L’autorisation pour les salariés de certains commerces de travailler pour le 1er-Mai, jour historiquement férié et chômé, est débattue vendredi 10 avril à l’Assemblée nationale. Adoptée au Sénat à l’été 2025, inscrite en janvier mais pas débattue faute de temps, la proposition de loi issue de sénateurs centristes et soutenue par l’exécutif fait son retour.
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Pour convaincre, Gabriel Attal, soutien de la mesure, a publié une pétition en ligne et une vidéo sur ses réseaux sociaux. Tout en achetant ses « deux traditions pas trop cuites » dans une boulangerie, le patron de Renaissance y affirme « que les boulangers et fleuristes n’avaient pas droit d’ouvrir leur boutique le 1er mai », jour de la fête internationale des travailleurs.
« Gabriel Attal, c’est Pinocchio sans le nez », a raillé mercredi sur X Sophie Binet, patronne de la CGT, dénonçant « mensonge sur mensonge ». Si le Code du travail établit que « le 1er-Mai est jour férié et chômé », il prévoit tout de même qu’un artisan boulanger ou un fleuriste puisse ouvrir ce jour-là, mais sans faire travailler ses employés. A défaut, il s’expose à une amende de 750 euros par salarié concerné (1 500 euros s’il est mineur).
Ce que contient le texte de loi
Le débat a été relancé en 2025 après que des boulangers en Vendée, en Charente et à Paris s’étaient émus de contrôles inopinés suivis d’amendes pour avoir fait travailler des salariés un 1er-Mai.
La proposition de loi vise à clarifier les règles et « permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler », en l’espèce « des commerces de bouche de proximité » comme les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, fleuristes et établissements culturels (cinémas, théâtres)… Mais elle exclut la grande distribution ou les magasins d’outillages et travaux, par exemple. Payés le double, seuls les salariés « volontaires » seront concernés et « le refus de travailler le 1er mai ne constitue pas une faute ou un motif de licenciement », précise le texte.
« Si la loi est adoptée, le gouvernement » fera en sorte pour qu’elle entre en vigueur dès « le prochain 1er mai » 2026, a assuré cette semaine le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou. « Nous ne souhaitons pas revenir sur l’acquis du 1er-Mai, chômé pour l’immense majorité des salariés de notre pays », a-t-il affirmé, mais « sécuriser le cadre existant ».
Les discussions de vendredi à l’Assemblée commencent à 9 heures, avec une bonne centaine d’amendements au programme avant d’arriver au vote, alors que les débats doivent s’interrompre au plus tard à 17 h 30.
Soutiens et opposants se mobilisent
C’est une « remise en cause du 1er-Mai », dont on célèbre les 140 ans, dénoncent les huit confédérations syndicales. La CGT, FSU, Solidaires et FO Ile-de-France appellent à un rassemblement vendredi matin, près de l’Assemblée nationale.
Dans une vidéo, Marylise Léon (CFDT) « refuse » l’idée « qu’il faudrait toujours travailler plus, même le jour qui symbolise précisément les droits conquis par le monde du travail ». « Si elle est votée, cette loi permettrait de faire travailler au moins 1,4 million de travailleurs en plus le 1er mai », estimait lundi Mme Binet dans un entretien à Sud Ouest, doutant de la notion de « volontariat ».
Un doute partagé par le député LFI Thomas Portes, qui en veut pour preuve « le travail du dimanche qui devait être sur la base du volontariat, mais qui finalement s’est traduit par une obligation ».
La Confédération française de la Boucherie-Charcuterie, qui soutient le texte, estime qu’il offre « une opportunité de gain de pouvoir d’achat ». L’U2P, syndicat d’artisans et petits entrepreneurs, l’appuie également en plaidant qu’il est « temps de sortir d’une situation archaïque ».
Cette traditionnelle fête a vu le jour en 1886 lorsque les syndicats américains ont lancé un appel à la grève le 1er-Mai pour réclamer un maximum de huit heures de travail quotidiennes. Durant ce mouvement, plusieurs grévistes et policiers sont morts.
