L’engouement des Français pour l’Égypte antique ne s’est jamais démenti, depuis l’expédition militaire menée par Bonaparte en 1792 et sa célèbre tirade : « Du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent. » D’autres événements marquants nous lient au pays : la pierre de Rosette, qui permit de comprendre les hiéroglyphes, fut déchiffrée par le Français Champollion, et le premier musée archéologique du Caire a été créé en 1902 par un autre compatriote, l’égyptologue Auguste Mariette.

Dans cette immense bâtisse de pierre rose surmontée d’une coupole, de nombreux trésors sont exposés, même si Toutankhamon a récemment déménagé au Grand Musée égyptien, dont le gigantisme attire les regards et la foule.

Mais l’histoire de la capitale de l’Égypte ne s’arrête pas à ses mythiques pharaons. Elle est l’un des berceaux du christianisme – environ 15 % de la population est chrétienne – et compte également quelque 1 000 mosquées. Visiter cette ville de plus de 10 millions d’habitants n’est pas de tout repos. Traverser une rue est une épreuve tant la circulation est dense, et les feux tricolores, peu respectés.

Pour trouver un peu de calme, direction les rives du Nil, dans le quartier de Zamalek, afin d’admirer les belles demeures ottomanes un peu défraîchies, au charme intact. Néanmoins, où que l’on se trouve, le dynamisme et la gentillesse de la population séduisent autant que son histoire millénaire.

Découvrir les splendeurs du Grand Musée

Une immense statue de Ramsès II trône dans l’entrée du musée. Grand Egyptian Museum
Une immense statue de Ramsès II trône dans l’entrée du musée. Grand Egyptian Museum

Vingt ans après le lancement du projet, le Grand Musée égyptien a ouvert ses portes en novembre dernier (24 euros l’entrée). Un lieu à la démesure pharaonique : plus de 1 milliard d’euros d’investissements pour plus de 100 000 pièces présentées. Dès l’entrée, une statue en granit de Ramsès II de 11 mètres de hauteur nous accueille, tandis qu’un escalier monumental mène aux douze salles consacrées aux antiquités égyptiennes. Tout en haut, d’immenses baies vitrées permettent d’admirer les pyramides à quelques kilomètres de là.

Les visiteurs se pressent dans les salles où se trouve l’intégralité du trésor de Toutankhamon. Plus de 5 000 objets exposés, dont certains pour la première fois. Les chars dorés, le trône ciselé de fines sculptures du roi, mort à 19 ans, les trois tombeaux – dont le dernier en or massif – vous plongent dans le même émerveillement que celui qui a saisi les archéologues lors de la découverte de la sépulture royale, en 1922. Clou du spectacle : le fameux masque de 11 kilos d’or pur, protégé par des vitres blindées. Dans un bâtiment annexe trône la reconstitution de la barque solaire de Khéops – le plus ancien bateau archéologique découvert –, d’une quarantaine de mètres de longueur.

Réservation fortement recommandée sur Visit-gem.com

S’émerveiller devant les pyramides

Les grandes pyramides de Gizeh, tout près du Caire, en Égypte. Chine Nouvelle/Sipa
Les grandes pyramides de Gizeh, tout près du Caire, en Égypte. Chine Nouvelle/Sipa

Depuis avril 2025, il n’y a plus de voitures ni de cars aux abords des pyramides. Des bus électriques embarquent les visiteurs pour un circuit en quatre étapes (à partir de 12 euros), organisé façon parc d’attractions. L’éblouissement reste intact devant les trois pyramides : Khéphren, Mykérinos et la plus imposante, Khéops. Chaque bloc qui compose le monument, construit vers 2500 avant J.-C., pèse 2,5 tonnes. En contrebas, le sphinx, un lion à tête humaine, veille sur les sépultures. Le mystère plane encore quant à l’identité des responsables de son nez cassé.

Egymonuments.com/details/Pyramids

Se régaler de plats typiques

Dans le centre du Caire, le Felfela propose de fameuses spécialités égyptiennes. travelpixs/Alamy Stock Photo
Dans le centre du Caire, le Felfela propose de fameuses spécialités égyptiennes. travelpixs/Alamy Stock Photo

À deux pas de la place Tahrir, le restaurant Felfela est une adresse typique et sans chichis où l’on peut déguster des falafels – boulettes frites à base de pois chiches et de fèves –, des kebabs, des brochettes de bœuf ou d’agneau, sans oublier la spécialité égyptienne, le kochari, un plat à base de riz, lentilles, macaronis et pois chiches, accompagné d’une sauce tomate épicée (comptez environ 15 euros le repas, sans alcool).

Felfela, 15, Hoda Shaarawy, Bab Al Louq.

Déambuler dans les souks historiques

Lanternes ciselées, tissus brodés… Le bazar Khan-el-Khalili regorge de splendides pièces d’artisanat. Robert Harding / hemis.fr
Lanternes ciselées, tissus brodés… Le bazar Khan-el-Khalili regorge de splendides pièces d’artisanat. Robert Harding / hemis.fr

Situé dans un ancien caravansérail du XIVe siècle, le bazar Khan el-Khalili est une fourmilière humaine dans laquelle il n’est pas toujours facile de trouver ses repères. En s’engouffrant dans ses ruelles, on découvre des trésors d’artisanat, comme des lanternes ciselées en métal ou de splendides tissus brodés à la main qu’il ne faut pas hésiter à marchander de longues minutes pour en tirer le meilleur prix. Seul bémol, la sollicitation permanente des vendeurs de pacotilles.

