé.
Source : Actualités du CESE
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