Le Bhoutan, victime collatérale d’une guerre lointaine

La guerre au Moyen-Orient n’épargne même pas le royaume bouddhiste du Bhoutan, où les prix du carburant explosent et les files d’attente s’allongent.

Il semblerait que le Bhoutan, ce petit royaume perché entre la Chine et l’Inde, connu pour son « bonheur national brut », ne soit pas à l’abri des caprices du monde. Alors que le pays se vante d’un bilan carbone négatif grâce à ses rivières tumultueuses, il doit maintenant faire face à une réalité bien moins réjouissante : la flambée des prix du pétrole. Qui aurait cru que les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran auraient des répercussions jusque dans les montagnes himalayennes ?

Ce qui se passe réellement

Le Bhoutan, qui se targue d’être un modèle de durabilité, importe tout son pétrole de l’Inde. Depuis le début des hostilités au Moyen-Orient, les prix des carburants ont suivi la tendance mondiale, avec une augmentation de plus de 60 % en un mois. Le gouvernement royal, dans un élan de transparence, a informé ses citoyens que cette « hausse substantielle des prix mondiaux » était due à des « facteurs que nous ne pouvons contrôler ». Charmant, n’est-ce pas ?

Soixante pour cent d’augmentation

Les prix à la pompe, désormais entre 65 et 98 ngultrum le litre (environ 60 à 92 centimes d’euro), laissent les habitants dans l’incompréhension. « Ce n’est pas comme si notre gouvernement était responsable », a déclaré Karma Kalden, une habitante de 40 ans. « Mais nous sommes impuissants. » Ah, l’impuissance, ce sentiment si familier dans les discours politiques !

Pour atténuer le choc, le gouvernement a décidé de faire appel à la solidarité nationale. Tous les services publics sont désormais encouragés à réduire leur consommation de pétrole. Une belle initiative, sauf que cela ressemble davantage à un retour à l’âge de pierre qu’à une solution moderne. « Allez au travail à pied, évitez les trajets non essentiels », conseillent-ils. Qui a besoin de voitures quand on peut marcher, n’est-ce pas ?

Pourquoi cela dérange

Cette situation met en lumière une incohérence majeure : un pays qui prône le bonheur et la durabilité se retrouve à la merci des fluctuations des marchés pétroliers mondiaux. Le paradoxe est saisissant : le Bhoutan, qui se veut un modèle de prospérité, est en réalité piégé par des décisions politiques prises à des milliers de kilomètres.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont directes : les habitants doivent faire face à une vie quotidienne de plus en plus difficile, où même le bonheur national brut ne peut compenser l’angoisse de voir les prix grimper. Les files d’attente devant les stations-service sont le nouveau symbole de cette lutte pour la survie.

Lecture satirique

Il est ironique de voir un gouvernement qui se veut protecteur de son peuple se transformer en agent de la misère. Les promesses de prospérité s’effacent devant la réalité des prix à la pompe, tandis que les discours politiques semblent déconnectés des véritables préoccupations des citoyens. « Nous faisons ce que nous pouvons », disent-ils. Mais que peuvent-ils vraiment faire, à part marcher ?

Effet miroir international

Ce scénario n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires ailleurs dans le monde, où les gouvernements tentent de justifier leurs échecs par des facteurs externes. Les États-Unis et la Russie, par exemple, ont souvent utilisé des conflits internationaux pour détourner l’attention des problèmes internes. Le Bhoutan, bien que loin de ces géants, semble emprunter le même chemin.

À quoi s’attendre

Si les tendances actuelles se poursuivent, le Bhoutan pourrait voir son image de havre de paix et de durabilité sérieusement entachée. Les citoyens, déjà frustrés, pourraient bien se tourner vers des solutions moins pacifiques pour exprimer leur mécontentement.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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