Avant de quitter les lieux, on s’arrête prendre un thé à la menthe au café El-Fishawi, à l’entrée du souk. Un établissement authentique et historique où s’installait régulièrement l’écrivain égyptien Naguib Mahfouz, récompensé du prix Nobel de littérature en 1988, qui trouvait à travers les discussions des clients une source d’inspiration inépuisable.

Quartier El Gamaliya, dans le Vieux Caire.

Partir sur les traces des premiers chrétiens

La capitale égyptienne fut l’un des berceaux du christianisme. En témoigne le quartier copte, l’un des plus anciens et plus pittoresques de la ville, habité par les chrétiens orthodoxes et jadis occupé par les Romains. L’église Al-Muallaqa, surnommée « l’église suspendue », est incontournable. Perchée à 10 mètres du sol, elle fut construite au-dessus des deux tours d’une forteresse romaine du IVe siècle avant J.-C. Dans les ruelles étroites, le long des murs, on trouve de très belles photos en noir et blanc du Caire au début du XXe siècle à acheter pour quelques euros.

Dormir au calme en centre-ville

Idéalement situé en face de la place Tahrir, le centre névralgique du Vieux Caire, l’hôtel Steigen- berger bénéficie de vitres antibruit qui garantissent un calme bienvenu dans cette ville tumultueuse. Les chambres (à partir de 165 euros la nuit) sont vastes, sobres et équipées de grandes douches à l’italienne. Une petite piscine extérieure fait le bonheur des touristes. Le buffet du petit déjeuner offre un repas roboratif.

Steigenberger-el-tahrir.cairo-hotels-eg.com/fr

Y aller Au départ de Paris-Orly, 6 vols directs de 4 h 40 par semaine pour Le Caire (du lundi au samedi), à partir de 99 € l’aller simple. Transavia.com

y séjourner Transport (vols directs Paris-Le Caire) et hébergement pendant trois nuits en hôtel trois étoiles au Caire, à partir de 735 euros. Ayavoyages.com

Monnaie 1 euro équivaut à environ 60 livres égyptiennes.

Le conseil À l’aéroport, un visa d’entrée, à acheter sur place 25 euros, sera demandé. Attention aux faux guides qui demandent des tarifs plus élevés.

Le Caire : Entre pyramides et promesses non tenues

L’Égypte antique fascine toujours les Français, mais derrière les merveilles se cachent des réalités bien plus chaotiques.

Depuis l’expédition de Bonaparte en 1792, l’Égypte antique est devenue une obsession pour les Français. « Du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent », disait-il, mais à quoi bon si ces siècles sont désormais noyés sous le bruit des klaxons et l’odeur de la pollution ? Le Caire, avec ses 10 millions d’habitants, est un véritable labyrinthe où la circulation est un sport extrême. Traverser une rue ici, c’est comme jouer à la roulette russe, mais sans le glamour.

Ce qui se passe réellement

Le Grand Musée égyptien, ouvert récemment, a coûté plus d’un milliard d’euros et abrite plus de 100 000 pièces. Une statue de Ramsès II de 11 mètres trône à l’entrée, tandis que les trésors de Toutankhamon, dont le célèbre masque en or pur, attirent les foules. Mais au-delà de ces merveilles, l’histoire du Caire est aussi celle d’un pays où environ 15 % de la population est chrétienne, et où les mosquées se comptent par milliers. Un mélange culturel qui, dans un contexte de tensions politiques, semble parfois explosif.

Pourquoi cela dérange

La réalité du Caire, c’est aussi une ville où les feux tricolores sont plus des suggestions que des règles. La promesse d’un tourisme florissant se heurte à une infrastructure qui peine à suivre. Les bus électriques autour des pyramides, censés réduire la pollution, ressemblent plus à une opération de communication qu’à une véritable solution.

Ce que cela implique concrètement

Les visiteurs, attirés par la beauté des pyramides, sont souvent confrontés à un environnement chaotique. La beauté des lieux est ternie par une gestion urbaine qui semble avoir oublié l’humain au profit du spectacle. Les faux guides, qui profitent de l’ignorance des touristes, sont un autre fléau qui ternit l’expérience.

Lecture satirique

Le discours politique autour du Grand Musée et des pyramides est un bel exemple de promesses non tenues. On nous vend une image d’Égypte moderne et accueillante, alors que la réalité est celle d’un pays où le respect des règles de circulation est aussi rare que le bon sens dans les discours politiques. Les autorités semblent plus préoccupées par l’apparence que par le fond.

Effet miroir international

En regardant le Caire, on ne peut s’empêcher de penser aux dérives autoritaires ailleurs dans le monde. Des États-Unis à la Russie, les promesses de prospérité et de sécurité sont souvent accompagnées de mesures de contrôle et de répression. Le Caire, avec ses pyramides majestueuses, est un rappel ironique que même les plus grandes réalisations peuvent être éclipsées par une gestion calamiteuse.

À quoi s’attendre

À l’avenir, le Caire pourrait bien devenir un parc d’attractions à ciel ouvert, où les touristes viennent admirer des merveilles tout en évitant de se faire écraser. Les efforts pour moderniser la ville pourraient être contrecarrés par une bureaucratie inefficace et des intérêts personnels.

Sources

Source : www.leparisien.fr

Des merveilles au nouveau Grand Musée, les pyramides, une cuisine typique… Le Caire, la ville aux 1 000 trésors
Visuel — Source : www.leparisien.fr
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