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Pas de coup à boire cette fois, mais un sacré coup de main. En combinaison blanche, Dimitri Mabilais s’active derrière son futur comptoir, recouvert de bouchons de liège, un clin d’œil évident au nom de son bistrot. « J’en ai 6000 à poser. C’est exorbitant ! », sourit-il. « Je les ai récupérés au fil des années, dans les établissements où j’ai travaillé. »
Arrivé à Rennes à l’âge de 15 ans, le trentenaire s’est formé en apprentissage à la Taverne avant de devenir responsable de La Tomate, rue Saint-Georges, pendant cinq ans. Plus tard, il enchaîne ensuite les expériences, notamment au Tire-Bouchon aux côtés de Dary, où il développe une vraie expertise du vin nature. Puis viennent d’autres adresses, d’autres rythmes. Pendant six ans, il multiplie les services entre Le Bocal en semaine et plusieurs adresses le week-end : P’tit Louis, Mirlitantouille, Chez Paul ou encore Rewined.
Mais l’envie d’ouvrir son propre lieu le travaille depuis un moment. L’opportunité se présente avec la reprise de Popote et Sourire, au 16 rue Victor Hugo. « C’était le bon moment », confie-t-il. Pour cette nouvelle aventure, Dimitri s’entoure de Nathan, ancien cuisinier chez Benèze pendant quatre ans. En salle, il mettra en avant une sélection d’une cinquantaine de vignerons, principalement en vin nature et biodynamique.
Le midi, le bistrot proposera une formule entrée-plat-dessert à 21 euros, ou plat-dessert à 17 euros. Le soir, place à une ambiance plus libre, autour du vin et d’assiettes à partager. « Ce ne seront pas vraiment des tapas, mais je préfère garder la surprise », glisse-t-il.
Côté décoration, tout a été repensé de A à Z : lustres en céramique et comptoir entièrement habillé de liège, signature du lieu. En façade, un petit personnage inspiré de La Linea, créée par Osvaldo Cavandoli, viendra ajouter une touche graphique et décalée à ce bar à vin. Le bistrot accueillera ses clients du mardi au samedi, de 10h à 14h30 et de 18h à 1h du matin, avec une soixantaine de couverts répartis entre la salle, le comptoir et la terrasse. Liège, 16 rue Victor Hugo, 35 000 Rennes
Le Bistrot de Dimitri : Un Coup de Liège au Service de l’Authenticité
Dimitri Mabilais, ancien apprenti devenu chef d’établissement, ouvre son bistrot à Rennes, mais à quel prix pour la tradition ?
Dans un monde où le vin nature fait office de nouvelle religion, Dimitri Mabilais, en combinaison blanche, s’active derrière son futur comptoir recouvert de bouchons de liège. « J’en ai 6000 à poser. C’est exorbitant ! » s’exclame-t-il, comme si le nombre de bouchons était un indicateur de la qualité de son établissement. Récupérés au fil des ans, ces bouchons sont le symbole d’une quête d’authenticité, mais ne sont-ils pas aussi le reflet d’un monde où l’originalité se mesure à la quantité de déchets recyclés ?
Ce qui se passe réellement
Dimitri, arrivé à Rennes à 15 ans, a gravi les échelons de la restauration, passant de la Taverne à La Tomate, puis au Tire-Bouchon. Avec une expérience qui s’étend sur plusieurs établissements, il a enfin décidé de se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat avec la reprise de Popote et Sourire, au 16 rue Victor Hugo. En collaboration avec Nathan, ancien cuisinier, il propose une carte axée sur le vin nature et biodynamique, tout en offrant des plats à partager. Le midi, une formule entrée-plat-dessert à 21 euros, le soir, une ambiance plus décontractée. Une belle promesse, mais à quel prix pour la convivialité ?
Pourquoi cela dérange
La volonté de Dimitri de se démarquer avec des vins « authentiques » et des plats à partager semble noble, mais elle soulève des questions. En effet, la tendance à la biodynamie et au vin nature est souvent critiquée pour son élitisme. Qui peut réellement se permettre de débourser 21 euros pour un repas dans un bistrot qui se veut populaire ? La promesse d’un lieu convivial se heurte à la réalité d’une clientèle potentiellement restreinte.
Ce que cela implique concrètement
Le bistrot, qui accueillera ses clients du mardi au samedi, pourrait bien devenir un lieu de rencontre pour les amateurs de vin, mais aussi un espace où l’authenticité se transforme en un nouveau luxe. La question se pose : le bistrot de quartier est-il en train de devenir un sanctuaire pour les initiés, au détriment de la diversité sociale ?
Lecture satirique
Dans un contexte où les discours politiques prônent l’accessibilité et la proximité, la réalité des nouveaux établissements comme celui de Dimitri semble faire écho à une contradiction flagrante. Alors que les politiques locales se vantent de soutenir les commerces de proximité, la montée des prix dans ces nouveaux lieux de « culture » pourrait bien éloigner les véritables habitants de Rennes. Un peu comme si l’on promettait de défendre les droits des travailleurs tout en leur offrant des emplois précaires dans des cafés à prix d’or.
Effet miroir international
Cette situation n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires à l’échelle mondiale, où les discours sur la liberté et l’authenticité cachent souvent des réalités bien plus sombres. Les États-Unis, avec leur obsession pour le « made in America », ou la Russie, qui brandit le patriotisme comme un bouclier, montrent que derrière chaque promesse se cache souvent une réalité déconcertante. La quête d’authenticité peut parfois se transformer en un outil d’exclusion.
À quoi s’attendre
Si la tendance se poursuit, on peut s’attendre à voir de plus en plus de bistrots comme celui de Dimitri, où l’authenticité est mise en avant, mais où la réalité économique pourrait bien créer des fractures sociales. La convivialité n’est-elle pas en train de devenir un luxe réservé à une élite ?
Sources
Source : www.rennes-infos-autrement.fr