Le 1er Mai : La Fête du Travail ou la Fête du Travail à la Carte ?
L’Assemblée nationale s’apprête à débattre d’une loi permettant aux salariés de certains commerces de travailler le 1er Mai, jour férié et chômé, une proposition qui fait grincer des dents et soulève des questions sur le respect des acquis sociaux.
Alors que la France s’apprête à célébrer le 1er Mai, symbole des luttes ouvrières et des droits des travailleurs, le gouvernement semble vouloir transformer cette journée en une opportunité commerciale. Oui, vous avez bien entendu ! Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé que certains commerces pourraient ouvrir leurs portes, avec la bénédiction de l’exécutif. Une belle manière de célébrer les 140 ans de cette fête, n’est-ce pas ?
Ce qui se passe réellement
Le 10 avril, l’Assemblée nationale débattra d’une proposition de loi adoptée au Sénat l’été dernier, qui vise à permettre aux salariés de certains commerces de travailler le 1er Mai. Gabriel Attal, fervent défenseur de cette mesure, a même lancé une pétition en ligne pour convaincre le public. Dans une vidéo, tout en achetant ses « deux traditions pas trop cuites » dans une boulangerie, il a affirmé que les boulangers et fleuristes n’avaient pas le droit d’ouvrir ce jour-là. Une affirmation qui a fait sourire plus d’un syndicaliste !
Sophie Binet, la patronne de la CGT, n’a pas tardé à réagir, qualifiant Attal de « Pinocchio sans le nez ». En effet, le Code du travail stipule que le 1er Mai est un jour férié, mais il permet aux artisans d’ouvrir, à condition de ne pas faire travailler leurs employés. Oups ! Une petite nuance qui semble échapper à certains.
Pourquoi cela dérange
Cette proposition de loi n’est pas qu’un simple détail administratif. Elle représente une remise en cause des acquis sociaux durement gagnés par les travailleurs. Les syndicats, unis comme jamais, dénoncent une atteinte à la fête du travail, qui symbolise les luttes pour des conditions de travail décentes. En effet, le 1er Mai est le jour où l’on commémore les luttes pour la journée de huit heures. Alors, pourquoi vouloir faire travailler les gens ce jour-là ? Pour faire plaisir aux fleuristes et aux boulangers ?
Ce que cela implique concrètement
Si cette loi est adoptée, elle pourrait permettre à 1,4 million de travailleurs de travailler le 1er Mai. Et tout cela sous prétexte de « volontariat » ! Mais qui peut vraiment croire que le refus de travailler ce jour-là ne sera pas perçu comme une faute par certains employeurs ? Le député LFI Thomas Portes a d’ailleurs souligné que le travail du dimanche, initialement présenté comme basé sur le volontariat, s’est rapidement transformé en obligation. Un bel exemple de promesse non tenue !
Lecture satirique
Le gouvernement nous vend cette loi comme un moyen de « sécuriser le cadre existant », mais en réalité, c’est une belle opération de communication pour masquer une volonté de flexibiliser le marché du travail. Le ministre Farandou prétend ne pas vouloir revenir sur les acquis du 1er Mai, mais en réalité, il ouvre la porte à une exploitation déguisée. On pourrait presque croire qu’il s’agit d’un plan machiavélique pour faire de la France un pays où le travail n’a jamais de jour de repos.
Effet miroir international
Cette situation rappelle les dérives autoritaires que l’on peut observer ailleurs, notamment aux États-Unis ou en Russie, où les droits des travailleurs sont souvent piétinés au nom de la croissance économique. La France, autrefois phare des droits sociaux, semble suivre cette tendance inquiétante. Est-ce que nous allons vraiment laisser notre 1er Mai devenir une simple journée de consommation ?
À quoi s’attendre
Si cette loi passe, il est à craindre que le 1er Mai devienne une journée comme les autres, où les travailleurs seront contraints de choisir entre leurs droits et leur emploi. La lutte pour les droits des travailleurs ne fait que commencer, et il est essentiel de rester vigilants face à ces tentatives de déconstruction des acquis sociaux.
Sources




