Le Bétail en Panne : Quand le Conflit au Moyen-Orient Bloque l’Économie Africaine

Le conflit au Moyen-Orient n’est pas qu’une affaire de pétrole ; il paralyse aussi le marché du bétail en Afrique, mettant en lumière l’absurdité des priorités économiques.

Alors que le monde s’agite autour des puits de pétrole, un autre secteur vital, celui du bétail, se retrouve à l’arrêt. En avril, les exportations de bétail depuis la Corne de l’Afrique vers les pays du Golfe sont en berne, malgré un cessez-le-feu. Les animaux, bloqués au port de Berbera, attendent désespérément que les bateaux daignent les prendre à bord. Ridwan Ibrahim, directeur chez Qabyo Tire, n’hésite pas à rappeler que « beaucoup de monde parle uniquement du pétrole ». Mais, visiblement, les estomacs vides ne font pas le poids face aux barils pleins.

Ce qui se passe réellement

Les exportations de bétail représentent entre quatre et cinq millions de têtes par an pour la région. Avec la fin du ramadan, l’Aïd el-Fitr et le Hadj qui approchent, les exportateurs sont dans l’urgence. Pourtant, au port de Berbera, les animaux restent à quai. Les prix des transporteurs ont doublé, et les éleveurs, qui ont transporté leurs bêtes à pied ou en camion, sont coincés, attendant une solution qui semble aussi éloignée que la paix au Moyen-Orient.

Géraldine Pinault, chercheure associée au Centre français des études éthiopiennes, souligne que le bétail vient de très loin, des espaces pastoraux d’Éthiopie et de Somalie. Pour beaucoup de communautés, cela représente leur unique source de revenus. Mais avec la fermeture du détroit d’Ormuz, les exportations vers des pays comme Bahreïn et le Qatar sont devenues impossibles. Les promesses de prospérité s’effondrent comme un château de cartes.

Pourquoi cela dérange

Les incohérences sont frappantes : alors que le monde se concentre sur le pétrole, la réalité du bétail est ignorée. Les éleveurs, qui dépendent de ces exportations, se retrouvent piégés dans une crise qu’ils n’ont pas créée. Les décisions politiques, souvent déconnectées des réalités économiques, aggravent la situation.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont directes : des communautés entières risquent de sombrer dans la pauvreté. Les éleveurs ne peuvent pas vendre leurs animaux, et les prix des transports continuent de grimper. Pendant ce temps, les gouvernements semblent plus préoccupés par leurs discours que par les réalités sur le terrain.

Lecture satirique

Il est ironique de constater que les politiciens, qui se pavanent en promettant des solutions, semblent oublier que les estomacs ne se remplissent pas avec des discours. Les promesses de diversification des marchés, par exemple, sont aussi vides que les camions d’exportation au port de Berbera. Pendant que les animaux attendent, les dirigeants continuent de jouer à la roulette géopolitique, comme si la vie de millions de personnes ne dépendait pas de leurs décisions.

Effet miroir international

Cette situation rappelle les dérives autoritaires ailleurs dans le monde. Les États-Unis, avec leur obsession pour le pétrole, et la Russie, avec ses manigances géopolitiques, montrent que les priorités sont souvent inversées. Les vies humaines passent au second plan derrière les intérêts économiques. Les promesses de prospérité se heurtent à la dure réalité des marchés.

À quoi s’attendre

Si le détroit d’Ormuz s’ouvre à nouveau, il faudra des semaines pour que la situation revienne à la normale. Mais qui sait si les promesses des gouvernements se concrétiseront ? Les éleveurs, eux, attendent toujours.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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